‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 121 sur 205 · LE TRIOMPHE DE L’AMOUË · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DE L’AMOUË

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Après quelques allées et venues, Stevenson s’embarqua finalement le T août 1879 à Glasgow à bord du Devoniz en route pour New-York. La lettre qu’il laissa derrière lui à son père montre bien qu'il n'avait pas pris sa déc-sion à la légère, qu'il en avait envisagé toutes les conséquences, avec l'impression très nette de couper les, ponts derrière lui. “

Dans l’Angleterre intellectuelle d'aujourd'hui, le fait de tomber sincèrement amoureux de la femme d’un autre peut-être vertueusement envisagé sans horreur. Il y a matière à considérations humoristiques à se demander si le désir du fruit défendu est une circonstance pathologique ou l’expression de la psychologie normale. Bien que la situation fut différemment appréciée à l’époque, dans l’attitude de Stevenson vis-à-vis de Mme Osbourne, il y'avait un peu du Marchbanks de Candida (1). La tragédie n'était pas dépourvue d’aspects comiques. Pas moins que la découverte des statuts et des noirs desseins contre la Société et la Religion, de la L.J. P., cette juvénile « société secrète » qui avait plongé Heriot Row quelques années auparavant dans la prostration morale la plus complète. Car il n’y avait pas place dans l’âme de M. Thomas Stevenson pour les ironies indulgentes aux illusions.de la jeunesse. Déjà à cette époque, Stevenson avait réagi contre l’intransigeance du milieu familial par une solennité morale aussi impressionnante. Dès que son engouement pour Mme Osbourne se trouva combattu — et il le fut dès qu’il s’en ouvrit à son père au début. de 1878 — par des arguments théologiques émouvante appuyés par tout l'appareil de la respectabilité, Stsvenson s’évertua à penser de plus’en plus profondément ; et par un processus mental inévitable, son amour pour elle devint en quelque sorte le postulat de sa philosophie, C’est dans ce ton qu’il composa la plupart de ses extériorisations littéraires. Et c’est ainsi qu’en mars 1879, il écrivit à Swanston, comme en se cachant, les fragments

) Une des Four Pleasant Plays de Bernard Shaw qui traite de cette situation,

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