‹ La Vocation ReligieuseChapitre 71 sur 105 · La prière · texte numérisé non relu

La prière

Rien ne s'obtient sans la prière. C’est pourquoi Jésus nous fait la recommandation, au milieu de nos besoins incessants, de « toujours prier et de ne jamais nous lasser » (Luc, xvm, 1).

S’il est une circonstance de la vie où il faut prier avec instance et sans relâche, c’est assurément lorsqu’il s’agit de connaître la vocation à laquelle Jésus nous a destinés, et d’où dépend pour nous tant de grâces dans le temps et tant de gloire dans l’éternité.

C’est d’autant plus nécessaire, que I on avance d’abord dans l’inconnu, et qu’ensuite la lumière ne se fait que progressivement. Pour s’orienter sûrement, l’âme doit s’élever sans cesse et dire avec le psalmiste : « Enseignez-moi à faire votre volonté, parce que vous êtes mon Dieu ; montrez- moi la voie dans laquelle je dois marcher, parce que j’ai élevé mon âme vers vous» (Ps. CXL1I, 10, 8).

Afin de n’être point offusquée par les attraits mensongers du monde, elle supplie le Seigneur de « détourner ses yeux, afin qu’ils ne voient pas la vanité » (Ps. cxviii, 37). Comprenant que rien ici-bas ne peut remplacer le service de Jésus et son amour, elle aspire à monter toujours plus haut : « J’ai étendu mes mains vers vous ; comme une terre altérée, mon âme a soif de vous, Seigneur » (Ps. cxlii, 6).

Cette prière, l’âme la doit commencer à son réveil : « O mon Dieu, je vous cherche dès l’aurore ; mon âme a soif de vous » (Ps. lxii, 2), et la continuer tout le jour, dans la méditation et l’oraison : « Mon âme s’est attachée à votre

suite » (Ps. lxii, 9). Il ne suffit pas, en effet, dans une question de cette importance, de faire de simples prières vocales et de courtes élévations d’âme ; ces choses sont bonnes et elles tiennent l’âme en haleine, mais il faut prolonger ses réflexions et examiner longuement devant Dieu le parti à prendre pour correspondre pleinement à ses desseins.

L’appel à la vocation religieuse comporte, d’une part, trop de sacrifices à faire et, d’autre part, trop de résolutions graves à prendre pour le reste de la vie, pour qu’une pareille décision puisse être prise autrement qu’après avoir acquis dans l’oraison les lumières et les grâces que Jésus ne donne qu’à ceux qui les ont demandées avec humilité et persévérance. Ce que dit saint Alphonse de la vocation une fois réalisée peut s’appliquer également à l’étude de la vocation : « Qu’on soit bien persuadé qu’on ne peut guère conserver la vocation religieuse sans pratiquer l’oraison ».

Que l’âme qui aspire à la vie religieuse fasse sienne la prière suggérée par ce grand saint : « Me voici, Seigneur, je ne suis plus à moi, je suis à vous. Je me suis déjà donné et je me donne de nouveau tout à vous. Daignez agréer mon offrande, en m’accordant la force de vous être fidèle et de me retirer, le plus tôt possible, dans votre sainte maison »,

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