Le zèle des âmes
Le Prêtre doit exceller dans le zèle des âmes, Jésus ne lui a pas donné une mission temporelle, mais spirituelle. Cette mission peut prendre des formes diverses d’apostolat, mais il n’en est aucune qui ne doive comporter le zèle des âmes.
C’est pour les sauver que Jésus s’est incarné, c’est pour continuer cette œuvre de salut qu’il a institué le Sacerdoce. Si l’on ne se sentait au cœur ce zèle, avant de gravir les degrés du
sanctuaire, il vaudrait mieux rester en arrière et ne pas se charger d’une responsabilité qui réclame un zèle infatigable et un dévouement sans bornes.
Il n’y a pas de raison d’imposer des limites à son zèle, quand on connaît les immenses besoins des âmes. Le Prêtre n’a pas le droit d’en restreindre l’étendue, pas plus que d’en méconnaître la nécessité. Il faut aux âmes un guide, un conseiller, un médecin, un sauveur. Lors même qu’il n’irait pas vers elles, les âmes viendraient vers lui.
De la manière dont il les accueillera, dans la mesure où il se montrera condescendant et dévoué, elles lui exprimeront de la reconnaissance et de la confiance. Le zèle rend attentif, bienveillant, bon, patient, miséricordieux : les âmes en sont réconfortées, et elles suivent volontiers la direction de celui qui leur porte intérêt ; elles sont portées à accorder toute leur confiance au Prêtre qui leur témoigne un zèle vraiment surnaturel.
Par ses qualités naturelles le Prêtre peut exercer une influence humaine, mais cette influence est secondaire, et ni le Prêtre ni les âmes ne peuvent s’en contenter. C’est son Sacerdoce qui doit rayonner dans le Prêtre ; c’est par les grâces de son Sacerdoce qu’il doit agir sur les hommes ; c’est en apparaissant l’apôtre infatigable des âmes
io3
qu’il fera comprendre et accepter le rôle providentiel qu’il a le devoir de remplir dans la société.
Si ce zèle lui fait défaut, les fidèles n’ont qu’une confiance limitée. Le cœur sacerdotal que n’anime pas l’amour des âmes est un cœur fermé au dévouement ; lés âmes en sont froissées et scandalisées, et c’en est fait de l’influence morale et spirituelle du Prêtre.
Pensons à l’avance aux conséquences terribles de la négligence du salut des âmes dans un Prêtre ; ne nous exposons pas à rendre un jour notre Sacerdoce infructueux.