‹ La Vocation ReligieuseChapitre 70 sur 105 · Fidélité à V inspiration première · texte numérisé non relu

Fidélité à V inspiration première

Nous avons déjà démontré que cette fidélité à l’inspiration première est d’une grande importance. C’est Jésus frappant pour la première fois à la porte du cœur ; il y a une délicatesse spéciale à Lui en ouvrir l’entrée. Premier contact de Jésus avec l’âme qu’il s’est choisie et d’où va dépendre toute la suite de ses grâces et de ses communications.

RÈGLE DE CONDUITE AVANT l’eNTRÉE EN RELIGION 255

Il n’est pas nécessaire que cette première touche de la grâce soit bien caractérisée. Le seul fait de la ressentir est déjà suffisant pour s’y arrêter et réfléchir. C’est l’enseignement du docte Suarez : « Il arrive, dit-il, qu’une personne, tout en ne se sentant pour la vie religieuse ni affection ni désir, a néanmoins quelques pensées ou quelques impressions de grâce, touchant les dangers du monde, touchant l’excellence et les avantages de l’état religieux, touchant l’importance du choix d’un état, et l’indifférence dans laquelle il faut se tenir pour ne rechercher dans ce choix que le bon plaisir de Dieu... Dans ce cas il n’est pas téméraire de penser à la vie religieuse, ni de consulter à ce sujet. Pour demander conseil, en effet, il suffit d’un commencement quelconque de bonne pensée sur l’état religieux, inspiré par la grâce ».

Il n’est pas davantage nécessaire que l’on sache bien analyser ce premier mouvement de la grâce, ni qu’on en connaisse exactement l’origine et qu’on puisse dès le commencement en apprécier la valeur. Il suffit qu’il existe pour y prêter attention et en observer délicatement le développement. « Ne vous souciez pas, dit saint Alphonse, de quel côté vient le mouvement, car Dieu a plusieurs moyens d’appeler ses serviteurs. Il se sert quelquefois de la prédication, d’autres fois de bons livres. Les uns ont été

appelés pour avoir ouï les paroles sacrées de l’Evangile, comme saint François et saint Antoine ; les autres ont été appelés par les ennuis, désastres et afflictions, qui leur survenaient dans le monde, d'où leur résolution de l’abandonner ».

Ce qui prouve que Jésus se sert tantôt des grands évènements de la vie, tantôt des circonstances les plus minimes pour attirer les âmes à l'accomplissement de ses desseins sur elles. Comme l'on ne connaît pas toute l'importance que Jésus a résolu de donner dans la suite à une première inspiration de la grâce, il faut agir comme si elle devait en avoir une très grande. De cette fidélité primitive peut dépendre le salut éternel. Que l’âme se montre généreuse et Jésus sera son soutien. C'est encore l’assurance que lui en donne saint Alphonse : « Il faut bien correspondre et cultiver le premier mouvement, et puis ne pas se mettre en peine s'il vient des dégoûts et des refroidissements à ce sujet ; car, si l'on agit ainsi, Dieu ne manquera pas de faire réussir le tout à sa gloire ».

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