L4 PRESSE OFFICIEUSE
21 avri] 1868.
Lorsque les journaux officieux prennent successivement ou simultanément la parole, lequel croire de préférence? L'Empereur a le journal de ses arrière-pensées; le ministère d'État a sa feuille de confiance; pareillement le ministère de l'intérieur; pareillement aussi le ministère des affaires étrangères ; c'est la confusion de la confusion élevée à la hauteur de la tour de Babel. Cette confusion des opinions se comprend entre journaux de l'opposition^, car l'opposition est le faisceau de toutes les opinions divergences ; mais entre journaux, de gouvernement cette confusion ne se comprend pas; car §i l'opposition est par essence la pluralité des opinions, le gouvernement devrait en être par essence l'unité. Que doit-on penser, que peut-on attendre d'un gouvernement qui tire en tous sens, à droite et à gauche, en avant et en arrière, qui souffle la guerre dans tel journal, la paix dans tel autre; et le doute entre la paix et la guerre dans une troisième feuille, également confidentielle et se prétendant non moins sûrement informée?
Notre avis est qu'un gouvernement ne devrait avoir aucun rapport, absolument aucun, avec aucun journal; lorsque les actes d'un gouvernement sont irréprochables, ils se défendent par eux-mêmes; lorsque, au contraire, ils sont répré-