CHAPITRE QUATRIEME
Le Sacerdoce est une bénédictioi> pour la société
1. — Chaque nouveau Prêtre attire les regards bienveillants de Jésus sur la société,
Jésus est venu sur cette terre pour manifester aux hommes la charité et la miséricorde divines. Quand II est mort sur la croix, Il leur a donné la plus grande preuve d'amour. Quand II a institué l'Eucharistie, Il a voulu perpétuer à travers les siècles l'expression vivante de sa charité infinie pour les âmes. Quand II a choisi ses premiers Prêtres, dans la personne des Apôtres, Il en a fait d'autres Lui-même et II les a légués à l'humanité pour renouveler partout les mêmes mystères de bonté et d’amour.
Le Sacerdoce est devenu, depuis lors, le moyen pour Jésus de se communiquer aux hommes ; et, à cause de cela, ce moyen emprunte à l’amour qui en est le principe le même caractère de bonté et de bénédiction divines.
Jésus aime son Prêtre plus que tous, et dans le Prêtre II aime les âmes. Il concentre en lui toute la puissance et toute l’efficacité de son
Sacerdoce éternel. En donnant un Prêtre à la société, Il se donne Lui-même, puisque le Prêtre peut disposer à son gré de Jésus pour le bien des âmes.
A cause de ses Prêtres, Jésus regarde avec bienveillance les sociétés et les nations et II se sent disposé à les bénir. Quand il surgit un nouveau Prêtre du sein de la société, sa bienveillance redouble, car il s’y allume un foyer nouveau de vie et de vertu (livines.
Multiplier les Prêtres est donc pour la société un des moyens les plus puissants de se rendre le ciel favorable. Heureux les pays où le Sacerdoce est ainsi compris et où toutes les classes de la société concourent à favoriser les vocations sacerdotales !
2. — Chaque nouveau Prêtre est f>our la société un gage de grâces et de bénédictions.
Les sociétés sont formées de familles et les
familles d’individus. Chaque membre de la fa-
mille fait donc partie de la base sur laquelle repose la société ; mais ce qu’il y a de plus précieux en lui, c’est son âme et non son corps. En tant que principe vital, l’âme anime le corps et lui est supérieure. De plus, elle est immortelle et destinée à la possession éternelle de Dieu dans la béatitude. Il lui faut une nourriture spi-
rituelle adaptée à ses besoins surnaturels ; à cette condition seulement, elle influera efficacement sur le corps et rendra Tindividu utile à la société.
Qui donc fournira à Tâme les éléments spirituels et indispensables qui lui conviennent? Le Prêtre.
Qui éclairera Tesprit dans ses doutes ? Qui inoculera au cœur Tamour divin ? Qui orientera les volontés dans la voie droite de la vérité et du devoir ? Le Prêtre/
Qui rappellera sans cesse les vérités éternelles ? Qui maintiendra les âmes dans la vertu et la perfection ? Qui les purifiera de leurs péchés et leur assurera les secours de la vie éternelle ? Le Prêtre.
Sans le Prêtre, la source des grâces serait tarie, puisqu’il n’y aurait plus personne pour les dispenser. Sans le Prêtre, les hommes oublieraient bien vite leurs devoirs à l’égard de leurs semblables, et les sociétés seraient bouleversées.
La multiplicité des Prêtres ne fait que multiplier les sources de la grâce. Qui donc penserait à s’en plaindre ? Tout au contraire, quand on voit les progrès du mal, n’est-il pas souverainement désirable qu’il y ait plus de Prêtres pour faire contrepoids à l’indifférence et à la corruption qui envahissent la société, et pour augmenter les moyens de conversion et de salut ?
Loin donc de considérer avec indifférence le rôle bienfaisant que remplit le Prêtre dans la société, réfléchissons et comprenons le devoir qui nous incombe de Taider dans son ministère.
3. — Chaque Prêtre est, f)ar son Sacerdoce, un [paratonnerre [pour son [pays.
Les sociétés ne sont pas plus indemnes de fautes que les individus. Tout homme est pécheur et, par conséquent, a besoin de pardon.
L’indifférence ou l’athéisme ne changent rien à la vérité. Ce n’est pas parce que l’athée ne croit pas en Dieu, que Dieu n’existe pas. Ce n’est pas parce que la plupart des hommes vivent comme s’ils ne devaient jamais mourir, qu’ils ne mourront pas. Ce n’est pas parce que le mondain vit dans le tourbillon des plaisirs et des frivolités, qu’il ne viendra pas une heure où il devra tout abandonner. Ce n’est pas parce que le pécheur vit paisiblement dans son péché, qu’il ne devra pas l’expier cruellement en ce monde ou en l’autre.
Il pèse sur le monde un poids énorme de péchés et de crimes. Ce ne sont pas les coupables, les aveugles et les criminels qui vont s’intéresser au sort des autres, eux qui ne peuvent ou ne veulent réparer pour eux-mêmes.
Ce ne sont pas davantage les hommes terrestres qui sont tellement préoccupés des choses et
des biens de ce monde, qu’ils trouvent à peine le temps de consacrer quelques instants à leurs intérêts éternels.
Il est donc nécessaire qu’il y ait une classe d’hommes qui soient consacrés, pour eux et pour les autres, à intercéder en faveur des pécheurs, à arrêter le bras vengeur de la justice divine et à écarter de la société les maux qu’elle a mérités : et ce sont les Prêtres.
Par vocation, le Prêtre est placé comme un paratonnerre entre le ciel et la terre, pour faire dévier la foudre et la rendre inoffensive. Il ne le fait pas par sa propre puissance, mais par la puissance contenue dans son Sacerdoce, qui lui a livré, avec les Sacrements, les grâces et le sang de Jésus, dont il se sert pour en asperger le monde.
Si le Prêtre a le pouvôir divin d’arracher l’âme à l’enfer par l’absolution, et celui de faire descendre Jésus du ciel sur l’autel par les paroles consécratrices, comment n’exercerait-il pas sur le cœur de Dieu le même pouvoir quand il implore pardon et miséricorde pour les pécheurs et les sociétés coupables ?
Comme on devrait se réjouir de voir un Prêtre de plus, quand on pense au bienfait qu’il est pour la société et au salut que lui devront des multitudes d’âmes !
4. — Chaque nouveau Prêtre est destiné à relever et à maintenir le niveau moral et spirituel de ses compatriotes.
Le Prêtre n’existe pas pour lui, mais pour les autres. Il reçoit beaucoup, mais c’est pour donner. Il a une mission, mais cette mission s’exerce auprès des âmes. Il fait partie de la société, comme tous les autres, mais en même temps il lui est consacré. Il ^ne peut être simplement passif; il doit être actif. Son bonheur comme son devoir, c’est de se dépenser pour les autres et dans tous les champs d’apostolat possibles.
Mais les masses ont particulièrement besoin d’une influence bienfaisante qui les établisse dans l’ordre et la vérité et les y maintienne. Laissées à elles -mêmes, elles sont sujettes à toutes les erreurs et à tous les désordres.
Pour exercer cette influence, il faut être qualifié. Le Prêtre l’est par vocation. On ne peut lui dénier ce droit et ce devoir. S’il ne réussit pas toujours, ce n’est pas insuffisance de mission, mais parce qu’il rencontre parfois une résistance opiniâtre.
Ce que le Prêtre s’efforce de faire sur les masses, il travaille à le faire sur les individus. Combien lui doivent la vérité et le retour à de meilleurs principes ! Combien, grâce à son zèle et à sa charité, ont échappé au danger des
fausses maximes et à raction des fauteurs de haine et de désordre ! Combien ont su se maintenir dans la pratique des devoirs civiques et spirituels, encouragés et soutenus par ses conseils et son dévouement !
Un Prêtre de plus est une puissance pour la société. Par son influence morale, il fait plus pour y conserver Tharmonie, la paix et la concorde, que tous les discours des tribuns et toutes les organisations de police.
Mettons des Prêtres partout, favorisons leur action, et nous ferons preuve de bon et sage patriotisme.
5. — Chaque nouveau Prêtre est un citoyen observateur des lois, gardien de V ordre et ami de la concorde.
Ce que le Prêtre enseigne et recommande aux autres, il le fait tout le premier. Marchant sur les traces de son Maître, il commence par faire avant d’enseigner ; il s’évertue, par devoir personnel et d’édification, à observer toutes les lois civiles qui ne blessent pas sa conscience et qui ne paralysent pas sa mission auprès des âmes.
Dans l’exercice de son ministère, il est le représentant de Dieu et il s’inspire en tout de sa loi, de son esprit et de sa volonté. En tant que citoyen, il a à cœur d’être l’homme intègre,
paisible, discipliné, respectueux de l’autorité.
Digne dans son attitude, se tenant à l’écart des manifestations bruyantes, étranger aux mouvements turbulents des masses, il accomplit son devoir sans prétention comme sans faiblesse. Les autorités peuvent compter sur lui, chaque fois qu’il s’agit de prêter concours au bien commun ou de mettre l’influence morale de son caractère au service d’une bonne cause.
Par état, le Prêtre est un homme de bon conseil, pacifique, ordonné, gardien de la discipline et des bonnes mœurs, consolateur des malheureux, protecteur des faibles, ami de tous.
De tels citoyens sont des trésors dans une société. Ils sont une force dont il est sage de savoir se servir, et force d’autant plus précieuse que de nos jours le besoin s’en fait davantage sentir.
Prions et travaillons pour obtenir de saints Prêtres à l’Eglise et à la société.