ACTE DEUXIÈME
MARION
De Rieul ? es-tu bien sur ?
LA BALAFRE, continuant de manger*
C'est le nom qu'on disait.
(Sortie de La Balafre, qui rentre au poste avec ses hommes.) MARION, seule, effarée.
L'assaut va se donner Si le père est là-bas, A commander les blancs, Son fils est avec nous.
Et moi... je laisserais, Moi, qui suis prévenue, Se commettre ce crime?
De les voir tous les deux.
Se trouver face à face Dans riiorrible mêlée.
Non, jamais !
S'ils allaient s'entretuer ! I !
Gomment vais-je empêcher Un semblable forfait?
Il le faut cependant.
(Tombant assise sur un coin de banc.)
Hélas, je ne suis rien.
Rien, qu'une pauvre femme Et que peut mon chagrin.
(Se levant et reprenant son énergie.)
Allons, Marion, du courage, Tu pleureras demain, Mais aujourd'hui, fais ton devoir.
(EUe se dirige comme folle vert le fond du tiiédlre.)
^^* LA VIVANDIÈHE
Entrée du capitaine Bernard.
LB CAPITAINE^ arrivant, aperçoit iMarion affolé<
Qu'as-tu donc, Marion ?
Vraiment, tu m'as fait peur.
MAIVION
Quand va-t-on attaquer?
BERNARD
Dans une heure peut-être ?
MARION
Eh bien ! je t'en supplie, Fais que le sergent Georges Ne soit pas de l'assaut!
BERNARD
Que dis-tu là ?
Tu n'as pas réfléchi ?
MARION, Us mains jointes.
Je t'en conjure, Bernard
BERNARD
Que se passe-t-il donc
MARION
Ne me demande rien, Mais si je parle ainsi, Tu connais Marion ?
Si je t'implore ainsi, C'est que...
A'JTK DEUXIÈME 45
BERNARD, très gravsfneaU
N'en dis pas davantage.
Du moment que c'est toi, Je ferai de mon mieux I
(puis uvtto un tourire.)
Avoue-moi maintenant Que je t'ai devinée !...
MARION, effrayé*.
Moi?
BliRNARD
Pour avoir si grand peur, C'est que ce sergent Georges, Un brave et beau garçon, Vient bien souvent rôder près de ta carrriole, Où tu caches Un trésor !
Ton enfant d'adoption.
MARIÛN, k port.
Où veut-il en venir ?
BERNARD
Alors, ils s'aiment bien*^ Tu crains un mauvais coup Pour le bel amoureux.
MARION, à part, respirant.
Cré coquin ! je respire l
BERNARD
Hein ! je t'ai devinée.
^<' LA VIVANDIKHE
AIARION, très émue mais s'efforçant dVîro en iraia.
Oui, tu m'as devinée, Faut m'excuser, Depuis quéqu' temps, Je suis nerveuse Comme un' recrue I
LE CAPITAINE, riant.
Ah ! ah ! ah I Tu as des nerfs d'aristocrate.
MARION, riant nerveusement,
Ah î ah ! Je ne suis plus la mémo.
LB CAPITAINE
Toi qui marchais au feu A côté des tambours ! 1 !
Tu vieillis, Marion.
MARION, devenant songeus«.
C'est vrai 1
BERNARD, devenant à noureau sérieux.
Mais oui, décidément, tu vieillis, Tu m'as pris au sérieux ?
Réfléchis donc, morbleu !
L'on ne peut s'en aller Au moment d'un combat Pour un bout d'amourette,* Et Georges m'en voudrait Il y peut gagner l'épaulette.
MARION, retombant dans l'effroi.
Quoi, ce que je te demande Ne peut donc pas se faire ?