ACTE TROISIÈME 6d
MAHION
La guerre était finie, L'insurrection détruite^ Et de Rieul désarmé, Georges venait d'apprendre Que son père était là, Enfermé, prisonnier.
Responsable pour tous 1 Il voulait le sauver, On me l'aurait tué Et Jeanne en serait morte»
Tu ne t'es jamais demandé Ce que je devenais.
Lorsque je m'en allais Au hasard des chemins, En veillant jour et nuit, Dans ma pauvre voiture, Sur ma petite Jeanne ! ! !
Eh bien, moi, Marion, La bavarde, la folle, L'insouciante, enfin !
J'ai senti dans mon cœur De nouveaux sentiments Me gagner tout entière.
Et l'àme de la vivandière ,^
S'est réveillée âme de mère. ^ f ' ^
BERNARD, s'émotionnanU
Ma pauvre Marion !
(Puis cherchant à »e reprendre.)
Mais la guerre a des lois Qu'on ne discute pas, Et je tremble pour toi.
C'est la Cour martiale ! î ' Hier, pour le combat.
Je n'engageais que moi, Aujourd'hui, Marion,
Tu n'avais pas le droit
(Très ferme.)
D'agir comme lu fis.
De Rieul était un chef, C'était notre ennemi, Il était prisonnier, Il m'était confié, Je devais le garder Jusqu'à son jugement.
MARION, dans une exaltation suprême.
C'est-à-dire sa mort.
Est-ce donc pour en venir là Qu'on est monté au pas de charge.
Sous la canonnade, à Valmy,
Que l'on a pris des flottes
Au galop des chevaux ;
Que l'on mourut de faim
En défendant Mayence.
Que r a An deux » nous n'avions
Ni souliers ni manteaux,
Et qu'on allait gaîment,
Plus fiers que rois et princes,
Tout vibrants de folie
Au seul mot : « Liberté 1 »
Nous étions à l'honneur,
Nous devons y rester.
Soyons soldats, /norbîeu ! (t/G^^i^h''^'- M
Ne soyons pas bourreaux \ \ \ ^ l '