‹ La Voie douloureuse [microforme]Chapitre 7 sur 21 · PE D A · texte numérisé non relu

PE D A

Origine du Chemin de la Croix.

Pendant que le divin Maître fut mené à Hérode, Jean conduisit la sainte Vierge et Madeleine sur tout le chemin qu'avait suivi Jésus. Ils revinrent ainsi chez Caïphe, chez Anne, dans Ophel, à Gethsémani, dans le jardin des Oliviers ; et dans tous lesendroits où le Sauveur était passé, où il avait souffert, ils s’arrêtaient en silence, pleuraient et baisaient la terre où ce Fils adorable était tombé... Madeleine se tordait les mains par la souffrance, et Jean pleurait, les consolait, les relevait, les conduisait plus loin.

Ce fut là le commencement du saint Chemin de croix, et les honneurs rendus à la Passion de Jésus, avant même qu’elle fût accomplie. Ce fut dans le cœur de la Mère du Sauveur que commença la méditation de l’Église sur les douleurs de son Rédempteur. Marie, mère de douleur, arrosait de ses larmes et vénérait les traces des pas de son fils et de son Dieu !

O quelle compassion ! avec quelle force le glaive tranchant ne s'enfonça-t-il pas dans son cœur ! Elle, qui l'avait porté ua: son sein,

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qui l'avait allaité de son lait ! C’est ainsi que la Vierge pure et sans tache inaugura dans l'Église le chemin de la Croix, pour y ramasser à toutes les places, comme des pierres précieuses, les inépuisables mérites de Jésus- Christ, pour les cueillir comme des fleurs sur la route, et les offrir à son Père céleste pour ceux qui ont la foi.

Jésus devant Hérode.

Hérode, averti par l’envoyé de Pilate, attendait le cortège dans une grande salle où il était assis sur une espèce de trône. Aussitôt que Jésus fut entré, Hérode le regarda avec curiosité, et quand il le vit si défait, si meurtri, son visage tout sanglant, ce prince voluptueux ressentit une pitié mêlée de dégoût. Il détourna son visage avec répugnance et dit aux prêtres : Comment pouvez-vous mettre en ma présence un homme si sale et s meurtrt ? Les archers emmenèrent donc Jésus dans le vestibule : on apporta de l’eau et on le nettoya sans cesser de le maltraiter : car son adorable visage était couvert de plaies qu’on frotta rudement et brutalement.

Ensuite ils le reconduisirent à Hérode, et ce

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dernier lui fit beaucoup de questions ; il lui demanda même de faire un prodige ; mais Jésus ne répondit pas, et restait devant lui les yeux baïissés, ce qui irrita beaucoup ce monarque ; mais il n’en resta pas moins fidéle à ses vues politiques et, ne voulant pas le condamner contre le jugement de Pilate, il le renvoya à ce dernier,.le remettant entre les mains d’une soldatesque grossière. Chacun d'eux se faisait une gloire d’imaginer quelque nouvel outrage pour Jésus. Ils faisaient tout celà précipitamment, En se poussant les uns les autres et au milieu des huées….. Quelques-uns lui donnaient des coups de bàton sur sa tête sacrée, et ce doux Agneau les regardait avec un sentiment de compassion.

Ja douleur lui arrachait des soupirs et des gémissements, mais ils en prenaient occasion pour le railler en contrefaisant sa voix ; à chaque nouvel outrage, ils éclataient de rire, et aucun n'avait pitié de lui !... Sa tête était tout ensanglantée et je le vis tomber trois fois sous leurs bâtons ; mais je vis aussi au dessus de lui des anges en pleurs qui lui ceignaient la tête, et il me fut révélé que sans cette assistance d'en haut, les coups auraient été mortels.

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Jésus ramené d'Hérode à Pilate.

Ce fut avec un redoublement de fureur que les ennemis de Jésus le ramenèrent d'Hérode à Pilate. Ils étaient honteux de revenir sans l'avoir fait condamner. Aussi prirent-ils un autre chemin deux fois plus long, pour le montrer dans son humiliation à une autre partie de la ville, et pour pouvoir le maltraiter d'autant plus longtemps. Il était environ huit heures lorsque le cortège arriva au palais de Pilate. Jésus, couvert de son manteau de dérision, passa à travers les huées de Ja populace. Les archers lui firent monter l'escalier avec leur brutalité accoutumée , mais il s'embarrassa dans son vêtement, et tomba sur les degrés de marbre blanc qui se teigni-

rent du sang de sa tête sacrée. Les archers ri-

rent de sa chûte et le SIA à coups de pieds pour qu'il se relevât..

Pilate ne pouvant pas trouver Jésus coupable, se leva de son tribunal et s'adressant au peuple il leur dit : C’est Za coutume que je vous délivre un criminel à la Pâque : qui voulez-vous que je vous délivre : Barabbas, ou Jésus ?

if ELLE LE EL EEE EE LEREAEE ELA T | Il s'éleva un cri général dans tout le fo- ce

rum : Vous ne voulons pas de celui-ci ! donnez- ar

nous Barabbas ! Pilate dit encore : Que dois- re

| je donc faire de Jésus ? Tous crièrent : Qw’i7 èr je soit crucifié ! qu'il soit crucifié ! .… Pilate re- à | prit : /e vais le faire fouctter et le renvoyer. | m

Mais le cri: Crucifiez-le ! crucifiez-le ! écla- M té

ta partout comme une tempête infernale. vr.

Alors le faible Pilate délivra le malfaiteur Ba- sa.

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avant de le comdanner à mort. l’e

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Flagellation de Jésus.

A peu de distance du corps de garde se trouvait une colonne où se faisaient les flagellations. Les exécuteurs vinrent avec des fouets, des verges et dès cordes qu'ils jetèrent au pied dé la colônne. C'était six hommes bruns, petits, aux cheveux crépus ; 1ls avaient les bras nus. C'étaient des malfaiteurs des frontières de l'Egypte, et dont les plus ignobles Di remplissaient les fonctions d’exécuteurs dans le prétoire. Ils ressemblaient à des démons, et paraissaient moitié ivres.. Ils attachèrent brutalement le divin Sauveur à la colonne. br On ne saurait exprimer avec quelle barbarie

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ces chiens furieux traitèrent Jésus !... Ils lui arrachèrent son manteau dérisoire et le jetèrent presqu’à terre. Jésus priait de la manière la plus touchante. Quoique se soutenant à peine, il se hâta d'ôter ses habits avec ses mains sanglantes, puis tourna un instant la tête vers sa pauvre Mère, qui se tenait, navrée de douleur, non loin de lui dans une des salles du marché... Alors Marie tomba évanoule dans les bras des saintes femmes qui l’entouraient.…

Jésus embrassa la colonne ; les archers lièrent ses mains élevées en l’air et tendirent tellement ses bras en haut, que ses pieds, attachés fortement au bas de la colonne, touchaient à peine la terre... puis ils lui jetèrent sur la face le voile destiné à cacher un peu ses larmes et à étouffer ses cris.

Le Saint des saints fut ainsi étendu avec violence sur la colonne des malfaiteurs ! et deux de ces furieux altérés de son sang, commencèrent à flageller son corps sacré de la tête aux pieds !... Mon Sauveur, le Fils de Dieu, frémissait et se tordait comme un ver sous les coups de ces misérables ; ses gémissements doux et clairs se faisaient entendre comme une prière affectueuse sous le bruit des verges de ses bourreaux... on entendait aussi le bêlement des agneaux de

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