COMMENT
le sacrifice de leurs théories insensées à l'autorité des ministres qu'il a chargés de les conduire. De telles âmes végètent pendant des années dans un état déplorable, travaillant beaucoup, souffrant encore davantage, sans en retirer presque aucun fruit ni de progrès ni de mérites, parce que leur volonté propre se trouve au fond de presque tous leurs sacrifices , et en ôte le prix aux yeux de Dieu. Elles ne le servent pas comme il veut être servi , elles se t'ont de lui l'idée la plus fausse et la plus injurieuse à sa bonté : tantôt se le représentant comme un maître dur et terrible, toujours prêt à les frapper dans sa colère; tantôt le comparant aux maîtres de la terre, qui ne se paient pas de bonne volonté, mais qu'on ne saurait satisfaire qu'en leur offrant des ouvrages parfaits, et qui sont sans indulgence pour le pauvre serviteur dont tout le zèle n'a pu réussir à contenter leurs goûts. Figurez-vous un serviteur empressé, mais maladroit, qui serait toujours en mouvement pour faire tout autre chose que ce qu'on demande de lui, et ne suivrait que sa tête au lieu d'être attentif aux ordres de son maître : celui-ci aurait-il lieu d'en être fort content? Voilà cependant l'image fidèle des personnes dont nous montrons ici l'illusion. Le premier pas qu'elles ont à faire pour sortir d'une situation si malheureuse, c'est de travailler avec zèle, mais surtout avec docilité, à s'instruire de leurs devoirs et à se pénétrer des caractères d'une dévotion véritable; de bien comprendre surtout la condition de l'homme sur la terre, telle que le péché la lui a faite, afin de distinguer ce qui lui est possible de ce qu'il doit souffrir avec une humble patience, parce qu'il ne saurait l'empêcher. Elles doivent reconnaître que par le péché l'homme a perdu presque entièrement le