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CHAPITRE QUATRIÈME

Ce qui fait le Prêtre utile à TE^lise

1 • — La saine doctrine de V Evangile.

Jésus a confié le dépôt de la foi à son Eglise ; c’est d’elle qu’il faut apprendre les vérités de la religion, recevoir les enseignements du Maître, acquérir la science du salut et obtenir l’honneur de l’enseigner aux autres.

Les Prêtres sont placés au premier rang pour connaître cette doctrine divine et pour s’en faire ensuite les docteurs et les apôtres. Par leur Sacerdoce, ils reçoivent la mission de prêcher l’Evangile dans le monde entier. Docete, leur dit l’Eglise après Jésus, docentes servare omnia quæcumque mandavi vobis ^ ; ouvrez l’Evangile, vous y trouverez la vraie doctrine, celle que le Sauveur du monde a enseignée Lui-même et qui doit être la règle inflexible de toute science et de tout enseignement.

En effet, il ne s’agit pas pour le Prêtre d’enseigner des choses nouvelles, d’émettre des théories plus ou moins hasardées, de s’évertuer à développer des thèses peu conformes aux vérités chrétiennes, de prêcher des sujets « à la mode» et

1 Mat., XXVIII, 20.

CE QUI FAIT LE PRÊTRE UTILE A l’ÉGLISE

de se plier à ce mouvement inconsidéré d’idées et d’opinions qui ont cours dans le monde. Il a autre chose à faire que de paraître un Prêtre « moderne », comme on l’appelle, qui suit les opinions de son siècle et se plaît à prêcher des nouveautés.

Si, dans des cas particuliers, il est obligé de traiter des sujets connexes, il doit le faire en ramenant tout aux vérités de l’Evangile, mais en ne faisant jamais plier les enseignements évangéliques aux exigences d’une science étrangère quelconque.

Le Prêtre sera d’autant plus savant dans la science sacerdotale, qu’il possédera davantage l’Evangile. L’Evangile doit être son livre par excellence ; il est tenu d’y venir puiser sans cesse pour lui et pour les autres, d’en faire l’arsenal de sa science et la base de son enseignement.

Il n’est Prêtre que pour servir son Maître. C’est dans l’Evangile que Jésus lui parle ; qu’il se mêle au groupe des Apôtres et qu’il recueille avec respect, comme eux, toutes les paroles qui tombent des lèvres divines, qu’il n’en perde aucune, qu’il les étudie et les médite, qu’il en remplisse son esprit et son cœur, qu’il en savoure la douceur et la sainteté, qu’il en vive et qu’ensuite il porte aux autres la lumière et la vérité, l’esprit et la vie qu’elles contiennent.

Un Prêtre qui ne connaîtrait pas l’Evangile et

ne le prêcherait pas, ferait peu de bien, perdrait beaucoup de temps, amuserait les âmes plus qu’il ne les sanctifierait.

Les beaux discours, les prédications <( à la profane » font plus de mal que de bien, car ils gâtent le goût des fidèles, leur donnent une conception fausse de la religion et n’inspirent aucune idée généreuse de réforme des mœurs et de pratique de la vertu.

L’Eglise est trahie plutôt que secondée par de tels apôtres. Ce dont elle a besoin, au contraire, ce sont des Prêtres fidèles à enseigner sa doctrine, qui s’en contentent et ne s’en écartent jamais, qui soient remplis de son esprit, qui pensent et parlent comme elle, et se préoccupent de transmettre aux âmes les enseignements qu’ellemême a reçus de son divin fondateur, lesquels sont consignés dans l’Evangile.

Dès qu’une vocation sacerdotale commence à se manifester, on devrait l’instruire de cette doctrine, lui mettre dans les mains les Saints Evangiles, lui en donner le goût et le culte, et la former ainsi de loin à la science fondamentale du Sacerdoce.

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