DE L'EXAMEN DE CONSCIENCE
Elle renferme cinq points : remercier Dieu de ses grâces, demander ses lumières, examiner sa conscience, s'exciter à la contrition, former un ferme propos.
1° Remercier Dieu. Après s'être mis en la présence de Dieu, il faut se rappeler ses bienfaits et les comparer à nos ingratitudes. Ce rapprochement est propre à nous couvrir de confusion. On pense aux bienfaits généraux et particuliers, spirituels et temporels, connus et inconnus, surtout aux grâces particulières qu'on a reçues dans ce jour même, tout cela brièvement et avec ferveur.
2° Demander ses lumières, c'est-à-dire la grâce de
connaître nos défauts et de les détester. Notre cœur est un abîme impénétrable, et l'amour-propre y répand des ténèbres épaisses ; il flatte, il excuse, il demande du délai. Sans lalumière divine, nous ne pourrons jamais nous bien connaître; il faut donc la demander avec instance.
3° Examiner notre conscience. On peut examiner ses pensées, ses paroles, ses actions, et voir si Dieu, le prochain et nous-mêmes avons lieu d'être contents. — Ou bien parcourir chaque action, chaque exercice de la journée, depuis le dernier examen que l'on aura fait, et rechercher avec soin en quoi on aurait péché dans les motifs, l'intention, l'extérieur même. Toutefois, ceci ne doit pas durer, au moins ordinairement, plus de trois à quatre minutes.
4° S'exciter à la contrition. Ce point et le suivant sont les deux plus importants de l'examen. Il faut donc s'y appliquer avec le plus grand soin. Pour cela, il est bon de se représenter quelque chose de sensible ou quelque chose qui frappe : par exemple, saint Pierre, quand Notre-Seigneur eut jeté sur lui un regard de tendre reproche, après son reniement; ou sainte Madeleine aux pieds de Jésus-Christ, chez le Pharisien ; ou l'humble Publicain à la porte du Temple; ou quelque autre pénitent. — Il est bon de contempler dans ce moment le crucifix ou quelque autre image des souffrances de Jésus-Christ ou de la sainte Vierge, comme le Jardin de Oliviers, la Flagellation, une des stations du Chemin de la Croix, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, ou enfin des réfléchir sur quelqu'un de motifs qui sont propres à exciter notre douleur. Toute pratique de ce genre est bonne, c'est à chacun de choisir selon sa dévotion; alors on produira un acte de contrition plein de ferveur. Plusieurs se trouvent bien d'en prononcer les paroles.
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5° Former un ferme propos. On peut se servir de quelque comparaison, cela aide, et est propre à exciter de bons sentiments. Ainsi un homme condamné à mort comme coupable de lèse-majesté, et à qui le prince a pardonné généreusement, ne le servira-t-il pas désormais avec fidélité? — Un pilote qui, faute de précautions, a failli faire naufrage, ne sera-t-il pas plus prudent à l'avenir? — Il faut donc ici promettre à Dieu qu'on ne péchera plus moyennant sa sainte grâce; — prévoir les occasions de chute, jusqu'à l'examen suivant; — prier Dieu de nous soutenir; — prier aussi la sainte Vierge et l'Ange gardien, selon sa dévotion; — puis réciter dévotement Pater, Ave.
Faisons maintenant l'application de cette méthode, et réduisons-la en pratique.
Avant de se mettre à genoux.
Mon Dieu, que je vous connaisse et que je me connaisse moi-même (Saint Augustin) ! Accordez-moi la grâce de bien faire cet examen.
A genoux.
Ier Point. Remercier Dieu. Je vous rends grâces, ô mon Dieu, de tous vos bienfaits. Vous m'avez créé, et vous me conservez encore la vie par votre miséricorde. Vous m'avez appelé à la foi préalablement à tant d'autres; et après m'avoir montré le chemin de la vertu par la lumière de l'Évangile, vous m'y soumettez encore par votre sainte grâce. (Rappeler ici quelque bienfait particulier.) Aujourd'hui encore, n'ai-je pas reçu de vous une grande faveur? (Par exemple : Confession,, Messe , Communion, parole de Dieu, inspiration, bon exemple.) O mon Dieu! je vois bien que vous voulez mon salut, ma perfection, soyez-en mille fois béni!
IIe Point. Demander les lumières du Saint-Esprit. A tous vos bienfaits, Seigneur, ajoutez encore celui de m'éclairer de vos divines lumières, afin que je connaisse tous mes défauts, et surtout celui qui vous déplaît le plus en moi. 0 divin soleil de justice! écartez les ténèbres que la dissipation, les affections terrestres, les retours d' amour-propre répandent dans mon esprit et dans mon cœur. Faites-moi connaître la grièveté et le nombre des blessures que l'ennemi m'a faites, afin que j'en cherche le remède et que je l'y applique, avant que le mal soit devenu incurable.
IIIe Point. Examen. Comment ai-je donc fait chacune de mes actions?
Le matin, le lever, la prière, la méditation, la sainte messe, le déjeuner, la conversation, le travail, etc.
Le soir, le dîner, la récréation, les visites reçues ou rendues, le travail, la lecture, les prières, etc., etc.
En tout cela, n'ai-je pas offensé Dieu ou le prochain? N'ai-je pas blessé quelque vertu?
IVe Point. Pourrais-je, ô mon Dieu, n'être pas couvert de confusion, en comparant vos bienfaits avec mon ingratitude, votre amour avec mon indifférence, vos aimables prévenances avec mes délais sans fin ! J'ai blessé votre cœur, je le vois bien; et cette vue me pénètre de douleur et de honte. Acceptez, Seigneur, les sincères regrets d'un cœur contrit et humilié. Donnez à mes yeux une source de larmes, et je pleurerai le jour et la nuit le malheur de vous avoir offensé. Donnez-moi le repentir de saint Pierre, les larmes de Madeleine, l'humilité du Publicain, puisque, comme eux, je suis coupable. Jetez les yeux sur Jésus-Christ, votre Fils, qui s'est fait victime de propitiation pour moi. Voyez ses pieds et ses mains percés de clous, sa tête couronnée d'épines, son cœur ouvert par la lance du soldai; tou-