LE SALUT PAR LA FAMILLE
ques, et ils paient ceux qui, écrivains ou comédiens, s'en rendent coupables. Quelle sotte inconséquence ! Quel crime !
Toutes ces publications, toutes ces paroles, tous ces exemples, sont comme autant de formidables coups de bélier. Et vous vous étonnez après que l'édifice craque et se lézarde ; que le peuple, cet impitoyable logicien, qui n'a pas pour sauvegarder sa vertu, ni l'influence du milieu, ni l'amour-propre de la situation, ni certaines pondérations ataviques, mette en pratique ces enseignements démoralisateurs et méprise lui aussi les devoirs austères, sauvegarde de la société. Cet étonnement surprend à la vérité. N'avez- vous donc plus souvenance des tragiques leçons du passé. La génération du XVIIP siècle passa des chaires où elle écoutait les philosophes aux échafauds de la Terreur. Celle du second empire, du parterre où, avec frénésie, elle applaudissait Sardou, tomba dans le trou béant de Sedan. Et la nôtre, dans quel abîme effroyable ne tombera-t-elle pas, si nous continuons à railler tout ce qui est saint ?
Ceux même qui constatent la gravité de la situation, qui la déplorent et qui veulent y porter remède, est-ce que bien souvent ils ne se trompent pas sur les moyens à prendre pour enrayer cette course folle qui nous entraîne à la ruine ?
lycs uns veulent qu'on enrichisse notre arsenal
-législatif de lois nouvelles. Ils ne pensent pas que
les lois humaines, si elles peuvent parfois servir de
l6 LA VOCATION AU MARIAGE
barrières pour empêcher les hommes de tomber dans des précipices, n'ont pas le pouvoir de moraliser. D'autres réclament de la force. Un sabre ne nous protégera pas. Que pourrait-il contre la marée montante des passions ? D'autres suggèrent des réformes sociales, qui en améliorant le sort des travailleurs, les empêcheraient d'être les soldats d'une armée toujours mobilisée contre la paix sociale. Semez à travers le monde plus de justice, et j'applaudirai à vos gestes éminemment chrétiens, mais n'oubliez pas que le grand mal de la classe ouvrière, comme d'ailleurs des autres classes, c'est le relâchement du lien de la famille ; et, qu'à un peuple qui a déserté ses foyers le partage entier des richesses acquises n'apporterait ni satisfaction, ni apaisement. La ruine des uns n'éteindrait par les convoitises des autres.
La réforme urgente, celle qu'aucune autre ne saurait suppléer, celle qui donnera seule à toutes les autres leur efficacité, c'est la restaviration des mœurs chrétiennes dans la famille.
Il y a deux manières de travailler efficacement à cette grande œuvre.
C'est tout d'abord de rendre meilleures les familles déjà constituées, en les rendant chrétiennes non pas uniquement de nom, ce qui est un scandale, mais de fait ; en travaillant à ce que l'idéal du mariage chrétien ne soit pas seulement une chimère, mais une réalité. 11 faudrait montrer au monde, qui hésite.