‹ La voie douloureuse au Cap-de-la Magdeleine [sic] [microforme]Chapitre 4 sur 20 · Sur l'Agonte même de Notre-Seigneur · texte numérisé non relu

Sur l'Agonte même de Notre-Seigneur

— « Mon âme est triste jusqu’à la mort.»

Ces paroles et la tristesse de notre très doux Sauveur renferment pour notre instruction de très grands mystères. Le Seigneur permit que cette tristesse atteignît au plus haut degré auquel elle pouvait naturellement et miraculeusement atteindre,avectoute la pas-

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sibilité que comportait son humanité très sainte. Îl ne s’attrista pas seulement en la partie inférieure del’âme par le désir de vivre qui lui est naturel; mais aussi en la partie supérieure où il prévoyait la réprobation de tant d’âmes pour lesquelles il devait mourir ; et il savait que cette réprobation était conforme aux jugements et aux décrets impénétrables de la justice divine. Ce fut là la cause de sa plus grande tristesse.

[1 fallait, en catre, pour satisfaire l'amour immense que notre Sauveur Jésus-Christ avait pour nous, que cette tristesse mystérieuse allât jusqu’à le plonger dans une mortelle agonie: car, s’il n’en eût épuisé toute l’'amertume, sa charité n'aurait point été rassasiée, et l’on n'aurait point connu aussi clairement que toutes les eaux des plus grandes tribulations n'étaient pas capables de l'éteindre.

2. Sur la trahison de Judas. — « Je vous salue, Maître.» C'est par ce trait de la plus insigne hypocrisie de Judas que s’acheva, pour ainsi dire, l'instruction du procès de sa perte, car le perfide disciple combla la mesure de sa malice et de son audace impie, lorsque méconnaissant la sagesse qu'avait Notre-Seigneur Jésus-Christ, comme Dieu et comme homme, pourdécouvrir sa trahison, et la puissance qu'il avait de l’anéantir, il

prétendit lui cat ner sa scélératesse sous l'apparente affection © un disciple fidèle, et cela pour livr@f Aux tourments €t à une mort si ignominieuse son Créateur Et son Maitre, de qui il avait reçu tant de bienfaits. [Il renferma danscette seule trahison tant decrimes si énormes qu'il n'est pas possible d'en exprimer le malice : car, il fut infidèle, parricide et sacrilège, ingrat, inhumain, menteur, avare, impie et maître de tous les hypocrites ; etil tourna tout cela contrela personne même de Dieu incarné!

« Mon ami, pourquoi êtes-vous venu ici P»

Cette divine parole, de la plus irrésistible douceur, ne produisit aucun fruit dans le cœur du malheureux disciple, plus dur que le diamant et plus cruel que celui du tigre, puisque résistant à la divine miséricorde il s’1bandonna au désespoir et alla se pen-

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