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Etudier soigneusement les sujets

Ce n’est pas parce que l’Eglise a besoin de Prêtres, qu’il est permis de les choisir à la légère. La vocation sacerdotale est trop élevée et

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le ministère exercé par le Prêtre est d^un ordre trop supérieur, pour que le choix des sujets ne soit pas fait avec un soin judicieux.

Si le nombre des Prêtres est nécessaire, leur qualité Test bien davantage. On ne dirige pas des jeunes gens vers le Sacerdoce, par le seul désir d’en faire des Prêtres. Il faut auparavant étudier les sujets, se rendre compte autant que possible des indices de vocation, de la piété, de l’intelligence, du caractère des enfants.

Le désir de « faire des Prêtres » est très louable, mais il faut reconnaître qu’il y a le danger de se laisser trop inspirer par ce désir et insuffisamment par les règles de la prudence et de la sa-

gesse. On pense qu’il est difficile d’avoir la certitude d’une vocation réelle dans les choix faits en bas âge, et on fait des essais. Et c’est précisément parce que cette difficulté existe, qu’il faut apporter plus de soin dans ses choix. Si l’on ne peut arriver à la certitude, il faut tout au moins avoir des données d’espérance assez précises, pour que la vocation ait un certain fondement dans le sujet et non pas seulement dans l’esprit et peut-être l’imagination de celui qui la fait surgir.

On se dit encore : actuellement, il est vrai, il y a peu d’indications de vocation dans Tenfant lequel a même beaucoup de défauts, mais, avec le temps, il se corrigera et pourra devenir plus tard

un bon Prêtre. La réflexion est spécieuse. Elle ne manque pas d'une certaine justesse, en ce sens que la vertu s’acquiert avec le temps et qu’on peut toujours se corriger de ses défauts ; néanmoins, il ne serait pas sage de n’avoir que des signes négatifs pour faire fond sur une vocation, il faudrait au moins qu’à côté des notes défavorables il y en ait d’autres qui les contrebalancent et laissent une espérance positive de vocation.

Les vocations doivent être l’objet d’une étude attentive. Il s’agit d’un choix à faire, et non pas de prendre le premier venu qui se présente. Or, dans tout choix, il y a examen ; on pèse le pour et le contre, on établit des parallèles et des comparaisons, on remonte aux principes et on descend aux conséquences, on considère le but et les moyens de l’atteindre. Dans le cas actuel, il est nécessaire de mettre en jeu le surnaturel et le naturel ; le surnaturel, en se mettant en face de l’excellence de la vocation sacerdotale qui est un appel divin pour des fins divines ; le naturel, en cherchant à découvrir dans l’enfant les qualités, les aptitudes et les vertus correspondant à cette vocation.

Du moment qu’on ne prend pas tous les enfants pour les conduire au Sacerdoce, on ne doit choisir que ceux qui semblent appelés et qui réunissent les conditions voulues pour donner des espérances fondées de persévérance.

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3. — N* avoir en vue que la gloire de Dieu et le bien des âmes.

Il serait illogique, et même coupable, d’avoir d’autres vues dans le choix des vocations sacerdotales. Le Prêtre n’a pas de raison d’être en dehors de la fin pour laquelle il existe : la gloire de Dieu et le bien des âmes.

Nous ne parlons pas de ceux qui pourraient agir en vue d’une fin mauvaise ; il seraient des sacrilèges. Mais il peut se rencontrer des motifs humains, naturels, intéressés, temporels, qui vicient le choix à son origine.

C’est un honneur pour une famille d’avoir un Prêtre dans son sein ; mais cet honneur est d’ordre surnaturel, comme le Sacerdoce lui-même. Si on le considérait comme un honneur purement humain, par le fait qu’il élève à un rang temporel supérieur, le motif n’aurait rien de la pureté d’intention qui s’impose dans le choix d’une vocation où tout doit être exclusivement surnaturel. Ce danger peut se rencontrer plus facilement dans les familles de basse condition et peu chrétiennes. Aussi, doit-on se tenir en garde contre les avances de vocation qui seraient entachées de telles ambitions humaines.

Il faut davantage se méfier des vues d’intérêt matériel, dans la question des vocations sacerdotales. Désirer voir son enfant arriver au Sa-

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cerdoce pour en retirer un profit pécuniaire et s’assurer une certaine aisance temporelle, ce serait avoir un motif vil et indigne.

Le Prêtre n’est pas Prêtre pour sa famille, mais pour les âmes. La question d’intérêt temporel ne doit jamais être soulevée dans le choix des vocations ; et si, sans être exprimée, elle est au fond le motif inspirateur, il est important de savoir la découvrir et la combattre.

D’une manière générale, le motif de plaire aux parents doit être écarté dans l’étude et le choix des vocations sacerdotales ; sans quoi, on s’expose à voir plus tard des Prêtres « déclassés » qui, poussés au Sacerdoce par le désir immodéré et injustifié des parents, n’y sont pas heureux et se sentent inférieurs à leur tâche.

Que tous ceux qui s’occupent de vocations sacerdotales procèdent donc toujours dans leur choix par des vues purement surnaturelles, sans se laisser influencer par les parents ni par aucune autre considération que celle de procurer à Jésus des Prêtres dignes de Lui, de donner à l’Eglise de saints auxiliaires et de fournir aux âmes des apôtres zélés de leurs intérêts éternels.

4. — Faire naître la [censée et le désir de la vocation sacerdotale chez les enfants.

Les zélateurs du Sacerdoce ne peuvent s’attendre à trouver des vocations «toutes faites»,

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ni à remarquer toujours chez les jeunes enfants et les adolescents des indices évidents de vocation. Il ne suffit même pas de constater des qualités dintelligence et de piété qui paraîtraient indiquer une vocation ; il faut encore orienter ces qualités vers le but désiré et savoir inspirer la pensée et le désir de la vocation sacerdotale.

Faute d’être éclairés, inspirés et guidés, bien des enfants n’ont pas d’eux-mêmes la pensée d’une vocation aussi sublime. Soit ignorance, légèreté, irréflexion ou même humilité, l’idée du Sacerdoce ne leur vient pas, ou elle est tellement imprécise dans leur esprit qu’ils ne s’y arrêtent pas. Il suffit parfois d’un mot pour attirer leur attention et les faire réfléchir. Il faut, en outre, les aider dans leurs réflexions, leur faire entrevoir la beauté et les saintes fonctions du Sacerdoce, les inciter à prier à cette intention et considérer avec eux les motifs et les raisons de l’appel divin.

Naturellement, c’est aux enfants pieux qu’on doit d’abord s’adresser. En leur suggérant des idées de vocation, on les observe et on se rend

compte de l’écho que les paroles et les conseils trouvent dans leur cœur. C’est le rôle surtout du Prêtre, mais aussi de tout parent chrétien, de tout éducateur de la jeunesse, de toute âme pieuse et zélée.

De nos jours, le Clergé se recrute surtout dans

la classe pauvre et bourgeoise de la société ; la classe supérieure, celle des riches et des nobles, fournit peu de Prêtres à TEglise. C’est une lacune regrettable, et j’oserais dire, une injustice : injustice à l’égard des familles, qui ont droit autant que les autres à cette dignité et à cet honneur surnaturels ; injustice à l’égard de la société et des âmes, qui réclament de leur part le même secours spiritpel qu’elles reçoivent des autres classes de la société*

Il y a, par ce fait, un apostolat à exercer auprès des enfants de «bonne famille», en les attirant au Sacerdoce et en les cultivant soigneusement dans ce but.

Le Sacerdoce est le même pour le riche et pour le pauvre, pour le grand et pour le petit. Tous deux sont honorés de la même manière et élevés à la même dignité. Cultivons avec le même zèle la vocation des uns et des autres, et faisons-en l’objectif sacré de notre apostolat.

5. — Tenir comj^te du temf>érament des enfants et de la moralité des parents.

Quoique la vocation sacerdotale soit avant tout une affaire d’âme, elle a néanmoins des ramifications et des aspects secondaires qu’il ne faut point méconnaître.

Si l’enfant que l’on croit appelé au Sacer-

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doce doit être soigneusement examiné quant à la vertu, à Tintelligence, au caractère et à la piété, — il doit Têtre également dans son tempérament. Le tempérament se manifeste de bonne heure et il indique déjà quels seront les penchants, les défauts et les qualités du sujet. 11 est utile de se rendre compte si le tempérament doit être plus tard en harmonie avec la dignité et les fonctions sacerdotales.

Selon le tempérament, on devra parfois tenir plus longtemps en observation les sujets sur lesquels on fonde des espérances de vocation, afin d'agir avec plus de sécurité et de s’exposer à moins de déceptions.

Mais une chose plus importante encore, qu’il ne faut à aucun prix négliger, c’est la moralité des parents. L’atavisme est toujours à redouter, et les nombreuses expériences en ce genre doivent nous rendre circonspects et méfiants ; faute de quoi, on réserve à l’Eglise bien des déshonneurs et aux âmes bien des causes de scandale.

Sans doute, il y a des exceptions ; mais lorsqu’il s’agit de la vocation au Sacerdoce, a-t-on le droit de compter sur les exceptions? Ne seraitce pas plutôt une souveraine imprudence de ne point considérer la conduite, la mentalité, la moralité des parents, la manière dont ils ont élevé leurs enfants et les exemples bons ou mauvais qu’ils leur ont donnés.

LA VOCATION SACEfttMDTALÊ

L'enfant qui, depuis son bas âge, aurait été témoin de l'inconduite et de l'irréligion de son père ou de sa mère, pourrait en conserver un souvenir de nature à développer chez lui la même mentalité et les mêmes passions. De même, il faut reconnaître que, par la génération^ les parents transmettent souvent à leurs enfants les principes bons ou mauvais de vertu ou de vice dont ils se font une habitude.

En règle très générale, c'est dans les familles chrétiennes qu'il îFaut aller chercher des vocations. On ne peut jamais entourer une vocation sacerdotale de trop de précautions, et l'honorabilité ainsi que l'esprit chrétien des familles est une de celles qu'il faut apprécier le plus.

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