B RÉSUMÉ
renoncé; car ce n'est pas là chercher Dieu pour luimême, c'est chercher son plaisir d'une manière déréglée, par un principe semblable à celui qui dirige les hommes sensuels : seulement on l'applique à des objets différents et moins dangereux. Enfin, la piété ne consiste point dans l'exemption des passions et des infirmités spirituelles qui découlent du péché d'origine, mais dans la lutte prudente et généreuse que nous soutenons contre ces ennemis domestiques pour les soumettre à la loi divine. Sa véritable nature ne peut être mieux rendue que par le mot dévouement, dont nous avons tiré dévotion : elle est le dévouement à Dieu, c'est-à-dire une soumission pleine de respect, d'amour et de confiance de la créature à son créateur, qui emporte l'obéissance à sa loi et l'accomplissement des devoirs qu'il impose à l'égard de lui-même, à l'égard du prochain et de celui-là même qui est soumis à cette loi. Cette soumission, et la piété par conséquent, a bien des degrés depuis la simple exclusion de la rébellion expresse ou du péché mortel, qui est nécessaire au salut, jusqu'à la plus haute sainteté. Les saints sont ceux qui ont excellé dans cette soumission et qui l'ont portée jusqu'à l'héroïsme. Ils nous sont proposés pour modèles, non en ce sens que nous devions tous atteindre au même degré de perfection, ou faire précisément les mêmes actions qu'ils ont fuites , car Dieu n'appelle pas tout le monde par les mêmes voies, ni au même degré de vertu; mais en ce sens que nous devons, chacun selon la mesure de ses forces, correspondre à la grâce qui nous est donnée, avec la même fidélité qu'ils ont mise à faire fructifier les talents confiés à leur diligence. La piété ainsi entendue est possible et utile à tous; elle est simple, constante, désintéressée; elle fuit l'ostentation et cache le bien qu'elle fait; elle ne cher-