CHAPITRE SEPTIÈME
Devoirs de l’âme que Jésus appelle à la vie religieuse
1 . — La correspondance aux premières inspirations de la grâce .
Le premier et essentiel devoir d'une âme qui se sent appelée à la vie religieuse, est de prêter une oreille attentive à la voix intérieure qui la sollicite à une perfection plus grande, et d’apporter tous ses soins à seconder en elle cette action de la grâce. « Parlez, Seigneur, dit-elle, parce que votre servante écoute » (I, Rois, m, 10).
Le bienfait de la vocation religieuse est une grâce trop grande pour qu’elle n’attire pas toute son attention et qu’elle n’excite pas en elle le désir d’en avoir une connaissance plus précise, afin d’y conformer sa vie, selon ce qu’elle y aura constaté des desseins de Jésus à son égard. Elle doit pouvoir dire comme saint Paul : « La grâce de Dieu n’a pas été stérile en moi » (I Cor., xv, 10).
Et lors même que la voix de Jésus ne se ferait entendre d’abord que faiblement et à intervalles éloignés, cela suffit pour éveiller sa
délicatesse et exciter son amour. C’est Jésus qui parle : rien n’est plus précieux. C’est Jésus qui se révèle : rien n’est plus sacré. C’est Jésus qui attire : rien n’est plus digne d’envie. C’est Jésus qui veut se donner davantage : rien n’est capable de ravir plus divinement une âme qui n’est faite que pour Lui. Avec saint Augustin, elle peut s’écrier : « O mon âme, créée à l’image de Dieu, rachetée du sang de Jésus-Christ, aime Celui qui t’a tant aimée ; pense à Celui qui ne t’oublie jamais; cherche Celui qui te cherche; donne-toi tout entière à Celui qui se donne tout entier à toi. »