‹ La vivandière, opéra-comique en trois actes parolesChapitre 31 sur 44 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MARION

De Rieul ? es-tu bien sur ?

LA BALAFRE, continuant de manger*

C'est le nom qu'on disait.

(Sortie de La Balafre, qui rentre au poste avec ses hommes.) MARION, seule, effarée.

L'assaut va se donner Si le père est là-bas, A commander les blancs, Son fils est avec nous.

Et moi... je laisserais, Moi, qui suis prévenue, Se commettre ce crime?

De les voir tous les deux.

Se trouver face à face Dans riiorrible mêlée.

Non, jamais !

S'ils allaient s'entretuer ! I !

Gomment vais-je empêcher Un semblable forfait?

Il le faut cependant.

(Tombant assise sur un coin de banc.)

Hélas, je ne suis rien.

Rien, qu'une pauvre femme Et que peut mon chagrin.

(Se levant et reprenant son énergie.)

Allons, Marion, du courage, Tu pleureras demain, Mais aujourd'hui, fais ton devoir.

(EUe se dirige comme folle vert le fond du tiiédlre.)

^^* LA VIVANDIÈHE

Entrée du capitaine Bernard.

LB CAPITAINE^ arrivant, aperçoit iMarion affolé<

Qu'as-tu donc, Marion ?

Vraiment, tu m'as fait peur.

MAIVION

Quand va-t-on attaquer?

BERNARD

Dans une heure peut-être ?

MARION

Eh bien ! je t'en supplie, Fais que le sergent Georges Ne soit pas de l'assaut!

BERNARD

Que dis-tu là ?

Tu n'as pas réfléchi ?

MARION, Us mains jointes.

Je t'en conjure, Bernard

BERNARD

Que se passe-t-il donc

MARION

Ne me demande rien, Mais si je parle ainsi, Tu connais Marion ?

Si je t'implore ainsi, C'est que...

A'JTK DEUXIÈME 45

BERNARD, très gravsfneaU

N'en dis pas davantage.

Du moment que c'est toi, Je ferai de mon mieux I

(puis uvtto un tourire.)

Avoue-moi maintenant Que je t'ai devinée !...

MARION, effrayé*.

Moi?

BliRNARD

Pour avoir si grand peur, C'est que ce sergent Georges, Un brave et beau garçon, Vient bien souvent rôder près de ta carrriole, Où tu caches Un trésor !

Ton enfant d'adoption.

MARIÛN, k port.

Où veut-il en venir ?

BERNARD

Alors, ils s'aiment bien*^ Tu crains un mauvais coup Pour le bel amoureux.

MARION, à part, respirant.

Cré coquin ! je respire l

BERNARD

Hein ! je t'ai devinée.

^<' LA VIVANDIKHE

AIARION, très émue mais s'efforçant dVîro en iraia.

Oui, tu m'as devinée, Faut m'excuser, Depuis quéqu' temps, Je suis nerveuse Comme un' recrue I

LE CAPITAINE, riant.

Ah ! ah ! ah I Tu as des nerfs d'aristocrate.

MARION, riant nerveusement,

Ah î ah ! Je ne suis plus la mémo.

LB CAPITAINE

Toi qui marchais au feu A côté des tambours ! 1 !

Tu vieillis, Marion.

MARION, devenant songeus«.

C'est vrai 1

BERNARD, devenant à noureau sérieux.

Mais oui, décidément, tu vieillis, Tu m'as pris au sérieux ?

Réfléchis donc, morbleu !

L'on ne peut s'en aller Au moment d'un combat Pour un bout d'amourette,* Et Georges m'en voudrait Il y peut gagner l'épaulette.

MARION, retombant dans l'effroi.

Quoi, ce que je te demande Ne peut donc pas se faire ?

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