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Le sérieux de la vie

Rien n’est grand comme d’être honoré du Sacerdoce. Il s’agit de passer sa vie à traiter des choses les plus sacrées, à s’occuper des intérêts de la gloire de Dieu sur la terre, à travailler sans relâche à purifier, sanctifier et sauver les âmes. En lui-même, ce ministère comporte de la grandeur et de la solennité. Pour l’accomplir dignement, il faut établir son âme dans un état habituel de réflexion et de prière, de sérieux et de gravité.

Il ne doit y avoir rien de léger, de frivole, d’inconsidéré dans la conduite du Prêtre. Il ne peut se contenter d’être Prêtre seulement à l’au-

tel et dans Texercice de son ministère. Son Sacerdoce est imprimé dans son âme et il le porte partout. Il ne peut être aujourd’hui le Prêtre de Jésus, et demain Thomme du monde. Il ne peut paraître un jour comme l’envoyé de Dieu, et un autre jour renier sa mission. Il ne peut être docteur dans la chaire de vérité, et ensuite ignorer pratiquement ce qu’il aura enseigné. Il n’est pas sauveur au confessionnal, sacrificateur à l’autel, seulement pour le temps de l’absolution et de la sainte Messe ; mais il doit apporter partout au service des âmes la même dignité et la même pureté de vie.

Celui dont les fidèles écoutent les exhortations, aux pieds duquel ils s’agenouillent pour confesser leurs péchés, à qui ils s’unissent dans l’adoration à l’heure de l’immolation de la divine Victime, est trop grand à leurs yeux pour qu’il ne reste pas toujours dans les hauteurs où son Sacerdoce l’a placé.

Que le Prêtre ne l’oublie jamais : ses fonctions sacrées, comme son caractère, l’obligent à se montrer partout et toujours le Prêtre de Jésus. C’est-à-dire qu’il doit avoir conscience de sa dignité et la respecter, et que les âmes ne puissent

rien remarquer en lui qui ne soit sacerdotal.

Sans être triste, qu’il soit grave ; sans paraître sévère, qu’il soit recueilli ; sans cesser d’être aimable, qu’il soit pondéré dans ses paroles et

mesuré dans ses manières ; sans vivre dans Tisolement, qu’il soit réservé dans ses relations ; sans rester complètement étranger aux choses de ce monde, qu’il évite de s’en occuper avec ardeur ; sans refuser de se prêter à des délassements honnêtes, qu’il fuie les spectacles et les réunions mondaines. En un mot, sans se draper dans une fausse dignité et sans observer un éloignement systématique et exagéré des choses de ce monde, que son attention se porte sur le devoir qui lui incombe : se montrer en tout et envers tous le digne représentant de Jésus son Maître.

Quand on a dit d’un Prêtre : « ah ! c’est un Prêtre sérieux », on a tout dit, car cela veut dire : c’est un vrai Prêtre.

Si par malheur on dit d’un autre qu’il n’est pas sérieux, on fait entendre que, dans sa vie, il y a un mélange qui ne fait pas honneur à son Sacerdoce.

On ne se fait pas Prêtre pour avoir ensuite toutes les libertés, pour se permettre tous les délassements, pour employer une partie de son temps dans des occupations étrangères à son Sacerdoce. Qu’on y réfléchisse à l’avance : un Prêtre est un homme de devoir et de sacrifice, qui ne vit que pour les choses du ciel.

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