‹ La Vitesse de Circulation de la Monnaie et les Variations de son Pouvoir d'Achat: Contribution à l'Étude d'une Théorie RéalisteChapitre 43 sur 59 · RÉ TES · texte numérisé non relu

RÉ TES

quences au sujet des prestations qui nous seront faites plus tard.

Le revenu effectif de l’année se composera pour chacun de nous de l’ensemble des sommes reçues au cours de cet exercice et destinées à la consommation ou à l'épargne.

C’est parce que les espèces ont passé de main en main qu'on peut concevoir le revenu indépendamment de la quantité de monnaie, mais l’idée même de revenu implique nécessairement l'existence d’une vitesse de circulation. Per

La théorie psychologique nous montre d’une façon très nette comment les prix peuvent monter de proche en proche à la suite de l'accroissement de certains revenus et par quel mécanisme l'élévation de quelques courbes de demande des marchandises arrive peu à peu à entrai- . ner celle de toutes les autres.

La hausse de P se traduira par l'accélération de V et la quantité effective de numéraire pourra rester sans changement.

Lorsque R s'élève à la suite de la hausse des changes étrangers l’explication fournie est tout-à-fait rationnelle

et rend compte des diverses incidences qui déterminent une diminution progressive du pouvoir d'achat de M, par l’action combinée des variations du revenu nominal et des prévisions.

L'influence de celles-ci n’est pas contestable non plus en matière de mouvements cycliques. Prévoyant la hausse, nous serons disposés à payer les produits de plus

en plus cher ; escomptant la baisse, nous nous efforce-

tons d’ajourner nos achats et nous viendrons sur le mar-

ché avec une courbe de demande plus basse.

Dans ces différentes hypothèses, il n’y a pas de modi-

fication nécessaire préalable du volume des instruments de paiement en circulation.

La théorie psychologique assimile complètement les variations de prix dues aux facteurs que nous venons d'indiquer à celles qui ont pour cause la production d'or

ou les émissions de papier monnaie.

C'est sous l'influence de l’augmentation des revenus des producteurs d’or que les prix monteraient à l’étran- ger et que la hausse se généraliserait suivant le mécanisme exposé à propos du change.

L'’accroissement de la masse monétaire n'aurait donc pas une action particulière sur le niveau des prix et il serait nécessaire qu'elle agisse par l'intermédiaire de R pour avoir une action efficace.

Il semble cependant que les bénéfices des propriétaires de mines d'or soient peu de chose par rapport à l’ensemble des biens, et l'on peut s'étonner qu'une impulsion initiale si limitée ait suffi pour provoquer à la longue un changement aussi important dans le niveau

général des prix mondiaux.

La théorie psychologique paraît excessive lorsqu'elle dénie à la production des mines une influence détermi-

nante qui tient pour nous à la profonde perturbation qui

sera apportée aux éléments du rapport R

En ce qui concerne l’action de l’or sur les prix, nous

préférons l'explication suivante qui se rapproche un peu de celle donnée par M. Marschall] (x).

Dans le monde moderne, le métal arrive d’abord dans les banques qui tiennent grand compte de leur encaisse pour régler le volume des crédits qu’elles sont susceptibles d’accorder.

Lorsqu'à la suite d’une hausse des prix due à des causes non monétaires, les trésoreries privées commenceront à se sentir à l’étroit, les émissions supplémentaires de billets rendues possibles par l'augmentation du stock métallique, permettront la consolidation du niveau où P était parvenu, et rendront même probable une nouvelle ascension.

Il est vrai que dans cette interprétation, nous accordons à la masse monétaire une certaine influence qui lui est propre, ce que n’admet pas, du moins en principe, la théorie psychologique.

M. Aftalion pense également que les émissions de billets ne déterminent nécessairement une hausse des prix, que s’il y a augmentation du revenu des particuliers, dans le cas où elles auraient été faites en vue de suppléer aux insuffisances budgétaires (2).

Dans cette hypothèse, il y aura augmentation du

revenu nominal sans modifications du revenu réel, et les

prix s’élèveront.

(x) Keynes et Cassel ont adopté l'opinion du professeur Marschall qui voit dans les variations du taux de l’escompte un facteur dominant. Nous sommes beaucoup moins affirmatifs que lui sur ce point.

(2) Toutefois, dans son cours, page 229, M. Aftalion admet quelques influences de l'inflation des crédits sur les prix.

Mais on peut objecter que ce n’est pas cette monnaie ainsi créée qui fait le revenu. Le pouvoir d'achat mis une seule fois par son intermédiaire à la disposition des particuliers étant épuisé, le numéraire qui a servi à le créer est resté dans la circulation et les mêmes billets serviront dans l’avenir bien des fois à payer ou à recevoir des portions de revenu (1). Aussi peut-on se demander si la cause principale de l'élévation des prix ainsi constatée réside dans le pouvoir d'achat supplémentaire temporairement créé ou dans l'introduction définitive dans la circulation d’une masse nouvelle de billets qui n'y figu-

raient pas précédemment. :

Et c’est souvent dans l’année même où un pouvoir d'achat artificiel est entré en concurrence avec les autres valeurs existantes que l'effet s’en est fait le moins sentir ; ce n’est que plus tard que P s’est élevé alors que la cause initiale avait disparu et que l'équilibre budgétaire était déjà rétabli. AA x

Nous devons dire pour être complets que le professeur Cassel qui est cependant partisan convaincu de la théorie quantitative paraît soutenir la même idée et qu'il attribue la hausse des prix due à l'nflation à la

concurrence du pouvoir d'achat falsifié avec le pouvoir

(1) Jean-Baptiste Say. Ec. Polit., tome II. p. 78 op. citée : « La monnaie sert à faire circuler d’une main dans une autre des valeurs qui sont ou des portions de revenu ou des portions de capital, mais elle n’est point un revenu de l’année parce qu'elle n’est pas un pro-

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