IMPÉCUNIOSITÉ ET DISSIPATION
régler vos dépenses comme je le souhaïterais ? » Je ne répondis pas immédiatement, mais quand je le fis, ce fut avec véracité. « Non, dis-je » (1).
Mais, est-ce en la démunissant le plus possible d’ar-
$ : e ° « e gent que l’on peut interdire à la Jeunesse de commettre des sottises ? Stevenson par la bouche de son héros imaginaire, nous en donne un exemple. Un jour « j'avais quelques shillings en poche : dans une salle de billard de St-Andrews Street j’eus bientôt quadruplé cette somme au jeu des pyramides, et la salle de billard étant presque porte à porte avec une agence de pari au courses, Je plaçai le montant sur un cheval. Vers cinq heures de l’après-midi le lendemain, j'avais 30 livres à ma disposition, six fois autant que j’avais jamais envi- # # 9, . e e.
sagé de dépenser. Je n'étais pas un mauvais jeune hom e . . CES . .
me quoique un peu libertin Jusqu'à cette maudite nuit, je n’avais Jamais su ce que c’est que d’être complètement pris de boisson. Je revins à moi couché dans ce que je crus tout d’abord être mon lit, était-ce la nuit du même jour ou la suivante, je ne l’ai jamais su, maïs mes trente livres avaient disparu... » (2). Jamie Kürkwood s'était trompé, dit-il, de quartier et de maïson pour rentrer chez Jui !
(1) P. 239. Tusi 16. — The Story or a Recluse. « I was then two and twenty years of age, a medical student of the University already somewhat involved with deht, and already more or less (although I can scarce tell how) used ta costly dissipations. Mv father was the Rev John Kirkwood of FEdimburgh, a man very well known for the rigour of his life and the tenor of his pulnit ministrations… In the matter of pocket money. he gava me a pittance insufficent for his son’s position. and when unon one occasion, I took the liberty fo vnrotest. he brought me up with this home thrust of inauiry : « Should I give vou more, Jamie. will you promise me it shall be spent as I should wish ? » I did not answer quickly but when I did it w2s truly : « No ». said TI. »
(2) P. 239 Tusi 16. — « I had a few shillinæs in my pocket : in a billiard room in St-Andrews Street, I had shortly quadrupled this amount at pyramids, and the hilliard room being almost next door to a betting agency, I staked the amount on the hazard of à race. At. about five in fhe afternon of the next dav. 1 was the possessor of some 30 pounds, six times as much as I had ever äreamed of svending, I was not a bad vrung man, although a little loose. TI may have béen rhrry and lazy :; until that cursed night I had never known ‘what it was to be overpowered with drink; so it 1s possible I was overnpowéred the more completly. I have never clearly been aware of where T went or what I did... I came to myself in bed. whether it was that night or the next T have never known, only the thirty pounds were gone. »
Un autre amusement était le « howff » de Carlton Hill. « Le howff de Carlton Hill était un restaurant borgne où ne se passait, dit-on, rien d’extraordinaire. Mais le tendncier gardaît son établissement ouvert à des heures interdites de la nuit. On y était constamment menacé d’une râfle de la police. C’était done un endroiït à fréquenter pour acquérir une réputation d'esprit fort.
En voici une description. « Tout au pied de Carlton Hill monte un étréit boyau, moitié rue, moitié ruelle. Son sommet débouche en plein sur la prison et son autre extrémité plonge dans les taudis sans soleil du Bas as: ton. D’un côté la montée est surplombée par les rocher de la colline, et de l’autre par un vieux cimetière. Entre eux, c’est le creux d’une tranchée faiblement éclairée la nuits peu fréquentée le jour, et quand elle dépasse léten due des tombes, bordée de maisons sombres et louches. L'une de celles-ei était le restaurant de nuit. Si l’on entrait, on se trouvait aussitôt « dans une pièce éclairée par des becs de gaz bruyants, avec des tables couvertes de nappes sales où l’on mangeaït quelque repas plutôt grossier. On y rencontrait en particulier de jeunes membres du Barreau en état d’ébriété » (1).
Telle était l’idée que ces jeunes gens se faisaient du libertinage. Il suffisait qu'une occupation fût illicite pour qu’elle acquit un prestige de romanesque. Par un concours de circonstances morales dans lesquelles le milieu Presbytérien jouait un rôle, la débauche tournait le dos à la vie élégante et délicieusement sensuelle. Cet aspect brutal des mœurs libérées des restrictions, ils l’a2ceptaient, ils le cultivaient. Ou plutôt ne connaïssaientils pas d'autre alternative ?
LA (1) John Nicholson. — Tusi 13. — Close under Carlton Hill there runs a © rtain narrow avenue, part street. part bhvroad. The head of it faces the doors of the: prison :; its tail descends into the, sunless slums of the Low Carlton. On one hand it is overhung:hy the crags of the hill, on the other by an old grave-yard, Between the two the roadway runs in a trench, spardcly lighted at night, sparsely frequentedi by day, and bordered when it has cleared the space of tombs by dinay and ambignous bhouses…. A room lighteda by noisy gas-jets, beside a dirty table-cloth ensaged on na coarse Ass and in the company: of several tipsy members of the juntor ar, »