LETTRE DB SA GRANDEUR MGR DELAMAIRE
que sur 700.000 enfants qui naissent, il y en a 500.000 qui sont assassinés dans le sein de leur mère !
En présence d'un tel débordement de boue et de sang, il n'est que temps d'agir! Merci, cher Père, de nous y pousser aussi énergiquement et par des arguments si clairs et si convaincants!
Le zélé Clergé du Nord et moi-même nous ne manquerons pas de répondre à votre appel et de lutter sans relâche, avec vous, pour maintenir ou rétablir nos familles françaises sur des bases solidement chrétiennes. La tâche sera peut-être laborieuse mais, avec la grâce de Dieu, nous espérons ne pas y être trop insuffisants.
Je fais des vœux, cher Père, pour que votre beau livre aille partout en France éclairer les chrétiens et les patriotes et nous préparer la race des hommes de foi et des vaillants qui seule peut nous sauver.
Agréez l'assurance de mes plus affectueux et dévoués sentiments en Notre Seigneur.
t FRANÇOIS,
ARCHEVÊgUB DE CAUBRAI.
Le Salut par la Famille.
Le Salut par la Famille.
Formation aussi bien que génération de la vie humaine, la famille influe puissamment sur les vertus ou les vices de l'individu, partant des nations, qui ne sont que des fédérations de familles. Si les imités sont fortes, les groupes gardent leur consistance ; si au contraire elles se dissolvent, tout se désagrège et s'en va vers la mort. Ce qui se passe actuellement dans notre pays, n'est-ce pas ce que nous voyons dans la masse de nos familles françaises ? L'esprit de révolte, l'égalitarisme à outrance, le manque d'énergie et d'initiative dont nous gémissons, où donc ont-ils pris naissance sinon dans les familles où l'autorité n'est plus respectée, où la hiérarchie n'est plus qu'un vain mot et où l'amour de la jouissance n'a plus de borne.
C'est aussi la famille qui enchaîne l'homme à la patrie par des liens que rien ne peut briser. C'est elle qui prépare à la société ces phalanges de héros
qui, pour défendre des tombes et des berceaux, des autels et des foyers savent souffrir et s'il le faut mourir. Aussi, malheur aux sociétés où se multiplient les populations qui n'ont pas de foj'^ers à sauvegarder, ni de berceaux à protéger, ni de tombes à honorer et qui délaissent les autels où l'on prie. Aux jours de grandes crises, elles entendront passer avec un éclat bruyant dans le vent des révolutions, les soldats de l'égoïsme enrôlés sous le drapeau de la révolte ; elle ne trouveront pas les vrais soldats du patriotisme qui ont puisé au cœur de leurs pères la passion de donner leur vie pour protéger la terre sacrée qui porta leur berceau et qui garde des toml es aimées. Malheur aux sociétés où la fidélité n'est plus qu'un vain mot et où le divorce est introduit aux foyers. L'homme qui n'a pas su faire quelques sacrifices pour demeurer fidèle à sa femme, comment serait-il capable de s'immoler sans réserve à l'intérêt de ses concitoyens ? Celui qui sépare sa cause de celle de sa compagne, ne sera pas loin de séparer ses intérêts de ceux de son pays. On rompt avec la cause et les destinées de la France comme on l'a fait avec celle à qui on avait juré une éternelle fidélité.
C'est enfin dans la famille que la religion trouve son meilleur appui. Où les enfants apprennent-ils mieux à prier que sur les genoux de leur mère, où commencent-ils à aimer l'Eglise et où sentent-ils naître dans leur cœur le désir de se dévouer pour
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elle, sinon auprès de leur père ? Les exemples de la vie chrétienne pratiquée intégralement par des êtres aimés sont plus efficaces que toutes les autres \eçons. C'est au foyer domestique que le christianisme trouvera, s'il le faut, son suprême asile. i\Iême les prêtres baimis ou emprisonnés, les pères et les mères seraient encore là pour transmettre aux enfants la croyance en Dieu.
Puisque dans l'édifice social, la famille est une des assises premières, et qu'y toucher c'est s'exposer à ébranler tout l'ensemble, nous devrions, semble-t-il l'environner de puissants remparts, monter autour d'elle une garde vigilante, afin de ne permettre à personne de porter la main sur une aussi sainte et aussi nécessaire institution. Puisque, à cause des attaques doût la famille est l'objet, les pierres tombent du vieil édifice national, nous devrions remetcre à la base des murailles lézardées l'assise solide du mariage. Les lois sacrées seraient comme le mur de soutènement de tout ce qui chancelle. Hélas ! il n'en est rien. Tandis que les uns s'acharnent à démolir, les autres s'épuisent en vains efforts pour réparer par des moyens de fortune, les brèches qui chaque jour se font plus larges.
Ceux qui veulent renverser l'oidre social savent que ce n'est pas aux gouvernements qu'il faut s'attaquer. Les gouvernements, cela se remplace. Ils en font à leurs dépens l'expérience depuis plus de cent ans. La famille au contraire, une fois détruite
li LA VOGATIOîJ AU MARIAGE
ne se refait pas. Aussi est-ce contre elle qu'ils dirigent maintenant tous leurs sauvages efforts.
A côté de ces démolisseurs, il y a des raffinés qui poursuivent le même but ; des poètes, des romanciers, des écrivains, des législateurs, guides de l'opinion, docteurs ou amuseurs du siècle, qui prostituent leur talent et usent leurs forces à décons'dérer ou à ruiner la famille.
Puis il y a des mondains qui, par snobisme, se moquent du mariage, de ses lois, de sa sainteté. Ils vont aux représentations où il est bafoué, ils lisent des romans où l'union conjugale et la pudeur sont l'objet de railleries amères et d'accusa.tions outrageantes.
Et dire que parmi eux, il y a des gens qui se disent chrétiens, ou du moins qui n'ont pas rompu tous les liens qui les rattachaient à la vieille religion de leurs pères. Le matin on les voit dans les églises, oii, ils apprennent à respecter le mariage, à en garder les lois sacrées, à honorer ceux qui donnent l'exemple de la fidélité au devoir et à l'honneur. Quelques heures après, ils sont dans les loges d'un théâtre, où ils applaudissent ceux qui font fi du mariage, et apprennent à faire litière de l'honneur des autres et de leur propre honneur.
Quand on leur reproche leur conduite, ils répondent qu'ils réprouvent ces idées et qu'ils ne lisent ces livres ou n'écoutent ces pièces que pour s'amuser. Ils protestent énergiquement contre ces atta-