IV. — ORGANES GENITAUX DE LA FEMME
A. Vagin. Ulérus.— J'ai déjà indiqué ce que d’après moi il convenait de faire pour certaines fistules recto-vaginales. Je n'y reviendrai pas.
Malgré l’observation qui suit, je crois que l'opération que je propose pour les prolapsus génitaux, peut rendre de grands services.
Prolupsus génitaux. — Certaines circonstances anatomo-pathologiques expliquent les prolapsus, ce sont: 1° l'insuffisance ou la déchirure du plancher pelvien;
2° La distension du vagin;
3° La rétroflexion utérine. :
L'opération idéale doit donc tendre à refaire le plancher pelvien, retrécir le vagin, mettre l'utérus en anteversion, de façon à ce que l'organe présente à la filière génitale son plus grand diamètre qui s’opposera à sa descente. Un fœtus qui se présente par un pole. sommet ou siège. sera facilement expulsé tandis que s’il se présente par son grand axe (présentation du tronc), l'accouchement sera impossible. 11 en est de même pour utérus en anteversion. |
Toutes les opérations pratiquées jusqu'ici ne peuvent prétendre à corriger simultanément les trois dispositions pathologiques favorisant le prolapsus. De plus, les colporrhaphies, les myorrhaphies des releveurs sont faites en milieu septique (cavité vaginale périnée, etc.).
Technique. ——- 1° Réduction du prolapsus;
2° Incision coccy périnéale;
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3° Isolement soigneux de la face postérieure du vagin et de la face supérieure des releveurs (temps très important) ; | 4 Colporrhaphie postérieure. L'index gauche est introduit dans le vagin, la main étant recouverte d’un gant de Chaput. Des points non perforants au catgut prenant toute la paroi postérieure du vagin, retrécissent la cavité vaginale à volonté (Fig. 5) sur toute la hauteur du conduit. Les catguts sont immédiatement coupés sauf les deux points supérieurs ;
Fig, à, — Prolupsus utérin. Colporrhaphie postérieure, Un fil est passé à travers le grand ligament sacro-Sciatique.
>" Myorraphie supérieure des releveurs et de l'aponévrose périnéale profonde. Les releveurs sont repérés en avant du rectum et rapprochés par des points au catgut, retrécissant à volonté l’orifice vulvañre:
6° Vaginopexie postérieure. — Les deux fils supérieurs retrécissant le vagin sont passés à l’aide d'une aiguille à travers le grand ligament sacro sciatique en son mieu. On attire ainsi en arrière le cul de sac postérieur et partant le col. Double-avantage: vagimopexie-hystéropexie et anteversion uté- rine. L'utérus bascule, en effet, en avant.
7° Drainage et suture pariétale comme d'ordinaire. Mon frère, le D’ Jean Fiolle, a dernièrement pratiqué cette opération.
OBSERVATION N°3 (Résumée)
Prolapsus utérin. Voie coccy périnéale. Infection. Septicemie. Escarres multiples. Malhide en traitement. M. AÀ., 43 ans, salle Cazaulx, n° 14, Hôtel-Dieu.
Antécédents: règles abondantes durant quinze jours chaque fois. Cinq enfants dont un à vingt-quatre ans. Le dernier, né 1l y a quatre ans, était un énorme bébé. Accouchements excellents. Pas de déchirures !
Le prolapsus débuta il y a quatorze ans. Cystocèle et abaissement du col. Depuis trois ans aggravation brusque.
Etat à l'entrée: cystocèle. utérus à mi-cuisse. Vaste ulcération de la lèvre antérieure du col. Douleurs vives du bas-ventre et des reins. Etat général très mauvais. Amaigrissement Déchéance physique prononcée.
Opérée le 6 février dernier (D' Jean Fiolle), incision coccy périnéale. Libération vagin. Colporraphie postérieure à la soie. Vaginopexie. Un seul point sur les releveurs. La plaie est refermée sans drainage.
Suite: Deux jours après, température. On désunit la plaie, suppuration, aspect noirâtre et gangreneux des tissus. Pansements à l’eau oxygénée puis au Baume du Comman-
deur. Fusées purulentes sous-cutanées. - Escarre sacrée. Escarre trochanterienne droite, loin de la plaie (1).
Désormais nous ferons les sutures au catgut et nous drainerons. |
B Tronpes-Ovaires. — Il est certains cas, comme se montre la belle observation que je dois à l’obligeance de mon Maitre, M. le Professeur Delanglade, ou des collections tubaires ou rétro utérines peuvent être abordées par voie coccy périnéale. |
OBSERVATION N° 4 (Résumée)
Collection tubaire ou rétro utérine? Colpotomie. Draindige insuffisant. Incision par voie coccy périnéale et drainage. Guérison. :
Mme C., 40 ans environ. Pas d’antécédents génitaux notables. Au mois de juillet, la malade fut prise de vives douleurs anales à la défécation. Au toucher, cul de sac postérieur douloureux et tuméfié: Température très élevée. M.’ Delanglade pratique le 14 juillet une colpotomie. Mais le drainage se faisait mal. Quelques jours après la température ne baissait pas et l'état général empirant nouvelle intervention par M. Delanglade.
| Incision coccy périnéale, recherche de la collection qui
est ouverte et largement drainée. Le pus venu sans doute du Douglas avait perforé le péritoine et fusé autour du rectum. Le sacrum présentait des lésions d’ostéite. Un drain fenétré fait communiquer le vagin et la plaie extérieure en passant par le foyer.
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(1) La malade vient de succomber à d'infection.
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Les suites furent assez longues. Mais peu à peu l’état général redevint bon, la plaie vaginale se ferma. La suppuration tarit et depuis deux mois et demi environ cette malade, dont l’état fut à un moment désespéré. est absolument guérie. Je l'ai revue aujourd’hui. Elle à engraissé. Elle m'a déclaré qu’elle était dans un état de santé aussi bon qu'avant sa maladie.
v Espace pelvi-rectu! supérieur. — Les abcès de la région sont justiciables, conune le montre d’ailleurs l'observation précédente dé l’incision coccy périnéale. Je crois toutefois que la partie gauche de lincision aflant de lischion au coccyx, peut suffire sans désarticulation sacro coccvgienne.