‹ La voie orbitale dans le traitement des polysinusites et de leurs complicationsChapitre 17 sur 25 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Odette D..., 24 ans.

Entrée le 24 septembre1933, salle Lorry n° 9.

Antécédents personnels. — Rougeole, scarlatine, appendicite opérée.

Début.— En janvier 1921, apparition d’un écoulement nasal purulent et bilatéral. Six mois de lavage et plusieurs interventions endo-nasales pratiquées à Dijon sans résultat.

En janvier 1922, douleurs progressivement croissantes à siège variable et pas spécialement sus-orbitaires.'

P, Jourdan C [A

+ Ha

En octobre 1922, douleurs nettement sus-orbitaires .

En décembre 1922, poussée aiguë de sinusite frontale ganche avec délire et quelques vomissements.

Intervention le 5 janvier à Dijon. Incision légèrement au-dessus du sourcil gauche. Trépanation antérieure sur toute La largeur du sinus. Celui-ci est rempli de fongosités et d'un pus très vert venant de l’ethmoïde. Curettage du canal naso-frontal,drainage par le nez. Huit jours après, obstruction du canal naso-frontal et résection du cornet moyen. L’obstruction persiste, et quelques jours après réouverture de la plaie frontale.

Deuxième intervention. — Curettage très soigné, agrandissement du canal naso-frontal, grosse mèche qu'on retire au bout de quarante-huit heures. Ecoulement normal, pas de pus, guérison progressive et rapide,

En mars 1923, intervention sur le sinus droit (probablement Ogston-Luc comme à gauche).

Dix huit jours après réouverture spontanée et en avril réintervention sur les deux sinus. Réouverture spontanée bilatérale.

La petite malade est alors adressée au Dr Halphen par l’intermédiaire du Dr Buneau.

28 septembre, — Intervention du D' Halphen.

Anesthésie généralé bien tolérée, à l’aide de la pipe de Delbet.

Sinus droit. — Incision dans le sourcil. On tombe sur l'orifice de trépanation très petit et rempli de fongosités. On l’agrandit pour mettre à nu par l’ablation de la paroi antérieure un diverticule antéro-supérieur. Agrandissement de l’unfundibuium au moyen des curettes Sebiban, mais on aperçoit dans la profondeur tellement de fongosités et de pus qu’on décide immédiatement de faire une ethmoïdectomie totale. Incision comme Kilian. On laisse un pont osseux au niveau de l’angle interne de l’œil, et on effondre la branche montante. La région ethmoïdale antérieure et postérieure est pleine de pus et saigne abondamment. Curettage, ablation à la pince Luc. Une petite réserve à faire sur le plafond, la région de la lame criblée paraissant recouverte de débris de muqueuse sphacelée que l’on n'ose curetter.

Drainage du sinus frontal au moyen d'une mèche iodoformée dans l’infundibulum et sortant par le nez. Suture complète après résection de la fistule,

L'opération ayant duré longtemps et la malade ayant perdu un peu de sang, on ne fait que le côté droit.

Le 8 octobre, intervention à gauche. Anesthésie générale au chloroforme, bien tolérée. :

Incision dans la cicatrice. On tombe sur un sinus comblé de tissu fongueux, de fongosités et pus liquide.

Un coup de curette montre que le sinus n’a été trépané qu’en sur-

face, et qu’il existe sous la cavité sinusale un second sinus plein de pus liquide et de fongosités qui dédouble presque complètement la paroi orbitaire, On essaie prudemment de réunir ces deux cavités, mais à un moment donné, la dénudation de la dure-mère arrête cette manœuvre. Du côté supérieur. 2 diverticules dédoublent le frontal, on les curette et on ramène des polypes fongueux, du côté interne un prolongement conduit dans le sinus du côté opposé expliquant ainsi la petite fistulette qui s’est produite à droite après la première opération, L'infundibulum est facilement retrouvé, on l’'agrandit cependant encore et on ramène de nombreux débris fongüeux et polypeux. Ecouvillonnage à la mèche, excision des cicatrices et suture complète.

On fait remarquer que ce sinus est extrêmement développé avec des prolongements dont le drainage sera diflicilement obtenu et que les deux sinus communiquant entre eux, il doit y avoir un espace mort où la rétention pourra subsister, facteur d’éventuelle récidive.

Réunion complète se maintient. Ecoulement purulént nasal bilatéral persiste abondant.

Céphalée intense. Torpeur. Pas de réactions méningées mais nausées.

Le 9 novembre, intervention du Dr Lemaitre.

Anesthésie à l’aide de la pipe de Delbet, très bien supportée.

Il existe en réalité deux sinus :

10 Un supérieur très étendu dans le plan vertical communiquant largement avec l’infundibulum, largement ouvert, et dont la paroi postérieure semble légèrement ostéitique ; ce sinus est ouvert.

2° Un autre sinus sous-jacent présentant une très petite hauteur mais s'étendant d’'arrière en avant sur toute l'étendue du plafond orbitaire qu'il dédouble en quelque sorte. Ce sinus est plein de pus, ses lésions donnent tout d’abord l'impression que l’on est dans l'orbite. Il est difficile de préciser les rapports de ce sinüs avec Pinfundibulum.

Le 20 novembre, réunion per primam malgré infection des bords cutanés de la plaie. Ecoulement nasal encore abondant, bilatéral, concrète en croûtes.

Disparition totale des douleurs.

La température est aux environs de la normale.

Page 1