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CHAPITRE III

DE LA. CONFESSION SUIVANT LES RÈGLES DE L'INSTITUTION DIVINE : COM- BIEN CES RÈGLES SONT PROPRES A DONNER LA PAIX AUX AMES QUI LES SUIVENT.

La fin que Dieu s'est proposée en instituant le sacrement de pénitence, c'est- de donner aux consciences cette pureté qui est le premier fondement du salut et de toute perfection; de rendre par conséquent la grâce sanctifiante à l'âme qui l'avait perdue, de l'augmenter dans celle dont les fautes n'avaient pas été jusqu'à la séparer de l'amitié divine, et de la rétablir ainsi dans le calme et la paix. Ce sacrement est un remède accidentel dont on n'a à s'occuper que dans les cas où il devient nécessaire ou utile d'y recourir. Ce n'est point pour l'âme une nourriture habituelle, à laquelle elle doive penser plusieurs fois chaque jour.

Pourquoi donc ce sacrement devient-il pour certaines personnes '.me source intarissable d'inquiétudes et une préoccupation continuelle, comme si c'étail l'affaire de toute la vie, sinon parce qu'on dénature l'institution divine par des préjugés absurdes, et qu'on tourne le remède en poison , en s'imposant des obligations impossibles à remplir?

Pour prévenir un mal si funeste et guérir les âmes qui en seraient déjà attaquées, nous allons exposer d'une manière simple et précise les règles que l'on doit suivre dans la réception du sacrement de pénitence , en parcourant successivement les parties qui le constituent, la confession de ses fautes et l'examen qu'elle rend nécessaire, la contrition, le bon propos, et la satisfaction imposée par le confesseur.

I. Confession. — Distinguons d'abord l'accusation qui est nécessaire de celle qui est seulement convenable et par conséquent libre.

1° Accusation nécessaire. — Son objet est seulement tout péché mortel certain, avec indication du nombre, autant qu'on le peut raisonnablement connaître, et des circonstances qui changent l'espèce du péché, en lui donnant une opposition spéciale à une autre vertu, comme serait, par exemple, dans l'accusation d'un vol, la circonstance qu'il a été commis dans l'église. Pour celles qui ne font que rendre le péché plus grave dans la même espèce , comme serait ici la grandeur de la somme volée, l'opinion commune des théologiens graves et approuvés dans l'Église est que le pénitent n'a point à s'en préoccuper; il lui suffit de répondre aux interrogations que le confesseur jugerait utile de lui faire sur ce point. Quant aux péchés douteux, celui qui indiquera ce doute fera au delà de ce qui lui est rigoureusement prescrit; et s'il est sujet au scrupule, il devra même ordinairement s'abstenir d'en faire mention. — L'oubli d'un péché n'empêche pas qu'il ne soit pardonné , sauf à l'accuser dans la confession suivante s'il revient à la mémoire. Il n'y a jamais aucun retour à faire sur une faute accusée dans une confession valide. Voilà les limites exactes des devoirs que Dieu impose au pénitent pour l'accusation de ses fautes. C'est donc

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