‹ La voie de la paix interieureChapitre 16 sur 119 · IL FAUT SERVIR DIEU · texte numérisé non relu

IL FAUT SERVIR DIEU

il est vrai, mais qui ne sont que des moyens et des accessoires , et qu'elles allient souvent avec des défauts considérables et volontaires , qu'elles ne se mettent nullement en peine de corriger. Souvent aussi elles s'imposent la nécessité de pratiquer certains actes, d'être dans des dispositions peu compatibles avec la faiblesse où nous a réduits le péché d'origine , dont elles semblent ignorer les tristes suites , malgré l'épreuve qu'elles en font tous les jours. Par exemple , l'exemption des distractions dans la prière , des tentations delà concupiscence, et de tous les instincts mauvais qui se développent involontairement dans nos âmes , leur paraît une chose qu'elles peuvent et doivent réaliser en elles ; parce qu'elles s'imaginent que pour bien servir Dieu il faut ne pas ressentir les atteintes des passions, tandis qu'au contraire on les éprouve quelquefois d'autant plus vives qu'on fait plus d'efforts pour les dompter. Elles semblent ignorer qu'elles portent en elles-mêmes comme deux personnes , le vieil homme ou l'homme de péché, qui n'est que corruption et malice, et qui, d'accord avec le démon, pour tâcher de les perdre , leur fait sans cesse une guerre cruelle , et Y homme nouveau, c'est-à-dire l'homme régénéré par la grâce , qui est obligé de vivre avec le premier, de sentir toute sa corruption , de supporter ses attaques, et qui trouve en tout cela même un excellent moyen d'avancer dans la vertu.

Par suite de cette ignorance elles se font une religion impraticable, et se mettent sur le chemin du désespoir, parce qu'il leur est impossible, malgré tous leurs efforts , d'accomplir les obligations chimériques qu'elles se sont imposées; mais en même temps, par une contradiction bizarre, elles refusent souvent à Dieu ce qu'il leur demande avec le plus d'instance :

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