LE CAPITAINE BERNARD
Qu'on dispose de sa maison, Pour enfermer le prisonnier Qu'on vient d'amener, Le ci-devant de Rieul.
(Lafleur rentre dans la maison. — Surune marche grave: « La Vendéenne, » parait entouré de soldats le marquis de Rieul prisonnier, il est couvert de poussière. — La Balafre est à la porte de la chaumière. — Le marquis de Rieul avant d'y entrer s'arrête, regarde le capitaine qui reste impassible, puis levant les yeux au ciel lève son chapeau. — Le capitaine sort, les soldats entrent dans la maison, La Balafre part inataller les sentinelles de l'outre côté de la chaumière.)
(Arrivée de Georges, le fusil sur l'épaule, Jeanne va au-devant de lui.)
66 LA VIVANDIÉHE
Je reviens à Tinstant^ j^amene les recrues, 0 ma petite Jeanne, Hier, on s*est battu, Moi, je n'étais pas là Et mon cœur de soldat En garde un cruel souvenir.
JKANNE
Pourquoi serais-tu malheureux, Ne pense qu'à m'aimer Si tu m'aimes, pourtant?
GEORGES
N'es-tu pas tout pour moi, Tout ce qui m'aime sur la terre !
Laisse glisser tes yeux dans mes regards troublés, Tes yeux de firmament plus doux que des pervencnes Qui, lorsque nous allions par les champs les dimancnes Faisaient pàlir l'éclat des bluets dans les blés I Viens, viens tout près de moi, Viens ma petite Jeanne.
Oublions nos chagrins, Les pauvres compagnons, Tombés dans la bataille, Aux hasards des combats.
Et que je trouve enfin les espoirs consolants, Dans ton divin sourire où chante le printemps^
JEANNE
Combien je t'aime, Georges I Va, nous serons heureux, Ton père nous pardonnera.
Tu verras, nous serons heureux, Crois-moi.
GEORGES
Je crois en loi.
Tes yeux m'ont redonné courage.