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OU MÉTHODE DE CONTEMPLATION

Qui convient aux méditations sur un mystère de la vie de Jésus-Christ ou de la sainte Vierge, et, en général, sur un fait historique, quel qu'il soit.

Pour préparation immédiate, après que l'on s'est bien pénétré de la présence de Dieu, on doit 1° se

rappeler en gros le fait ou le mystère sur lequel on veut méditer, sans entrer dans le détail des circonstances; 2° se représenter le lieu où le fait s'est passé, par exemple, le Temple, le Cénacle, le Calvaire, une montagne, le rivage de la mer, selon le sujet de la méditation; 3° demander à Dieu une grâce analogue au mystère sur lequel on médite, par exemple, une .grâce d'humilité, de patience, de compassion, de joie, suivant que l'on médite sur la naissance de Jésus- Christ, sa passion, sa mort, sa résurrection.

Cela étant fait rapidement, on entre dans le corps de l'oraison, et le travail est aussi simple et facile qu'il est fructueux. Il s'agit de considérer les personnes, leurs paroles, leurs actions. Prenons pour exemple le baptême de Jésus-Christ.

I. Quelles sont les personnes ? Le Père éternel qui va proclamer la divinité de son Fils; — Jésus-Cnnst , le Fils de Dieu, qui vient recevoir le baptême des pécheurs; — L'Esprit-Saint, qui descend sous la forme d'une colombe; — Saint Jean-Baptiste, qui prêche la pénitence; — Une foule de pécheurs de tout rang, de tout sexe. Demandons-nous ce que sont ces personnes. D'abord, qu'est-ce que le Père éternel? Qu'est-ce que Jésus-Christ? et ainsi des autres.

II. Quelles sont leurs paroles? Saint Jean dit à Jésus : C'est moi qui dois être baptisé par vous; et Jésus lui répond : Laissez; il convient que nous accomplissions toute justice. Combat d'humilité où la victoire reste à Jésus. — Nous pouvons aussi nous figurer les diverses conversations de cette foule qui environnait le saint Précurseur. Enfin, les paroles du Père éternel : C'est là mon Fils bien-aimé, en qui f ai mis mes complaisances. Paroles solennelles qui durent donner lieu à bien dttj réflexions.

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III. Quelles sont leurs actions? Jésus s'approche, il entre dans le Jourdain. Voyez son recueillement, son humilité. Il n'avait pas besoin de ce baptême. — Saint Jean prend de l'eau et la répand sur sa tête. — Au même instant le ciel s'ouvre, l'Esprit-Saint descend et la voix du Père éternel se fait entendre. — Figurezvous le mouvement de tout ce peuple attentif à un si étonnant prodige.

Quel fruit devons-nous recueillir de cette méditation? Le fruit le plus naturel paraît être l'humilité. Cependont, si Dieu nous en inspirait un autre, il ne faudrait pas le refuser, car l'Esprit-Saint souffle où il veut.

On termine par le Colloque, le Pater noster, et la Récollection.

Nota. 1° On ne doit pas prendre séparément toutes les personnes qui interviennent dans le mystère médité, puis leurs actions, et ensuite leurs paroles. On doit méditer le tout ensemble, et se contenter de suivre les circonstances d'un mystère, en se rappelant, à chacune, la personne qui y a agi, ce qu'elle a fait et ce qu'elle a dit; car c'est ainsi que l'on verrait la scène se passer si on y était réellement présent. Il faut donc suivre cet ordre naturel, en tâchant, comme on le fait ici, de s'y rendre présent en esprit et de la contempler. Après avoir ainsi considéré complètement chaque circonstance du mystère, on passe à la suivante, qu'on médite de la même manière. La distinction des personnes, des paroles et des actions indique donc plutôt la matière que l'ordre de la contemplation.

2° A défaut de paroles extérieures et formellement prononcées, on peut se figurer les paroles intérieures ou les sentiments. Par exemple, dans le mystère de la Nativité, l'enfant Jésus ne parle pas; mais nous pou-

vons penser aux sentiments qui l'animaient quand on le déposa dans la crèche, quand il recevait les soins et les caresses de sa mère, quand les bergers et les mages offraient leurs présents.

3° Si on trouve clans la contemplation d'une seule personne, ou dans une de ses paroles, ou dans une de ses actions, de quoi s'occuper pendant tout le temps de la méditation, il faut s'en tenir là.

IIP MÉTHODE.

C'est une sorte d'examen entremêlé d'affections, de regrets , de résolutions, que l'on fait ou sur les commandements de Dieu, ou sur les péchés capitaux, ou sur les facultés de notre âme, la mémoire, l'intelligence, la volonté; ou sur les cinq sens du corps, la vue, l'ouïe, le goût, le toucher, l'odorat. On le fait de la manière suivante :

1° Avant de commencer recueillez-vous, et demandez-vous : Qu'est-ce que je veux faire? — Je veux méditer sur un tel sujet.

2° Demandez à Dieu la grâce de connaître les péchés que vous avez commis, par exemple , contre les commandements; promettez-lui d'être bien fidèle à les observer à l'avenir.

3° Commencez l'examen, non pas comme pour la confession, mais par forme de méditation et de compte de conscience sommaire que vous voulez vous rendre à vous-même devant Dieu. Ainsi , sur le premier commandement, qu'ai-je à me reprocher? Sur la foi, sur l'espérance, sur la charité, sur la religion? Examinezvous pendant une ou deux minutes; puis, demandez pardon à Dieu des iautes commises, et promettez-lui de vous corriger. Ajoutez même des affections selon

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que vous vous y sentirez porté, par exemple : Mon Dieu, je crois, mais augmentez ma foi. — Mon Dieu, pardonnez-moi de n'avoir pas eu assez de confiance en vous. — Mon Dieu, je veux vous aimer toujours de plus en plus. Après l'examen de ce premier commandement, passez au deuxième et opérez de la même manière, et ainsi de suite pour les autres.

Lorsque le temps que vous vouliez donner à votre méditation sera écoulé, tenez-vous-en là pour ce jour, et terminez par le Pater noster. Vous pourrez reprendre le reste le lendemain.

Si, au lieu des commandements, on prend pour sujet de méditation les péchés capitaux, ou les cinq sens du corps, ou les facultés de l'âme, on suit la môme méthode; il n'y a que la matière à changer. Ainsi, au lieu de dire : Qu'ai-je à me reprocher contre la foi!

vous direz : Ai-je péché par orgueil, par envie, etc.?

ou bien : Ai-je péché par les yeux, par la langue, etc.?... ou bien : Ai-je péché par la mémoire, l'intelligence? et vous terminerez toujours par le Pater noster.

C'est une excellente manière de méditer, que de considérer l'usage que Notre-Seigneur et la sainte Vierge faisaient de leurs sens extérieurs. Quelle modestie dans leurs regards! quelle réserve, quelle charité dans leurs paroles! quelle attention à n'écouter que des discours édifiants! quelle tempérance dans leurs repas! enfin, quelle prudence et quelle retenue dans les sens I Demandons-nous ensuite .à nous-mêmes quel usage nous avons fait des nôtres. Avons-nous en cela imité Jésus- Christ? Avons-nous imité Marie? Si nous avons quelque reproche à nous faire, prenons la résolution d'être plus attentif à la garde de nos sens à l'avenir.

IVe MÉTHODE.

Elle est la plus facile et souvent aussi la plus fructueuse. Elle consiste à prendre une prière vocale, le Pater, Y Ave Maria, le Salve Regina, ou tout autre, et à en méditer tous les mots, ne laissant le premier pour passer au second que lorsqu'il ne nous fournit plus de pensées, ni de sentiments. On peut se servir utilement de quelques rapprochements ou de quelques comparaisons qui aident à développer le sujet. Faisons-en l'application à Y Ave Maria.

Avant de se mettre à genoux.

Qu'est-ce que je veux faire? je veux méditer sur Y Ave Maria. 0 Vierge sainte 1 obtenez-moi la grâce de bien faire cette méditation.

A genoux.

Je vous salue. Qui dit ces paroles? C'est l'ange Gabriel. Et à qui ? A la vierge Marie. C'est une marque de respect. L'Ange devait ce respect à la sainte Vierge, qui allait devenir sa Reine, en devenant la Mère de son Roi. Quel honneur pour Marie ? 0 Vierge sainte ! je vous félicite de cet honneur, dont vous étiez si digne par vos vertus. — Je vous salue aussi, moi, comme ma Reine, ma Mère, la Mère de mon Roi. Il est bien juste que je vous donne cette marque de respect, puisqu'un ange même s'abaisse devant vous. — Quand je dis : Je vous salue, je m'associe au ciel et à la terre, puisque partout vous recevez cette salutation....

Marie, Oh 1 le beau nom 1 le nom aimable et consolant! il est répété partout avec amour. Marie/ Marie/ ce doux nom est le soutien des faibles, la consolation des affligés, l'espérance des pécheurs, la ressource der*

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nière des mourants! Marie! Quand je passerais tout le temps de ma méditation à le redire , à le goûter, à le savourer, le temps serait utilement employé. — Le nom de Marie signifie étoile de la mer. Voyez comme elle justifie ce titre en nous guidant à travers les écueils de cette vie. — Il signifie maîtresse, reine : ne l'est-elle pas en effet? — Il signifie illuminatrice : n'est-ce pas par elle que nous vient la lumière de Dieu? 0 Marie! soyez mon étoile , ma reine, ma lumière.

Pleine de grâce. Un vase plein ne peut rien contenir de plus; si on veut y verser une liqueur, elle déborde. Ainsi était Marie. Son esprit était plein de grâces, de lumières et d'intelligence, son cœur était plein de grâces, d'amour et de saints désirs; son corps virginal était plein de pureté et de sainteté. — Pleine de grâce. Par conséquent, il n'y avait pas de vide à remplir; le péché ne pouvait donc pas s'introduire en elle. 0 Vierge immaculée! tout est grâce en vous, rien n'est péché. — Pleine de grâce, dès le moment de sa conception. Plus tard, par sa fidèle correspondance aux dons de Dieu, elle reçut cette mesure dont parle l'Évangile , pressée, entassée, surabondante , débordant de toutes parts. Dans le mystère de l'Incarnation, la mesure de la grâce en Marie est ineffable. Elle possédait la source même. — Pleine de grâce. Elle en fut ainsi comblée pour déverser sur nous sa surabondance. J'irai , oui, j'irai souvent puiser à cette fontaine qui n'a jamais cessé de répandre sur les hommes les eaux vivifiantes de la grâce divine.

Le Seigneur est avec vous. Il est dans toutes les âmes justes, mais bien plus spécialement en Marie, la plus juste, la plus parfaite des créatures. — Le Père éternel est en elle par ses complaisances comme dans sa fille bien-aimée. — Le Fils de Dieu y est comme dans un

tabernacle qu'il s'est préparé de toute éternité. — Le Saint-Esprit y est comme dans son temple qu'il orne et enrichit de ses dons. — Le Seigneur est avec vous. Il y est toujours, il y a toujours été, parce qu'aucun péché ne l'a forcé à s'éloigner de vous. — 0 mon Dieu, soyez toujours avec moi, et ne permettez pas que je me sépare jamais de vous.

Vous êtes bénie entre toutes les femmes. Elle annonce elle-même, dans son cantique, que toutes les nations rappelleront bienheureuse. En effet, elle a partout des sanctuaires ; l'amour de ses enfants se manifeste par mille moyens que leur suggère la piété filiale. Quelle femme a jamais été honorée comme Marie! mais aussi quelle femme l'a jamais mérité comme elle!

Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Jésus, nom divin que l'Ange apporta du ciel. — Jésus, le Sauveur du monde. Jésus, le Fils du Très-Haut, est aussi le Fils de Marie, le fruit de ses chastes entrailles. — 0 Vierge sainte! je vous félicite de ce que vous êtes la Mère de Jésus , la Mère de votre Dieu. — Jésus est béni. Oui, béni dans le ciel, béni sur la terre. 0 Jésus! je vous bénis, je vous aime, je vous adore.

On peut donner d'autres développements à cette prière * mais ceux-ci suffisent pour faire comprendre la méthode. Elle peut s'appliquer à toute autre prière.

Lorsque la méditation de deux ou trois paroles suffit pour remplir tout le temps que l'on avait assigné à son oraison, on récite couramment le reste de la prière, que l'on peut reprendre le lendemain à l'endroit où l'on était resté la veille.

Ve MÉTHODE.

Elle consiste à réciter très lentement une prière de manière à pouvoir placer une respiration entre eha-

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que parole. Appliquons-la à la prière : Ame de Jésus, sanctifiez -moi.

1° Se recueillir et se demander : Qu'est-ce que je veux faire?

2° Demander la grâce de bien profiter de cet exercice.

Commencez la prière : Ame de Jésus- Christ , — sanctifiez-moi. — Corps de Jésus-Christ, — sauvez-moi. — Sang de Jésus-Christ, — enivrez- moi... et ainsi du reste.

Pendant ce temps, on pense au sens de la parole qu'on vient de prononcer, ou à la dignité de celui que l'on prie, ou à sa propre bassesse.

Cette méthode convient à tout le monde , à tous les temps de la journée, et peut s'employer en travaillant. Elle sera utile à ceux qui auraient contracté la mauvaise habitude de réciter trop vite leurs prières vocales. On peut réciter, selon cette méthode, plusieurs prières de suite, les suspendre , et les reprendre quand on voudra. On termine par le Pater ou l'Ave Maria.

LECTUEE PAE FOEME DE CONSIDÉEATION.

Si quelques personnes se trouvaient dans une telle disposition d'esprit que la méditation leur fût trop difficile, même à l'aide des méthodes que nous venons d'exposer, en voici une qu'elles pourront du moins toujours employer, et qui leur offrira, avec plus de facilité, presque les mêmes avantages.

C'est un exercice qui tient le milieu entre la lecture et la méditation , et que nous appelons considération. — Prenez quelqu'un de ces livres de piété qui renferment en peu de mots beaucoup de substance , comme ['Imitation de Jésus-Christ , le Combat spirituel, la Retraite du P. Croiset , la Pratique de l'amour de Jésus-

Christ, par saint Liguori, les Fondements de la vie spirituelle, par le P. Surin, et divers autres petits ouvrages que vous indiquera votre directeur, selon vos besoins. Après vous êtes recueilli devant Dieu et avoir imploré son secours pour profiter de cet exercice, lisez attentivement quelques lignes de l'ouvrage que vous avez choisi, et qu'il ne faut pas changer légèrement ni parcourir sans ordre. Dès que vous trouverez une pensée qui vous frappe et qui semble répondre à quelqu'un de vos besoins, renfermer une lumière, un avertissement , une exhortation , un reproche utile pour vous , arrêtez- vous à la goûter, à la repasser dans votre esprit, afin qu'elle pénètre jusqu'à votre cœur et y fasse une impression salutaire et durable. Si votre imagination s'échappe , ramenez-la sur cette pensée en relisant une seconde, une troisième fois, s'il le faut, et suivant son importance, le passage qui l'a produite. Ne quittez cette nourriture spirituelle qu'après en avoir exprimé tout le suc, sans vous inquiéter en aucune manière d'avancer dans votre lecture. Faites-vous l'application de la vérité qui vous a frappé ; et après en avoir tiré tout ce qu'elle peut vous donner, reprenez votre lecture jusqu'à ce que vous trouviez une autre pensée qui vous présente le même caractère d'utilité, et que vous considérerez de la même manière, continuant à user de cette méthode jusqu'à l'expiration du temps fixé pour votre exercice. De cette sorte, vous lirez peu et fort inégalement, car une seule page vous suffira quelque fois, tandis qu'il vous en faudra d'autres fois un assez grand nombre : mais vous lirez avec un grand profit , ce qui vaut infiniment mieux que de lire beaucoup. Que gagneiiez-vous à faire de longues lectures dans les meilleurs livres, si vous n'y apportiez la réflexion nécessaire? Quelque abondante que fût une source, celui

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qui s'aviserait d'y puiser de l'eau dans un crible en retirerait à peine quelques gouttes. Lisez donc lentement et donnez-vous le temps de digérer cette nourriture. Les aliments corporels que l'on prend avec trop de précipitation ne font pas le bien qu'on en espère. Il en est de même des aliments spirituels.

Cette méthode de considération a beaucoup de rapport avec la quatrième méthode exposée ci-dessus. Elle substitue au texte d'une prière celui d'un livre qu'on a sous les yeux, et qui, par là, aide à trouver des pensées et à fixer plus aisément les divagations d'une imaginalion vagabonde. On ne saurait donc trop la recommander aux personnes qui se plaignent de stérilité et de distractions dans la méditation. Sainte Thérèse déclare s'en être longtemps servie avec beaucoup de fruits, et pendant plusieurs années elle ne put même faire d'autre oraison.

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