OBÉLISQUES
Obélisque de Louqsor. — Obélisque d’Aguesseau à Auteuil.
La mire de Montmartre.
En l’an 1 83 1 , Mehemet-Ali, vice-roi d’Égypte, avait fait don au roi des Français d’un bel obélisque qui ornait le palais de Louqsor, dans la Haute-Égypte. (PI. 46.) Ce contemporain des Pharaons datait pour le moins du règne de Rhamsès III, qui correspond à l’année 1 56o avant Jésus-Christ. Mais en faisant ce cadeau magnifique à Louis-Philippe, le vice-roi, familier sans doute avec l’ironie, lui avait dit : « Venez le chercher ». On le prit au mot. Un vaisseau, construit spécialement, partit de Toulon, cinglant vers Alexandrie, et remonta le Nil jusqu’à Louqsor. Il avait à son bord M. Lebas, ingénieur de la marine, chargé de diriger la triple opération de l’embarquement, du débarquement et de la mise en place du précieux monolithe. Chargé de son fardeau, le bâtiment revint par Gibraltar, l’Océan, et la Manche jusqu’au Havre, d’où la Seine l’amena au pied de la place de la Concorde, le 23 décembre 1 833 . Près de trois années furent ensuite employées à l’établissement des substructions du piédestal et à la construction des appareils très compliqués grâce auxquels la position verticale serait rendue au survivant de l’époque de Rhamsès III. A mesure que ces travaux avançaient, la curiosité des Parisiens augmentait et se passionnait, semanifes-