PR
duit de l’année. C'est le produit d'un Commerce plus ou moins ancien ».
normal (x) mais dans ce cas comment expliquer la persistance du mouvement quand les détenteurs de billets en excédent les auront définitivement échangés contre d’autres produits.
Si l'émission n'est pas due à une insuffisance budgétaire et que pour une raison ou pour une autre elle ne fait que rendre aux intéressés des capitaux qui leur appartenaient déjà, elle n’augmente pas le revenu et la théorie psychologique tend à lui refuser une action sur les prix. Nous nous refusons également à accepter cette interprétation sans réserves, et. nous considérons les exemples cités comme démontrant soit le remplacement de monnaies étrangères ou subsidiaires à la suite d’une stabilisation soit une réaction de la vitesse de circulation par suite du rétablissement de la confiance vis-à-vis de là devise nationale. Un remboursement massif des bons de la défense nationale en espèces n'augmenterait pas le revenu des particuliers ; et il serait pourtant téméraire d'affirmer qu’un tel événement soit sans action sur
les prix.
(a) Cassel, La monnaie et le change après 1914 op. cit. p. 28 : « Un accroissement du pouvoir d'achat ne peut se produire que par suite d’un accroissement semblable de la production réelle de marchandi-. ses. Mais si l’on créée un pouvoir artificiel d’achat, ce pouvoir falsifié entrera fafalement en concurrence avec le pouvoir normal. Le résultat dé cette concurrence se traduira par une hausse des prix qui s’élèvera à un tel niveau que les produits disponibles atteindront une valeur globale égale au pouvoir total d’achat, » Cette opinion est'faite pour surprendre chez un quantitativiste strict comme Cossel parce que le pouvoir d'achat supplémentaire provenant de l'émission de billets est peu de chose comparé à la hausse des prix qui devrait dans sa conception être proportionnelle à l’augmentation de la circulation.
La théorie psychologique admet également que l'inflation des crédits n’exerce sur P qu’une faible influence parce qu’elle ne fait qu’accroître provisoirement le pouvoir d'achat des particuliers sans augmenter leurs revenus puisqu'il s’agit de sommes qui leur sont simplement prêtées et qui doivent être remboursées aux banques.
Cependant dans une certaine mesure il y a création permanente de numéraire et cette abondance de disponibilités, si elle ne provoque pas directement la hausse, lui permet néanmoins de se maintenir. Il est vrai que si pour des causes diverses notamment dans l'hypothèse d’une période de baisse cyclique, une partie de ces billets ou de ces crédits ne semble plus nécessaire à ceux qui les ont sollicités, il leur sera loisible de les restituer à l'émetteur. Celui-ci, bien qu'il en perçoive les intérêts ne les a pas aliénés définitivement et il les reprendra s'ils excèdent les besoins normaux des affaires. Ce sont plutôt les prix qui régissent le volume des crédits et ceux-ci sont surtout aptes à les consolider par la continuité des opérations d’escompte qui se succèdent. Mais peut-on prétendre qu’en l'absence de ces émissions supplémentaires qui sont devenues d'un usage courant dans les états modernes le niveau de P eût été toujours le même.
Les quelques observations que nous venons de faire touchant les applications de la théorie psychologique de la monnaie se prêtent mal à l'observation statistique.
Nous ne prétendons pas discuter les discordances incontestablement vérifiées entre les mouvements de la
circulation, les revenus et les prix mais nous craignons
qu'il ne soit pas suffisamment tenu compte des éléments quantitatifs.
Nous ne soutenons pas que P ne soit susceptible d’exercer une action causale sur les facteurs monétaires et qu’il existe un niveau normal de V en rapport avec les habitudes de la population et les conditions économiques du pays, mais nous ne pensons pas que la vitesse de circulation puisse varier sans limites. Or le fondement de la théorie psychologique semble conduire à des conclusions selon nous excessives, et on peut se demander si elle se rattache complètement dans sa forme actuelle à la théorie de l'utilité finale, à la théorie moderne de la valeur. |
Si nous reprenons l'examen des principes exposés par von Wieser nous pouvons constater que cet auteur prétend que l'importance attachée à la dernière unité monétaire ne provient pas de l'utilité directe de cette dernière unité, car elle en serait dépourvue, mais de son utilité indirecte, de son pouvoir d'achat (r).
On peut se demander si cette interprétation de la fonction monétaire est vraiement exacte. S'il s'agissait d’une marchandise quelconque, tous les économistes se trouveraient d'accord pour affirmer qu'on doit considérer d’abord sa valeur d'usage subjective afin de pouvoir: déterminer ensuite sa valeur d'échange objective.
Seuls des biens que l’on peut se precurer à volonté comme l’eau au bord d’une rivière n'acquièrent ni valeur
d'usage ni valeur d'échange.
1) Aftalion, Monnaïes, prix et changes, p. 164. ? JE JESNP
On le démontre par l'exemple classique des seaux numérotés qui seraient rangés sur une étagère. Le seau. n° r à une utilité maxima, car il sert à désaltérer. Le seau n° 2 servira encore au pot-au-feu. Le n° 3 à la toilette, le n° 4 à J'arrosage etc... Enfin le n° 7 ne sera utile à rien du tout.
Mais comme il est peu de produits que nous puissions avoir à volonté, presque toutes les choses nécessaires à l'homme prennent une valeur d'échange sur le marché
qui tient à leur utilité et à leur rareté.
Il est également incontestable que ce ne sont pas seulement les produits qui acquièrent une valeur ; on doit raisonner de même pour les services de toute nature
que les hommes se rendent entre eux.
N'en est-il pas de même pour la monnaie et ne satisfait-elle pas un besoin essentiel des nations civilisées en rendant possible l'échange des biens les plus différents même s'ils sont de valeur inégale. N'’est-elle pas: le seul instrument d’acquisition directe qui permette de
satisfaire un besoin quelconque à notre choix en vertu
d’une sorte de quasi contrat universel.
Les nécessités des échanges qui ont conduit les hommes à l'employer ne suffisent-elles pas pour donner au
numéraire une valeur d’usage indiscutable.
Quand on prétend que la monnaie n’à pas d'utilité directe, ne confond-on pas le droit que confère sa possession avec la matière dont elle est faite. i
Son utilité s'est pourtant rapidement détachée de celle.
du métal qui s'est vu surestimé dès qu'il fut employé
JD —
à des usages monétaires : ce que nous considérons maintenant ce n'est plus la substance mais le droit.
Un billet de banque d’un état policé est un instrument de paiement parce que tout le monde l’accepte comme lel.
La fonction monétaire une fois divisée en fractions acquiert sur le marché une valeur d'échange qui dépend de l'utilité et de la rareté de chaque unité.
On ne comprend d’ailleurs pas comment une chose quelconque matérielle ou immatérielle puisse avoir une valeur d'échange sans avoir de valeur d'usage. Ce qui est vraiment particulier à la monnaie c'est qu'elle est sans utilité pendant le temps où on la conserve oisive. Ses détenteurs ont donc intérêt à la faire circuler, et à n’en pas conserver une trop grande quantité inemployée. Une personne qui a peu de paiements à effectuer, placera ses capitaux mais n'en conservera qu'une petite fraction liquide si elle est raisonnable dans la conduite de ses affaires.
Dénier à la monnaie une valeur qui lui soit propre, ce serait admettre que la quantité des instruments de paiement ne présente aucune importance et que le rapport M puisse varier sans limites.
Il nous semble que sur ce point la théorie psychologique conduise à des conclusions trop absolues.
En second lieu la dernière unité monétaire ne serait pas pour von Wieser celle que l’on peut avoir accidentellement en caisse ou en banque mais la dernière unité
du revenu,
Mais si nous possédons un revenu distinct des som-
: 3 re x mes liquides que nous gardons à notre disposition, c'est parce que nous remettons dans la circulation les fonds
que nous recevons périodiquement en les dépensant.
La notion du revenu est sous la dépendance de l’utilisation de M ; c'est-à-dire qu'elle n’est explicable que par la vitesse de circulation.
Faire dépendre la valeur de l'unité monétaire de la
‘dernière unité du revenu, c’est faire intervenir un facnee | teur qualitatif R-
Nous avons déjà exposé que le rapport R pouvait être considéré comme une formule simplifiée de la vitesse de
circulation ; on peut donc dire que les variations de R
sont liées à celles de R-
Or, la théorie psychologique qui substitue comme facteur quantitatif le revenu à la quantité de monnaie en circulation ne tient plus aucun compte du volume de celle-ci et ne cherche même pas à définir les relations possibles entre M et R.
Le revenu considéré dans cette interprétation comme élément quantitatif est lui-même fonction de la vitesse de
circulation élément qualitatif.
Et puisque nous savons que tous les autres facteurs qui servent de fondement à la valeur de M sont qualitatifs, on peut en conclure qu'aucune place n’est faite au volume des instruments de paiement dans la détermination du pouvoir d'achat de l’unité monétaire.
Tout le système est très logique parce qu'il admet que
AT
la monnaie qui est sans utilité directe ne saurait acquérir une valeur d'échange fondée sur les besoins qu'elle permet de satisfaire par elle-même. Mais si nous voulons reconnaître à la fonction d'échange une certaine utilité, il est impossible de ne pas faire intervenir des éléments quantitatifs tenant à la monnaie elle-même pour rester dans le cadre de la théorie générale de la valeur.
Dans ce cas comment concilier cette nécessité avec les expériences récentes qui ont permis de constater d’une façon certaine l’absence de proportionnalité entre les mouvements de la circulation des revenus et des prix, comment expliquer également l'influence exercée directement par R sur la vitesse de circulation et même sur la quantité de monnaie. Devrons-nous nécessairement pour l'explication de ces divers phénomènes accepter sans réserve l'interprétation psychologique pure ou bien n'est-il pas possible de l’atténuer afin de tenir compte de la pression que la quantité des moyens de paiement peut exercer sur le niveau des prix.
Tel est le but que nous nous proposons d’atteindre en consacrant la troisième section de ce chapitre à l’ésquisse des principes généraux d’une théorie réaliste dans laquelle une part sera faite à côté des facteurs psychologiques aux éléments quantitatifs tenant à la
monnaie elle-même,