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Par la f)iété solide

L’institution des Séminaires est une des plus importantes de l’Eglise. Elle est nécessaire à la formation des Clercs, pour qu’ils deviennent des Prêtres dignes de leur vocation, à la hauteur de leurs sublimes fonctions, remplis de l’esprit de leur état, utiles à l’Eglise et aux âmes.

Pour toute fonction importante quelconque, il faut une préparation sérieuse adaptée à la nature et à la fin de cette fonction. La préparation s’impose d’autant plus que la mission à remplir est plus élevée et plus grave en conséquence. Or, il n’en est pas de supérieure en dignité et en résultat à celle que reçoit le Prêtre au jour de son Ordination ; mission qui consiste à tenir la place de Dieu dans l’humanité et à se faire, par la vertu de son Maître, l’éducateur, le médecin et le sauveur des âmes.

Grande et sublime est la vocation de ceux qui sont appelés à la formation des Lévites du Sanctuaire ! Ils font auprès des futures âmes sacerdotales ce que Jésus faisait auprès de ses Apôtres.

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Ils ont à former d’autres Christs ! Quels ne doivent pas être leur pureté, leur science, leur sainteté, leur zèle et leur charité !

Pour apprendre aux autres, ils doivent savoir ; pour donner, ils doivent posséder ; pour faire des saints, ils doivent être saints ; pour former des Prêtres, ils doivent être eux-mêmes des modèles de perfection sacerdotale.

Les méthodes d’enseignement peuvent varier, mais la formation intérieure de l’âme sacerdotale repose sur des principes invariables. Laissant de côté la question des études et des sciences diverses qu’il convient d’enseigner aux Séminaristes, nous ne considérons ici que la partie spirituelle de la formation cléricale, la plus importante puisqu’ellé est la base et la sauvegarde ^e l’autre.

La formation cléricale commence au petit Séminaire, pour se terminer au grand. Dès qu’un élève se destine au Sacerdoce, il doit être entouré de soins, d’attentions et de secours en rapport avec sa vocation. Le temps des études au petit Séminaire est comme un premier noviciat, où l’aspirant essaie ses forces, mûrit ses idées, développe ses attraits, fortifie ses résolutions et se prépare, par la pratique des vertus, à son entrée au grand Séminaire.

Dans ce second asile lévitique, le séminariste met la dernière main à sa formation ecclésias-

tique, il étudie de plus près sa vocation, se pénètre de son esprit, se revêt des vertus de son état et, d'ascensions en ascensions, gravit les hauteurs de la perfection en même temps que les degrés du sanctuaire, jusqu’au couronnement suprême du Sacerdoce.

En face d’une œuvre si grande à accomplir, d’une cime si élevée à atteindre, d’un état si sublime à embrasser, d’une mission si divine à remplir, quelle est Tâme qui n’éprouverait le besoin de s’appuyer sur la grâce et d’établir ce long travail de formation sur une piété profonde et solide ?

La simple dévotion ne suffit pas — et encore moins les dévotions — à quelqu’un qui, par vocation, est destiné à devenir un saint.

Une religion extérieure et de surfiace est inopérante, quand il s’agit de former en soi des vertus solides qui résistent aux attaques ennemies et servent de fondement à l’édifice de la perfection.

Une piété d’imagination et de sensibilité n’est pas de mise dans un état où le sérieux de la vie réclame de la réflexion et de la consistance dans la pratique de la vertu.

Une piété intermittente, qui suit les impressions du tempérament et les caprices du caractère, n’est pas apte davantage à affermir les bonnes résolutions et à consolider la vocation.

La piété est indispensable, mais une piété

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sérieuse, réfléchie, solide, éprouvée ; ^une piété raisonnée, qui est l’effet d’une conviction et le résultat de la compréhension de la vocation ; une piété résolue, à l’abri des hésitations et des influences contraires ; une piété constante qui est liée à la grâce de la vocation; une piété de fond qui est la vie de Tâme.

La piété est la première condition qu’il faut exiger d’un séminariste. Attendre qu’elle vienne, c’est attendre une manifestation essentielle de la vocation. Si elle est faible à l’origine, il faut bien vite la développer et la fortifier. Tout ce qui ne serait point établi sur une piété solide, serait sans consistance et pourrait aisément se tourner contre la vocation elle-même.

Des séminaristes sans piété ne sont et ne peuvent devenir des candidats au Sacerdoce. Ils sont déjà en oj^position formelle avec ce qu’ils espèrent devenir. S’ils étaient ordonnés dans ces conditions, ils ne se maintiendraient pas à la hauteur de leur vocation et ils deviendraient la honte du Sacerdoce.

Un Prêtre sans piété est en contradiction flagrante avec son état ; il fait plus de mal que de bien.. N’attendons pas, pour le constater, qu’il soit trop tard.

C’est au Séminaire que les directeurs doivent se rendre compte du degré de piété des candidats. Un séminariste qui n’est pas foncièrement

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pieux, manquera tout à Theure de la force nécessaire pour résister aux tentations, supporter les épreuves et faire les sacrifices qui se rencontreront dans son ministère. Avec la piété, on se sauvegarde, on recourt à la prière, on se nourrit Tâme de saintes considérations, on se maintient dans Tesprit surnaturel ; sans piété, on se relâche, on recourt aux moyens humains, on se laisse vite décourager, on vit d’une manière naturelle dans un état qui ne demande que du surnaturel.

Comment s’étonner, dès lors, des conséquences désastreuses du manque de piété solide dans le Prêtre, pour lui-même et pour les fidèles ?

Développons la piété dans l’âme des Lévites ; c’est une nécessité de vocation.

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