L'ÉGALITÉ DEVANT LA MORT
prix d^argent. Toutefois, je crois que cet exemple n*est pas invoqué dans un moment opportun, car, si je suis bien informé, en présence de la difficullé, sinon de Fimpossibililé de recruter Farnaée anglaise, on discute chex nos voisins la question de savoir s'il ne faut pas en arriver à la conscription ; de sorte qu'il est probable qu'avant peu d'années vous verrez l'armée anglaise établie sur ce pied, c'est-à-dire qu'elle se recrutera par la conscription sons une forme ou sous une autre.
A cette objection voici notre réponse :
Pour que le recrutement obligatoire eût la plus petite chance d'être jamais établi en Angleterre, il faudrait que le droit de réunion eût préalablement cessé d'exister, et qu'il n*y eût plus de meetings? Est-ce probable? Est-ce possible?
Non; donc, l'objection manque le bat.
Il n'y a contre l'enrôlement volontaire substitué au recratement obligatoire, à l'impôt corporel, au servage militaire, qn'nne seule objection qui ait du poids et qui soit sérieuse ; c'est le prix qu'il fondrait payer les soldats si l'on voulait en avoir un nombre sensiblement plus considérable que le nombre actuel des remplaçants et des rengagés. Mais, loin de nous arrêter, cette objection acquiert à nos yeux la puis* sance d'un argument décisif.
Jamais les ouvriers de la guerre, se basant sur la loi suprmêe de l'offre et de la demande, ne réclameront un salaire trop élevé, car plus le taux de ce salaire sera élevé et plus l'effectif de l'armée sera forcément restreint.
Restreindre les armées au chiffre le plus faible possible, n'est-^ce donc pas là le but que sans relâche et sans fin doit se proposer la civilisation ?
Le jour où le servage militaire aura disparu , la guerre, frappée mortellement au coeur, sera bien près de disparaître*
Que ceux qui veulent fermement la paix et la liberté ve*
Doncent donc à l'emploi de ces mots caducs : mercenaires,
prétoriens^ et s'unissent pour demander TaboliHon du ser-»
vage militaire.
Ou r enrôlement volontaire comme en Angleterre et aux États-Unis : ainsi le veut la liberté dans la loi ; ou le service obligatoire pour tous» sans exception, comme en Prusse : ainsi le ve\it Tégalité devant la mort.