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L’étude sérieuse de sa vocation

A mesure que les premières avances de Jésus se précisent davantage et que la lumière se fait plus grande, sous l’action de la grâce intérieure ou par suite des évènements et des circonstances, l’âme est tenue d’étudier plus sérieusement sa vocation. Il s’agit ici d’une affaire de suprême importance qui doit être traitée directement entre Jésus et l’âme. Affaire d’ordre purement spirituel, où ne doit se mêler aucune considération humaine et terrestre, sous peine d’être privé de la lumière divine et d’être abandonné à son propre sens. Affaire à conséquences éternelles, sur laquelle reposent et la gloire de Dieu et le salut de l’âme.

Il n’est point question de faire surgir une vocation à laquelle on n’est point appelé, mais bien de connaître celle à laquelle on a été destiné de toute éternité. « Dieu m’a séparé dès le sein de ma mère, et m’a appelé par sa grâce », dit saint Paul (Gal., i, i5).

Aussi recommande-t-il de réfléchir sur la vocation à laquelle on se croit appelé : « Voyez, examinez votre vocation » (I Cor., i, 26). Et saint Pierre, de son côté, invite à ne rien négliger pour en obtenir une certitude plus grande : « Efforcez-vous de plus en plus d’affermir, par vos bonnes œuvres, votre vocation et votre élection » (II Pier., 1, 10).

3. — Le désir sincère de connaître et de faire la volonté de Jésus .

Sans doute, notre premier devoir est de servir et d’aimer Dieu, puisque nous sommes tous faits pour lui, que nous nous en allons à lui, et que nous ne pouvons être heureux qu’avec lui ; selon cette belle parole de saint Augustin : « Vous nous avez faits pour vous, Seigneur, et notre cœur sera toujours inquiet jusqu’à ce qu’il se repose en vous ». Mais le service de Dieu comporte des formes diverses, et il est des voies qui mènent plus directement et plus sûrement au ciel ; telle est celle de la vie religieuse.

Il importe donc souverainement de savoir si

Jésus nous y appelle. Tout consiste à connaître la volonté de Jésus à cet égard ; et c'est là Tunique objectif que doit avoir une âme sincère et surnaturelle. Les autres considérations n’ont point de valeur et ne correspondent nullement au sujet. Les choses d’éternité ne se traitent que dans la lumière et la vérité de la volonté divine. « Le monde passe, nous dit saint Jean, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » (I Jean, ii, 17).

Pour connaître et accomplir fidèlement la volonté de Jésus, il faut voir les choses comme Jésus les voit, leur donner la valeur que Jésus leur donne, et ne les vouloir que dans la mesure où elles correspondent aux desseins de Jésus sur nous. En vin mot, c’est penser, aimer, vouloir, agir comme Jésus, selon que nous le recommande saint Paul : « Ayez en vous le sentiment dont est animé Jésus-Christ » (Phil., ii, 5).

Cela exclut nécessairement de nos considérations toute intention purement humaine et toute attache à nos volontés et désirs personnels. Rien ne serait plus contraire à nos intérêts spirituels et ne pourrait davantage compromettre les lumières que nous attendons de Jésus sur notre vocation, que de nous laisser influencer par des vues terrestres et surtout par la volonté propre, qui est directement opposée à l’amour de Dieu et de soi-même.

Saint Augustin a raison de dire : « Je ne comprends pas par quel inexplicable aveuglement, l’homme ne voit pas qu'en s'aimant lui-même, qu’en aimant sa volonté au lieu d'aimer Dieu et sa volonté divine, il ne s'aime point ; et que celui qui, au lieu de s’aimer, d’aimer sa volonté propre, aime Dieu et sa volonté, s'aime réellement ».

Il en est qui perdent leur vocation, parce qu'ils ne sont ni sincères ni généreux sur ce point. Ils veulent bien faire la volonté de Jésus, mais sans cesser de faire la leur. Et au moment même où ils demandent à Jésus de leur manifester ses divines volontés, ils forment des plans, ils expriment des désirs, ils éliminent ce qui leur déplaît ou leur paraît peu conforme à leurs vues, et ils imposent, avec une ténacité déconcertante, à la réalisation de leur vocation des conditions de forme, de temps, de circonstances, de lieux, etc., qui laissent constamment en suspens leur décision définitive.

Jésus ne peut éclairer ces âmes qui ne veulent point se laisser conduire uniquement par son bon plaisir, et II n'ose se faire des disciples de ceux qui marchandent ainsi le don de tout euxmêmes, suivant l'avertissement qu'il nous en donne en saint Luc : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Luc, ix, 23).

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