‹ La Vitesse de Circulation de la Monnaie et les Variations de son Pouvoir d'Achat: Contribution à l'Étude d'une Théorie RéalisteChapitre 20 sur 59 · H HO · texte numérisé non relu

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fiduciaire se verra seule utilisée pour les besoins cou-

rants et locaux.

La quantité de la première sera fonction de la produc-

tion des mines, la quantité de la seconde sera variable suivant les circonstances économiques mondiales et nationales, mais ce chiffre, malgré son élasticité, sera contenu dans certaines limites relativement étroites et dominé par le souci de conserver une encaisse métallique permettant de satisfaire aux demandes courantes.

En dernière analyse, les ‘ possibilités de réescompte seront entravées par la nécessité d’avoir une circulation en harmonie avec les stocks métalliques et le volume de la circulation mondiale des billets sera, mais avec plus de souplesse, liée dans une certaine mesure à l’accroissement de la production des mines. On peut donc dire que la masse d’or existant, limite l'émission des billets, et qu'il y à un lien assez étroit entre les quantités de monnaie naturelle et les quantités de monnaie fiduciaire.

Nous pouvons maintenant déterminer ce que représente exactement M dans l'équation de l'échange. M c’est toute la monnaie qui se trouve dans la circulation, billets de banque, espèces divisionnaires, pièces d'or, qui ne sont pas thésaurisées par les banques centrales d'émission. Mais les billets eux-mêmes peuvent circuler de deux façons bien différentes. Tantôt ils servent aux paiements par simple tradition et remplissent leur fonclion en passant de main en main, tantôt ils sont déposés dans des établissements de crédit et donnent lieu à l'ouverture d’un compte de dépôt. Dans ce dernier cas,

la transmission de la valeur qu'ils représentent a lieu

au moyen de chèques ou de virements de compte à

compte et la vitesse des paiements s’en trouve fort accrue.

On a donc convenu de donner le nom de m' ä la monnaie circulant d’une façon juridique et non matérielle, suivant cette seconde forme. Un billet de banque est donc tantôt M tantôt m', selon que le pouvoir d’achat qu'il contient est transmis de l’une ou l’autre manière.

Mais nous n'avons pas encore la totalité de m’.

D'une part, la banque centrale d'émission peut consentir des ouvertures de crédit sans créer matériellement de titres de circulation. Ce crédit, lorsqu'il n’est pas encore billet peut quand même être viré à un autre

compte et permettre d'effectuer des paiements.

D'autre part, les banques de dépôts accordent elles aussi des crédits qui sont de véritables émissions de monnaie contre remise d'effets de commerce ou autres garanties. Ce pouvoir d’achat ne prend pas toujours la forme de billets, et peut également se transmettre par le moyen de chèques.

À une échelle plus réduite, la banque de dépôt créée de la monnaie dans les mêmes conditions que la banque centrale. Elle ne fabrique pas de billets matériellement, mais elle prête une partie du pouvoir d’achat dont elle dispose d'une façon pratiquement permanente à une nouvelle catégorie de clients qui figurent dans ses livres parmi les débiteurs. En cas de besoin, une partie du portefeuille de ces établissements est réescomptée à la banque centrale qui joue ainsi, mais d'une façon intermit-

tente, le rôle de régulateur. Pour toute la partie du

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portefeuille qui n'est pas réescomptée, il y à répétition des opérations qui se sont traduites à l'institut d'émission par la création de billets de banque.

L'établissement de crédit perçoit un intérêt sur les moyens de paiements ainsi mis à la disposition d’une partie de sa clientèle ne servant à ses créditeurs qu'une redevance nominale dont le but est surtout de donner juridiquement à ces opérations de dépôt le caractère d’un prêt. C’est pour tenir compte de ces divers éléments qu'à la formule M V = PT, on a substitué celle-ci plus complète : MV + M'V'= PT. Mais l'équation de l'échange ainsi amendée n’est pas encore complète. Il existe encore d’autres instruments qui peuvent occasionnellement per-

mettre d'effectuer des paiements.

Les valeurs mobilières par leur division en coupures, sont particulièrement aptes à servir de moyen direct de règlement. Quand la France dut payer en 1871 à l’Allemagne, l'indemnité stipulée par le Traité de Francfort, le règlement s'effectua presque exclusivement au moyen de titres (1).

L'échange et la circulation de coupons ont toujours été l'objet ‘d'opérations de la part des arbitragistes. Plus récemment encore, les bons de la défense nationale étaient souvent acceptés dans les grands magasins en paiement d'achats effectués, à tel point qu’on s'était

demandé s'ils n'étaient pas en pratique, devenus une

(1) Herbelot et François. La Monnaïe et les Changes, Paris 1921, page 74.

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