‹ La Vocation SacerdotaleChapitre 51 sur 62 · Iml^ortance de la {première orientation · texte numérisé non relu

Iml^ortance de la {première orientation

L’importance de préparer avec soin les vocations sacerdotales à leur sublime mission ne fait de doute pour personne. Mais à quelle époque de la vie doit commencer cette préparation ? Faut-il attendre que le jeune homme soit entré dans son adolescence et qu’il ait commencé à prendre conscience de lui-même, ou y a-t-il une autre préparation plus éloignée à apporter à l’édification d’une si grande œuvre ?

Telle est la question qui se pose. Tout est important de ce qui regarde une vocation au Sacerdoce. C’est pourquoi il ne faut rien négliger des moyens surnaturels et autres pour assurer le succès de si précieuses espérances. On ne peut nier que, pour être plus négatifs, les moyens employés presque à l’insu de l’enfant ont quand même leur valeur ; bien plus, souvent ils en ont davantage que ceux employés plus tard, lorsque le sujet est moins souple à la direction donnée et qu’il est déjà en lutte avec des passions naissantes.

On ne peut objecter que l’enfant, inconscient

de Faction exercée sur lui, n’en profitera pas et que, si vraiment il est appelé au Sacerdoce, il y arrivera d’une manière ou d’une autre, lorsqu’il pourra se diriger lui-même. Faux raisonnement que l’expérience contredit chaque jour.

Ce n’est pas ainsi qu’agit le jardinier à l’égard d’une plante qu’il sait devoir devenir un grand arbre ; il en a soin, il la cultive attentivement, il la préserve des feux du soleil et de la violence des vents, il l’arrose régulièrement et il y met un tuteur pour la soutenir, précisément pour l’aider à croître et pour qu’elle prenne de fortes racines qui lui permettront ensuite de se soutenir elle-même.

Ce n’est pas ainsi que la mère traite l’enfant qu’elle vient de mettre au monde. Quoiqu’elle sache que, suivant les règles ordinaires de la nature, il grandira et deviendra un homme, elle agit comme si tout dépendait des soins assidus qu’elle donne à son nouveau-né.

Lorsqu’il s'agit de la vocation sacerdotale, il n’en est pas autrement. Il faut s’en préoccuper dès le bas âge et, pour cela, développer chez l’enfant les tendances à la piété et à la vertu, l’orienter de bonne heure vers les choses de la religion, le préserver du contact des mauvaises influences, lui donner le goût des choses saintes et favoriser de toute manière les bons sentiments qui naissent dans sa petite âme.

Sans doute, ce n’est pas cela quî fait la vocation, mais c’est ce qui aide à la faire éclore, en ce sens que, lorsque la première pensée en viendra à l’enfant, son âme sera préparée à la recevoir et disposée à l’accueillir.

Supposons que cette pensée de la vocation sacerdotale, soit qu’elle naisse d’elle-même dans l’esprit, soit qu’elle soit suggérée par une cause extérieure, se présente un jour à une âme peu portée à la vertu et qui n’a pas été élevée pieusement. Qu’arrivera-t-il? Cette pensée ne la frappera nullement, elle ne sera ni comprise ni appréciée et, pour qu’elle puisse produire son effet, il faudra faire alors le travail de préparation qui aurait dû être fait auparavant, outre le risque de ne point arriver au résultat.

Attendre l’adolescence pour cultiver dans l’âme la pensée, l’attrait et le désir de la vocation, ce sera souvent arriver trop tard, ou tout au moins imposer un double travail, compromis peut-être déjà par les mauvais penchants et l’éveil des passions.

Pensons qu’il s’agit d’offrir à la vocation, si elle se manifeste un jour, un terrain préparé et déjà ensemencé d’attraits pour la piété et de pratique des petites vertus.

Lorsqu’on réfléchit à la flexibilité de l’enfance pour prendre une formation et se plier à une

direction quelconque, on conçoit rimportance d’agir dès le bas âge sur ces petites intelligences et ces cœurs simples pour les orienter vers le bien. Faisons donc tout ce qui dépend de nous pour favoriser dans l’enfance les vertus et les penchants en harmonie avec un appel possible à la vocation sacerdotale.

2. — La fréquentation des Sacrements et la dévotion à la Sainte Vierge,

Pour correspondre à cette première grâce, il faut que l’enfant qui aspire au Sacerdoce ou chez lequel on cherche à développer cet attrait soit pur et pieux. La vertu angélique est une vertu essentiellement sacerdotale ; la piété est l’auréole dont le Prêtre entoure toutes les fonctions de son Sacerdoce.

Le plus efficace des moyens pour se conserver pur comme pour acquérir une piété solide est la fréquentation des Sacrements. La confession purifie l’âme de plus en plus et lui communique chaque fois la grâce sacramentelle ; la communion lui inocule surabondamment la vie divine et permet à Jésus d’exercer en elle son action directe et personnelle.

Ce contact entre Jésus et l’âme, qui s’établit par les Sacrements, est toute une école de lumières, de bons sentiments, d’attraits surnaturels, de moyens de défense contre l’ennemi.

d’afFermissement dans le bien, de saints désirs et de généreuses résolutions. L’enfant qui y demeurera fidèle gardera avec soin le dépôt de ses premiers attraits de vocation, et trouvera la force de combattre les mauvaises influences qui pourraient leur porter atteinte.

Il est une autre source de grâces à laquelle doit venir puiser l’enfant pieux : la dévotion à la Sainte Vierge. Cette dévotion est pleine d’attrait et de douceur ; les jeunes cœurs y sont portés d’instinct, ils vont à Marie avec tendresse et enthousiasme, comme un enfant va à sa mère.

Marie prend particulièrement sous sa protection l’âme des futurs Prêtres ; c’est à elle qu’il appartient plus particulièrement de les former, en raison de l’union étroite qu’ils contracteront plus tard avec Jésus et de la similitude de caractère et de mission avec son Fils, dont ils seront honorés.

Confions à Marie les enfants que nous voudrions voir Prêtres un jour. Sous la tutelle maternelle de cette divine Mère, ils seront préservés et affermis. Développons en eux le culte de Marie à l’égal de leur amour envers l’Eucharistie, et nous mettrons en œuvre les deux moyens les plus puissants de conserver et de faire éclore, à l’heure marquée par Jésus, ces vocations sacerdotales de désir et d’espérance.

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