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La bonne éducation convient à la dignité du Prêtre

C’est de toute manière que le Prêtre doit honorer son Sacerdoce. Dans son Sacerdoce il honore le Souverain Prêtre Jésus et la mission exceptionnelle qu’il en a reçue. Naturellement cet honneur est avant tout intérieur ; c’est-à-dire que, dans son âme, il doit rendre à Celui qui l’a élevé à une aussi haute dignité des hommages de louange, d’action de grâces et d’adoration par la pureté exemplaire de sa vie et l’ardeur d’un amour qui ne se dément jamais.

Mais il est aussi extérieur ; l’attitude digne et parfaite du Prêtre devant être en harmonie avec l’excellence du Dieu qu’il représente.

On ne peut se présenter aux peuples comme l’ambassadeur de Dieu et leur parler en son nom, sans tenir un langage noble et élevé en rapport avec la dignité suprême de Celui dont on est l’envoyé.

On ne peut s’occuper de choses saintes, sans le faire avec la dignité qui convient. On ne peut

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se charger des âmes, sans les traiter avec unecertaine délicatesse qui est plus que de mise dans un semblable ministère.

Le Prêtre qui a conscience de sa dignité, comprend qu'il doit avoir une tenue irréprochable, par respect pour son Maître et par déférence pour les âmes.

Il ne lui est pas loisible de négliger sa conduite extérieure, parce que, tout en lui appartenant à son Sacerdoce, il en exerce souvent l’influence tout autant par ses* paroles, ses manières et l’ensemble de son attitude que par l’exercice de ses fonctions les plus sacrées.

Savoir qu’on tient la place même de Dieu et ne pas se soucier de le faire, selon les convenances d’une sage et noble éducation, ce serait manquer à ce qu’on appellerait volontiers « les règles de l’étiquette sacerdotale».

Lorsqu’on voit de quel éclat extérieur s’entourent les ambassadeurs des rois de la terre, serait- il admissible que les représentants du grand Roi du ciel apparaissent sous des dehors négligés et soient ignorants des attitudes nobles et des coutumes reçues dans l’accomplissement de leur fonction ?

L’intérieur avant tout, oui ; mais l’extérieur convenable aussi. Les Prêtres sont les hérauts de Dieu ; il doit y avoir dans leur démarche et toute leur personne une certaine distinction qui

reflète la dignité de leur Maître. Tout au moins, que rien en eux ne blesse les convenances et les règles d’une bonne éducation.

On ne pourrait objecter que Jésus a pris pour fonder son Eglise douze pauvres ignorants sans éducation, car II en a fait ensuite les princes de son peuple et II leur a donné les qualités qui convenaient à leur mission. Ils ont abandonné les dehors et les coutumes des pêcheurs de Galilée, et ils ont pris des habitudes nécessitées par leur nouvel état.

Si nous aimons notre Maître, prenons les moyens, dès le Séminaire, de Lui attirer les âmes. Ayons de la bonne éducation. Ce que nous ne savons pas, apprenons-le ; ce que nous savons, tenons-en compte et maintenons-le.

2. — La bonne éducation convient à la situation du Prêtre dans la société.

Le Prêtre n’est pas destiné à demeurer au fond des bois, il vit parmi ses semblables et il occupe un poste honorable. Par son instruction, il remplit un rôle dans la société ; par ses fonctions sacrées, il a des relations distinguées et étendues auprès des âmes.

Sa situation le met forcément en vue, et il est exposé à être mis en contact avec toutes les classes de la société. Il lui faut alors plus que

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du savoir-faire, il lui faut de la bonne éducation. Il serait disparate dans certains milieux plus cultivés, s’il n’apportait une distinction de maintien et de manières en rapport avec sa dignité.

Autant le Prêtre doit être ennemi de l’élégance et des manières mondaines, qui sont plus que déplacées dans un état saint comme le sien, autant il doit s’efforcer de paraître en tout irréprochable et de ne froisser la susceptibilité de personne, soit par la vulgarité de ses manières, soit par le laisser-aller de son maintien.

Qu’il se rappelle qu’il a à exercer une influence sur les âmes ; pour cela, il doit éviter de les mal impressionner et de heurter même leurs** préjugés. Qu’il ait devant les yeux que partout où il paraît, même dans les assemblées publiques et purement sociales, il est regardé comme Prêtre et que le mépris qu’il s’attirerait par son manque d’éducation rejaillirait inévitablement sur son caractère et son ministère.

Quand on est élevé si haut par vocation, il est n^écessaire d’avoir les qualités de son état. Il ne s’agit pas seulement pour le Prêtre de recevoir la mission de sauver les âmes, il faut aussi en prendre les moyens. Dans bien des cas, le Prêtre sans éducation ira au devant de l’insuccès ; on ne voudra pas l’approcher, et s’il fait des avances, on s’en éloignera.

Il est absolument logique que la tribu sacer-

dotale, qui a un rôle si prépondérant à remplir dans la société, fasse preuve partout et toujours d’une éducation sérieuse et cultivée.

De là l’importance de s’exercer de bonne heure à acquérir ces notions de bienséance et de savoirvivre qui seront plus tard d’une si grande utilité dans le ministère. Ce qu’on n’a pas appris dans sa famille, il faut l’apprendre au Séminaire. Ce n’est pas un déshonneur d’être né d’une famille pauvre et paysanne, mais ce serait une grosse erreur de croire que lorsqu’on se destine au Sacerdoce on puisse conserver les manières vulgaires contractées dans son enfance.

Ce que Jésus va chercher dans les familles pauvres, qu’il affectionne particulièrement, ayant voulu être pauvre Lui-même, ce sont des auxiliaires. Il rend ces auxiliaires aptes à leur sublime vocation, mais II ne prétend pas pour cela rie pas les dépouiller des dehors souvent un peu grossiers qu’on s’attend à ne plus trouver dans un Prêtre.

Ce travail indispensable doit s’opérer pendant le temps de la formation cléricale. Que ce soit le but des élèves et des maîtres !

3. — La bonne éducation est nécessaire f)our atteindre les classes sujoérieures de la société.

Ce que nous avons dit précédemment trouve ici une application frappante et pratique.

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Il est des classes de la société que la vertu toute seule ne peut atteindre. S’il n’y a pas la distinction de l’esprit, la délicatesse des procédés, la politesse des manières, on reste indifférent, quand encore on ne s’éloigne pas avec mépris.

Il est des gens qui ne lieront jamais conversation avec d’autres de mauvaise éducation, fussent-ils Prêtres. Dans les questions d’ordre spirituel, ils ne sont pas davantage disposés à écouter leur enseignement et à suivre leurs conseils. Ils s’offusquent, à tort ou à raison, et ils çonservent, dans les choses de conscience, l’attitude prise vis-à-vis des classes inférieures de la société.

C’est ce que nous exprimait un jour, d’une manière expressive. Sa Sainteté Pie XI, lorsqu’il nous disait, relativement à la nécessité de la bonne éducation dans les Clercs : « Il est des gens qu’on peut instruire en parlant fort et en frappant sur la table, mais il en est d’autres que l’on ne peut atteindre que par la politesse et la délicatesse des procédés. »

Saint Paul se faisait tout à tous, pour les gagner à Jésus-Christ ; le Prêtre doit être son imitateur. Mais s’il est facile de descendre, il ne l’est pas toujours autant de monter. Quand il faut aller vers les petits et les humbles, on se met encore aisément à leur portée ; mais quand il

s’agit d’atteindre les riches et les grands, ceux qui sont les maîtres et les dirigeants dans la société, ceux qui, par leur instruction, leur noblesse de famille ou leur situation distinguée, forment comme une élite à part, il est nécessaire d’être à la hauteur, au moins par l’éducation. Sans quoi, le Prêtre lui-même est gêné et il lui manque ce naturel de mouvement et cette souplesse d’allure qui favoriseraient son action. Les âmes gardent alors une réserve significative et tiennent le Prêtre à l’écart. Ce qu’il faut éviter, puisqu’il y a tant d’âmes de cette catégorie à sauver.

La bonne éducation chez un Prêtre n’est jamais de trop, surtout dans les temps où nous vivons ; le manque d’éducation, par contre, est une lacune qu’il faut à tout prix combler. Il faut en employer les moyens dès le petit Séminaire.

4. — La bonne éducation est un moyen de rendre la vertu l^lus sympathique et le ministère plus fructueux.

Ceci découle de nos considérations antérieures. On aime davantage ce qui plaît ; on accomplit plus volontiers un devoir qui paraît moins difficile ; on accepte-mieux des conseils qui vous sont aimablement donnés.

Savoir présenter les choses, les rendre sympa-

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thiques, user de manières délicates pour les faire pénétrer plus profondément dans les esprits et dans les cœurs : c’est rendre les efforts plus efficaces et arriver plus sûrement au but.

La religion n’a pas que des attraits, la vertu réclame des efforts généreux, la pénitence, en soi, n’a rien de séduisant, la fidélité au devoir impose de continuels renoncements, le royaume des cieux souffre violence. Pour faire accepter tout cela, le Prêtre doit le rendre agréable, et, s’il se peut, attrayant.

Si le Prêtre se fait aimer par la cordialité de, ses manières, s’il met dans ses relations du savoir-faire et du savoir-vivre, s’il sait donner une teinte de distinction à ses paroles et à ses actes, il sera mieux écouté et il gagnera plus facilement les cœurs.

La bonne éducation mise ainsi au service du ministère sacerdotal est une arme de salut dans les mains du Prêtre. Il est désirable qu’elle devienne une note caractéristique dans les rangs du Clergé.

5. — Le manque de bonne éducation diminue le L>^estige du Prêtre et devient un obstacle à son zèle.

Ce qu’on honore avant tout dans le Prêtre, c’est sa vertu. On s’attend à trouver la sainteté

là OÙ Ton rencontre le Sacerdoce. Mais on désire aussi voir le Prêtre entouré d’une certaine auréole de noblesse et de dignité qui convienne à l’honorabilité de sa position. Si cette auréole fait défaut, le prestige du Prêtre en est amoindri.

Les fidèles veulent que tout soit irréprochable dans un Prêtre, jusque dans ses manières, ses paroles, son maintien, ses procédés ; ils exigent chez lui un vernis d’éducation qui leur semble, à bon droit, convenir admirablement à sa dignité personnelle et à ses fonctions ; s’ils ne trouvent pas cette bonne éducation, ils sont déçus et le Sacerdoce leur paraît diminué.

Mais ce sont surtout les indifférents, les négligents, les mondains qui sont exigeants. Il leur faut des prêtres « qui leur aillent », qui leur soient sympathiques, qui ne blessent en rien leur susceptibilité et qui ne s’offensent pas eux-mêmes de leurs réparties et de leur opposition. Il suffit qu’ils constatent qu’un Prêtre n’est pas «bien élevé », comme on dit, ou qu’il ait des manières brusques, ou qu’il emploie des procédés vulgaires, ou qu’il n’ait cure des convenances et des délicatesses, pour qu’ils soient disposés à s’en écarter.

Le manque d’éducation peut aussi nuire considérablement au zèle du Prêtre. Il voudra sanctifier et sauver les âmes, mais il rencontrera de sérieux obstacles dans les habitudes malheu-

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reuses dont il ne se sera pas défait et dans Fabsence de bonne éducation qu’il n’aura pas acquise en son temps.

La bonne éducation ne s’invente pas subitement, elle s’acquiert.

Avec la vertu, la science et le zèle, que tous les aspirants au Sacerdoce la cultivent soigneusement.

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