‹ La voie de la paix interieureChapitre 18 sur 119 · IL FAUT SERVIR DIEU · texte numérisé non relu

IL FAUT SERVIR DIEU

domaine qu'il avait sur ses facultés comme sur les êtres de la nature, que ce qui devait le servir est presque devenu son maître, et que la malice d'un ennemi acharné, le démon, vient encore ajouter à tous ses embarras domestiques. Il ne lui reste que son libre arbitre, au moyen duquel, avec l'aide de la grâce, il peut et doit, par de longs combats et de fâcheuses vicissitudes, comme nous l'expliquerons plus tard , reconquérir peu à peu ce qu'il a perdu. Mais en attendant il doit subir les fâcheux effets de son dénûment et les agitations de la guerre continuelle à laquelle il est en butte, en mettant plutôt son espérance dans le secours et la miséricorde de Dieu que dans les faibles efforts, qu'il doit faire cependant, pour résister à ses ennemis et satisfaire aux exigences du Seigneur, son maître légitime. Si c'est de lui-même et de ses trésors présumés qu'il veut tirer de quoi les satisfaire, il n'aboutira qu'au découragement, que produira enfin en lui l'épreuve trop souvent renouvelée de son impuissance.

Nous ne pouvons entrer ici dans le détail de toutes les erreurs dans lesquelles tombent, au sujet de la pratique de la vertu, les personnes dont nous parlons, ni discuter toutes les obligations chimériques dont elles surchargent la loi que Dieu impose à ses serviteurs : l'éclaircissement de la plupart de ces difficultés ressortira facilement de ce que nous dirons dans tout cet ouvrage, pour peu qu'elles veulent y réfléchir. Mais il est surtout dans la loi de Dieu trois préceptes qui devraient faire la consolation des âmes pieuses, et qui font trop souvent leur tourment, par les obligations qu'elles y ajoutent et les dispositions qu'elles s'imaginent devoir apporter à leur accomplissement, parce qu'il leur est impossible de réaliser

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