‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 35 sur 192 · INCONSÉQUENCE · texte numérisé non relu

INCONSÉQUENCE

94 aoAt 1868.

Selon le Journal des Débais, la Prusse est affaissée sous le poids de sa victoire^ rAutriche réduite à Timpuissance sous riiumiliation de sa déroute, la Russie temporairement paralysée, l'Angleterre systématiquement retirée des affaires continentales, afin de s*adonner eiclusivement à son commerce maritime, conformément au double, successif et identique programme du cabinet Russell et du cabinet Disraeli. S'il en est ainsi, la conclusion qui se présente naturellement à Tesprit, c'est qu'après avoir laissé échapper l'occasion de 1866, jamais moment ne sera plus propice qu'à présent pour renouer la politique dénouée de l'Unité géographique de la France, cette politique de tous les rois de France depuis Hugues Capet; cette politique de la République française; cette politique de la Restauration de 181 5; cette politique de Chateaubriand et de Laferronays, du général comte Alexandre de Girardin et du général baron de Richement; cette politique de Lamartine et de Victor Hugo. Est-ce que les motifs les plus sérieux manquent à la France? Est-ce que la Prusse ne les lui a pas fournis à profusion en renversant la Confédération germanique et en s'emparant clandestinement du commandement militaire de toute l'Allemagne ainsi militairement unifiée?

Cette conclusion est imposée par la logique autant que par le cours des choses; ce n'est pas celle du Journal des Débats.

A quoi donc conclnt-il?

Aprèi avoir montré que jamais la guerre n'a présenté à la France plus de chances favorables pour rentrer dans ses

146 LA GUEftRE FATALE.

frontières naturelles, devenues ses frontières nécessaires, il conclut... à la paix^ 0 inconséquence I

LA GRANBEUR DE LA ^RAECE.

25 aoÂt 1868.

On lit dans le Bulletin international :

Dans un petit cercle de Saint-Germain , un de nos plus grands hommes d'État , M. Thiers , s'écriait :

— Ah! messieurs, la grandeur de la France... Vous ne la reverre2 plus !

Pourquoi ne la reverrait-on plus? Que faudrait-il pour qu'on la revît? — Une idée nationale et un homme déterminé. Ce que le Piémont a trouvé .dans le comte de Cavour et la Prusse dans le comte de Bismark, pourquoi donc la France ne le trouverait-elle pas sous le règne de Théritier du vaincu de Waterloo, lequel a laissé la France moins grande que sous la Royauté, moins grande que sous la République?

L*idée nationale, c'est TUnité géographique de la France, ou tout au moins la disparition de cette constellation de forteresses qui brillent au firmament militaire de TAllemagnc mise au pas sous le commandement du roi de Prusse, futur empereur des Allemands. Puisque Tidée nationale existe, il ne manque donc que Phomme déterminé.

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