AVANT PROPOS
Beaconsfield, par André Maurois, une Vie de Stevenson extrêmement brillante et pittoresque.
Son livre est évidemment écrit pour intéresser de nombreux lecteurs. Non qu'il se soit contenté de produire une « biographie romancée ». C’est un reproche dent il se défend à juste titre. Derrière l'exécution littéraire, 11 y a dans l’œuvre de M. J.-M. Carré un souci de documentation que seul un spécialiste comme nous peut apprécier à sa valeur. Non seulement M. J.-M. Carré à voyagé aussi loin que la Californie pour reconnaître un très grand nombre de scènes de l'existence qu'il décrit, mais il apporte parfois des précisions qu'on ne trouve même pas encore dans les grandes biographies anglaises. Faut-il remarquer que M. J.-M. Carré a placé à la fin de ce volume destiné au grand public une biographie fort érudite que nous avons admirée ?
Mais, malgré sa documentation sérieuse, on ne peut dire que le livre de M. J.-M. Carré soit une étude proprement psychologique. L'objet de la série littéraire pour laquelle 11 travaillait ne le lui interdisait-il pas
complètement ? Le grand public français n’entrevoit
guère la psychologie anglaise, et les problèmes généraux - de l’évolution d'Outre-Manche ou d’Outre- Atlantique qu ’approximativement. C’est pourquoi, M. J.-M. Carré a du mettre son:décor et son évocation de Stevenson à la portée de ses lecteurs. Son œuvre Y gagne autant qu’elle en souffre, Elle acquiert davantage de force à émouvoir, mais elle se résigne à une inexactitude de départ, à urie impossibilité inhérente d'interprétation de l’âme intime qui lui fait perdre constamment sa véracité et sa mise au point sur le Stevenson véritable,
Notre tentative ne fait donc nullement double emploi avec sa séduisante peinture qui a, de plus, l’indéniable mérite d'allumer une curiosité, de placer définitivement Stevenson parmi nous.
Pour d’autres raisons, ce que nous présentons se distingue de ce qui a été fait en Angleterre ou aux Etats