‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 84 sur 192 · LE BAROMÈTRE ET L'ENFANT. S · texte numérisé non relu

LE BAROMÈTRE ET L'ENFANT. S

peut tracer an cercle â la pensée de Thomme; il doit lui être permis d*étudier froidement tons les problèmes. La politique né peut pas avoir des privilèges que la religion elle-même ne réclame plus. Quand il est licite de mettre en question Fexistence de Dieu, il ne peut pas être interdit de critiquer une loi passagère, et assurément il est puéril de faire décider la vérité par un jury. L*amende ni la prison ne prouvent rinfaillibilité du juge; la vérité n'a d^autre tribunal que la raison.

M. Laboulaye appartient à recelé de Royer-Collard et de Benjamin Constant; aussi, tout en reconnaissant qu'il y a «ane part de vérité dans la doctrine de TioipaDité de la presse v , n'ose-t-il Fadopter pleinement et la proclamer hautement comme la seule qui soit d*accord avec Texpérience. Si Tamende et la prison ne prouvent pas rinfaillibilité du juge, si la vérité n*a d*autre tribunal que la raison, pourquoi la soumettre an verdict d'un jory? '

Est-ce que le jure est plus éclairé, est-ce qu'il est plus impartial que le juge?

On il y a des délits d'opinion ou il n'y en a pas. S'il y a des délits d'opinion, le droit commun commande qu'ils aient pour juges les juges des délits; s'il n'y a pas de délits d'opinion, à quel titre le jury serait-il appelé à prononcer sur eux ?

Est-ce que l'hérésie, est-ce que la magie sont déférées au

jury?

Page 1