ABANDON DES ÉTUDES TECHNIQUES
nieur en fut probablement atterré, mais il semble s’êtrrendu à l’évidence. Le nom de son fils ne seraït jamai: inscrit à la suite de ceux de Robert, d’Alan, de David, et de Thomas. La catastrophe n’était point irrémédiable d’ailleurs. La récusation de Robert-Louis ne mettait pas un point final à l’activité des Stevenson. Le fils unique : du ménage d'Heriot Row avait des cousins susceptibles de fournir des ingénieurs à la Commission des Phares. L'un d'eux David-Alan maiïntint encore sur ce terraia le prestige familial pour cette génération.
Mais que faire, si Stevenson n’était point ingénieur ? Il était difficile même pour lui de concevoir des possibilités de réussite dans une carrière strictement littéraire à Edimbourg. Son père accepta qu’il se destinât au Barreau. Nul arrangement ne semblait plus satisfaisant.
Presque tots les critiques ou essayistes écossais de jadis étaient avocats. Walter Scott avait pratiqué longtemps cette profession qui lui avait permis d'être fonctionnaire magnifiquement appointé. Tmiter cet exemple n’était-il pas la meilleure manière de concevoir la littérature à Edimbourg.
Mais, si l’on y avait bien songé, Stevenson n’était pas plus près de se faire admettre comme avocat que de se
faire accréditer comme ingénieur. En Ecosse, comme er
Angleterre il n°y a, à proprement parler, pas de faculté de Droit. Maïs si n’importe quel titre universitaire correspondant permet, avec un stage professionnel, et quelques formalités d’être autorisé à plaider il faut au moine avoir quelques pièces de cette nature à l’appui. Stevenson n’en avait aucune. Il n'avait pris aucun grade dans ses études techniques.
T1 ne pouvait suppléer à cette lacune de son dossier qu’en subissant une série d'épreuves de culture générale où figurait notamment du latin, du français et de la littérature. Avec ses habitudes et ses antécédents, c'était un obstacle plus difficile à franchir que pour un autre peütêtre. 2 :
Ce changement d'orientation eut du moins pour con-
séquence de le faire évoluer vers un nouveau milieu, cemi de la basoche. La Société Spéculative formait d’ailleurs une transition. Et dans cette Société Spéculative il prit aussi une importance de plus en plus considérable. Etait-ce sa nouvelle situation de candidat au Barreau, était-ce sa tentative même avortée de créer un Magazine ? Dès 1872, il fut élu Président de cette Société dans laquelle quelques années auparavant, il avait pénétré le cœur battant d'émotion.
Dans tous les cas, il ne fut même plus astreint à faire. semblant de fréquenter quelques cours. Il dirigea sa pré paration comme bon lui sembla. C'était le plein épanouissement du système qui l’avait toujours guidé.
A la liste de ses amis doit être ajouté maintenant Charles Baxter. Celui-ci était destiné à faire une très honorable carrière d’homme de loi, et à demeurer \ Edimbourg le confident et l’homme de confiance de Stevenson. Il nous a été représenté comme un causeur très dissert. et 1] dut être un jeune homme très ouvert et très animé. Dans tous les cas lui et Stevenson furent bientôt inséparables.
L'orientation vers le Barreau mit Stevenson davantage en contact avec tout ce groupe des aspirants hommes de loi, clercs, étudiants en médecine, dont la vie n’était pas toujours très édifiante. Il nous en a donné quelques aperçus. Dans un fragment, le Reclus, 1l fait parler rétrospectivement un de ceux-ci : | ;
« J'avais alors 22 ans, j'étais étudiant en médecine à Edimboure, déià quelaue peu endetté, et déjà (quoiaue ie nusse difficilement dire cominent}) plus où moins habitné aux dissipations et aux dénenses… Mon père état. la Révérend John Kirkwood. d'Edimboure, un homim bien connu pour la sévérité de sa vie et le ton de ses prédications.. Fn ce qui concerne l'arvent de noche. il me donnaït une somme dérisoire et insuffisante pour la : nosition.de son fils. Et quand une fois je pris la liberté de protester, 11 m’accabla de cette question : « Si ja
+ vous donnaïs davantage, pourriez-vous me promettre de