La science ecclésiastique
L’étude et la connaissance de l’Evangile n’excluent pas les autres sciences, mais elles leur servent de base, de lumière et de règle.
CE QUI FAIT LE PRÊTRE UTILE A l’ÉGLISE II9
A cause de sa situation et de son ministère, le Prêtre est appelé à développer les vérités de la foi, à les mettre dans un jour plus vif, à les défendre contre les erreurs et à en prouver l’accord avec les lumières de la raison. De plus, pour être à la hauteur de sa mission, il lui faut savoir discourir sur tous les sujets de science, d’histoire, de spiritualité, de dogme et de morale qui sont du domaine de ce qu’on appelle les sciences ecclésiastiques.
Tous ne sont pas appelés à s’en servir également, personne néanmoins ne doit en être ignorant. L’Eglise a besoin de savants, de docteurs, d’apôtres et de défenseurs ; concourir à la servir par la science, tout autant que par la vertu, c’est lui être grandement utile.
Voilà l’intention surnaturelle et la fin première que doivent se proposer tous ceux qui se livrent
à des études ecclésiastiques. Outre qu’une semblable disposition d’esprit les aidera puissamment dans leurs travaux, ils y trouveront une sauvegarde contre la tentation d’études étrangères, peut-être parfois plus attrayantes, mais moins conformes à leur état et aux services qu’ils pourraient rendre à l’Eglise.
Il est un danger fréquent dans la vie apostolique du Prêtre : c’est celui de se donner avec tant d’ardeur aux œuvres de zèle, qu’il néglige considérablement, et parfois totalement, toute
étude et même toute lecture sérieuse. Un semblable ministère manque d’ordre et de pondération. Qu’un Prêtre passe un temps prolongé dans un semblable tourbillon d’activité extérieure, et il aura ensuite toutes les difficultés pour se remettre à l’étude.
Nous ne voulons point parler de ceux qui se laissent aller à la paresse, qui perdent le goût de l’étude, ferment volontairement leurs livres et les laissent se couvrir de poussière. Ces Prêtres sont coupables et s’exposent à tous les dangers dont l’oisiveté et la paresse sont la source.
Que d’esprits vides de toute science sérieuse, qui pourtant auraient été aptes à l’acquérir ! Que d’intelligences quasi atrophiées, qui ne produisent plus rien pour l’Eglise et les âmes ! Que de beaux talents perdus par des habitudes de vie naturelle et sensuelle !
Comme il faut déplorer ces lacunes et ces plaies dans le clergé ! Mais aussi comme il est important de les prévenir de bonne heure et de montrer aux aspirants au Sacerdoce que l’acquisition de la science ecclésiastique est une partie intégrante de leur vocation et qu’ils doivent s’y adonner avec ardeur !