CONSTITUTION, PLÉBISCITE
jamais Téfendre abusivemeot au delà des limites où il ne serait plus le pouvoir, où il serait rempiétement et FusurpatioD, où il sera la liberté menacée, la liberté violée.
Lorsque le pouvoir est étroitement renfermé, je le répète, dans un cercle où il a toute liberté de se mouvoir, mais sans possibilité de le franchir, quel avantage peut offrir la forme monarchique?
Aucun.
Quelle raison un peuple judicieux aurait-il d'y tenir ?
Aucune.
Le rétablissement de la forme monarchique dans un pays où Texpropriation du trône pour cause de liberté publique vient d'être prononcée, ne se comprendrait que s'il s'agissait non d'étendre et de fonder la liberté, mais de la restreindre et de la supprimer de nouveau. Est-ce là ce que veut, est-ce là ce que peut vouloir la nation espagnole? Si elle n'avait désarmé la royauté que pour lui rendre ses armes, quel nom conviendrait -il de donner à un pareil acte? Ne serait-ce pas plus que de l'inconséquence? Ne serait-ce pas de la démence?
Aussi, j'aime à l'espérer, l^spagne refusera-t-elle de donner à tous les peuples qui ont les yeux fixés sur elle un spectacle qni serait à la fois si risible et si triste. Éclairée par l'exemple, elle n'aura de confiance qu'en elle-même; c'est pourquoi elle ne voudra ni Constituante ni constitution; c'est pourquoi elle leur préférera le plébiscite, ayant pour base et pour couronnement l'inviolabilité de la liberté et l'unité du pouvoir.
Est-ce que le plébiscite n'est pas la meilleure, la plus simple, la plus puissante de toutes les constitutions?
422 La RÉVOLUTION DU 19 SEPTEMBRE 1868.