‹ La Voix du Bon-PasteurChapitre 12 sur 88 · LES FLEURS DES BERGERS A LA CRÈCHE · texte numérisé non relu

LES FLEURS DES BERGERS A LA CRÈCHE

On raconte, dans nos landes de Bretagne, que lorsque les Mages arrivèrent à l’étable de Bethléem, ils y trouvèrent les bergers qui, n’ayant rien autre à offrir au divin Enfant, enguirlandaient avec des fleurs des champs la Crèche où il était couché ; les Mages étalèrent leurs riches présents.

Ce que voyant, les bergers se dirent entre eux : Nous voilà bien ! A côté de ces belles choses d’or et d’argent, que vont devenir nos pauvres fleurs ? L’Enfant ne les regardera seulement pas ! »

Mais voilà que l’Enfant Jésus, repoussant doucement du pied les trésors entassés devant lui, étendit sa petite main vers les fleurs, cueillit une marguerite des champs et, la portant à ses lèvres, y posa un baiser.

C’est depuis ce temps que les marguerites, qui jusqu’alors étaient toutes blanches, ont au bout des feuilles une belle couleur rosée qui semble un reflet, d’aurore, et, au cœur, le rayon d’or tombé des lèvres divines.

ANS la cérémonie de la Présentation au temple, Jésus confirme publiquement, à la face du monde, la donation qu’il a faite de Lui-même dans le secret des entrailles maternelles. «Nous savons, dit Bossuet, que le premier acte de Jésus entrant dans le monde fut de se dévouer à Dieu et de se mettre à la place de toutes les victimes, de quelque nature qu’elles fussent, pour accomplir sa volonté, en toute manière. Ce qu’il fit dans le sein de sa

mère par la disposition de son cœur, Il le fait aujourd’hui réellement, en se présentant au temple et en se livrant au Seigneur comme une chose qui est à lui (1). » Mais comment Jésus ratifia-t-Il cette offrande de Lui-même, sinon par sa divine Mère qui, en cette circonstance, renouvelle d’une manière publique et solennelle l’offrande généreuse de son Fils pour notre salut et la gloire de Dieu le Père. Si Jésus en effet se présente au temple comme victime, Marie l’v accompagne, selon le langage de saint Epiphane, en qualité de sacrificateur : « Virginem appello (*)

(*) Bossuet , 3e Elévation.

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quasi sacerdotem (* *). » C’est qu’en effet Marie, devenue mère, a quelque chose du prêtre et de l’autel : du prêtre, puisqu’elle offre en son cœur la victime du salut ; de l’autel, puisque cette victime repose sur ses mains quand elle unit sa propre offrande à la sienne.

Il n’y a que les saints qui entrent simplement et sans effort dans les profondeurs de ce mystère : « Arrivée à l’autel, dit l’un d’eux, la Vierge tombe à genoux, embrasée de plus d’ardeurs que les séraphins du ciel. Elle a son enfant dans ses mains et, l’offrant à Dieu comme une hostie de très agréable odeur, elle fait cette prière : « O Père tout-puissant, agréez l’oblation que je vous présente, moi, votre servante, pour tout l’univers. Recevez ce Fils qui nous est commun, le mien dans le temps, le vôtre de toute éternité. Je vous rends d’immenses actions de grâces pour m’avoir élevée jusqu’à devenir la mère de Celui-là même dont vous êtes le Père. Recevez donc des mains de votre servante cette victime très sainte. C’est le sacrifice du matin, qui deviendra plus tard, entre les bras de la croix, le sacrifice du soir. Père très bon, jetez un regard favorable sur mon offrande et considérez pour qui je vous l’offre. Quelle faute si grave le monde a-t-il pu commettre contre vous et de quel crime affreux s’est-il rendu coupable, qui ne puissent être expiés par un tel sacrifice ? (2) »

* si-

Ainsi donc, de nouveau Marie livre son divin Fils à l’humanité tout entière : elle l’offre pour le salut de tous comme elle l’avait enfanté pour le salut de tous ; elle renonce en quelque sorte à l’avoir pour Fils afin de nous le donner à tous comme Rédempteur. Et ne croyons pas que Marie ignore toute la portée du mystère, et que par suite, elle ne soit pas en conformité parfaite de sentiments avec la divine Victime. Elle a reçu trop de lumières sur les sens les plus profonds des Ecritures pour ne point saisir pleinement la signification de la cérémonie qui se déroule devant elle. Ces premiers-nés, offerts à Dieu comme sa propriété spéciale, représentaient le Premier-né du Père, fait homme pour la glorification de son Père, c’est-à-dire le premier-né de Marie. Leur offrande prophétisait la sienne, l’immolation de l’Agneau de Dieu qui devait effacer les péchés du monde. Assurément les Juifs charnels ne considéraient que l’extérieur de ces rites sacrés, incapables par leur grossièreté d’en pénétrer la signification intime, mais ce serait comme un blasphème d’attribuer semblable ignorance à la femme spirituelle par excellence, à la Mère de Dieu.

D’ailleurs, pour écarter d’elle toute possibilité de méprise, ou plu-

(*) Existimat Epiph., Hom. 5.

(*) Saint Thomas de Villa. Sermon de Purificat., Ire part.

tôt, pour nous faire entrer nous-mêmes plus sûrement dans les sens les plus cachés de l’offrande extérieure, Dieu va parler lui-même par la bouche du saint vieillard Simeon. Conduit, en effet, par l’Esprit-Saint, Fhomme de Dieu reçoit l’Enfant des mains de sa Mère comme pour en prendre possession au nom de l’humanité, et il le proclame à haute voix le Sauveur promis dès l’origine des siècles, mais un Sauveur qui sera tellement un objet de contradiction qu’un glaive transpercera le cœur de sa(Mère Q).

O cruelle prophétie ! ô prédiction déchirante pour le cœur d’une mère ! Quel terrible conflit de pensées et d’affections contraires, quelles dures appréhensions ces sinistres paroles ne durent-elles pas soulever dans le cœur de Marie, et cependant elle les reconnaît comme inspirées de Dieu, comme étant la claire manifestation des volontés célestes ; dès lors, elle surmonte sa tendresse maternelle effrayée et troublée par l’oracle divin ; elle impose silence à toutes ses affections pour entrer dans les dispositions et les sentiments que saint Paul attribue à Jésus Lui-même en cette circonstance : « Oui, répond-elle dans le secret de son âme au Dieu qui lui a parlé par son prophète, puisque vous le voulez, ô Dieu juste et saint, qu’il en soit ainsi. La première loi que je me suis imposée, mon premier devoir est de me soumettre entièrement à vos volontés. In capite libri scriptum est de me ut facerem voluntatem tuam (2). Il est douloureux pour moi de vous rendre le Fils que vous m’avez donné, mais puisque le corps dont vous l’avez revêtu doit être sacrifié pour le salut des hommes, je vous l’offre volontiers. Ecce venio . Je consens à m’en priver pour que les hommes trouvent en Lui le Rédempteur promis par votre miséricorde. »

Ainsi dans ce solennel mystère Marie est en parfaite communauté de sentiments avec Dieu et le Verbe fait chair. C’est elle qui offre, Jésus se soumet et Dieu accepte. Marie engage sa volonté et son cœur, comme Jésus engage sa vie et son sang, et Dieu sa miséricorde et son pardon. C’est ainsi que se conclut dans le temple, entre le ciel et la terre, ce grand traité de réconciliation qui doit un jour s’accomplir sur le Calvaire. Traité de mystérieuse alliance qui a pour garanties la bonté du Père, l’obéissance du Fils et la générosité de la Mère, pour condition le sacrifice de Jésus et de Marie, pour fruit la gloire de Dieu et le salut du monde.

Oh ! comme tout est grand et sublime dans cette offrande 1 Marie remet la douce victime aux mains de Dieu pour être immolée à son heure, et tous deux se retirent en attendant le jour où Jésus, sur la croix, consommera son sacrifice et la Rédemption de l’humanité.

(*) Luc, II, 28, sqq. — (2) Ps. xxxix, 9.

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Comment s’est fait le plas beau des CFueifi*

Jj avait, au xvnc siècle, dans Avignon, une florissante Confrérie is Pénitents noirs de la Miséricorde. Or, il advint qu’en l’an 1659, dite Confrérie trouva que sa Croix n’était plus digne de figurer en tête de ses processions de plus en plus brillantes. Les pieux Confrères tinrent assemblée plénière et avisèrent au moyen de se procurer un Christ répondant à leurs desseins. Ils décidèrent de confier ce travail important au fameux sculpteur Jehan Guillermin qui se trouvait alors à Avignon, « faisant pour l’heure son tour de France, en attendant qu’il fasse son tour d’Italie, portant dans son sac, ciseaux, râpes et goujes à tailler l’iyoire, et s’arrêtant pour sculpter le Christ mourant, là où il trouvait, avec dent d’ivoire nette et saine, des offres avantageuses qui lui permissent de vivre. »

On procura à l’artiste une dent d’ivoire magnifique pesant 73 livres, qu’on acheta à Montpellier au prix de « trente-huit sols la livre, monnoye du Roy. » Et le voici à l’œuvre. Dans son atelier, sur son établi de sculpteur, ses outils sont étalés. La précieuse dent d’ivoire est là ; il la prend, la palpe, la regarde avec amour. De cette masse unie, il va donc faire jaillir les membres et les traits de l’Homme-Dieu mourant. Mais pour réaliser ce type idéal que son cœur entrevoit, il a besoin du secours d’En Haut. Pour créer, il lui faut l’aide du Créateur. Aussi, comme devant sa toile tendue sur le chevalet, Fra Angelico priait avant de peindre ses Christs et ses madones, Guillermin, à genoux, dans son atelier, les mains sur son ivoire, le regard au Ciel, murmurait quelque prière. Et fort de ila force d’En Haut, l’artiste va créer, autant que l’homme peut créer.

Son modèle est là sur la table : c’est ce livre ouvert, c’est la Bible. Dans ses feuillets il a glissé, en guise de signets, deux lamelles d’ivoire, l’une au chapitre Ier d’Isaïe, l’autre au chapitre XIX® de saint Jean. C’est là qu’est son modèle, -c’est là qu’est le crucifix buriné par le prophète dans une vision de l’avenir, le crucifix peint par l’Evangéliste après la contemplation douloureuse du Calvaire : « De la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, tout est blessure en lui, son visage est livide, ses plaies sont gonflées, elles ne sont point enveloppées de bandelettes, ni adoucies par l'huile. C'est un homme de douleurs. » (Isaïe, i, 6) Voilà, tracé par Isaïe, le type que Guillermin regardera mille et mille fois durant son travail.

Mais si le prophète lui offre les plaies de Jésus souffrant, c’est l’Evangéliste •qui lui fait saisir la physionomie de Jésus mourant. Isaïe lui montre le corps déchiré, Jean lui offre l’àme, avec ces émotions suprêmes dont il a été témoin, r,es émotions que Jésus a révélées par ces dernières paroles : « Mon Pève, pardonnez-leur ! — Aujourd'hui tu seras avec moi en Paradis. — Femme, voici ton Fils. — Jean voici ta Mère. — Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? — J'ai soif I — Tout est consommé, — Mon Père, je remets mon âme entre vos mains. ® La miséricorde et la douleur; la soif des lèvres et la soif du cœur ;

l’angoisse d’un être, abandonné de tout, même de Dieu ; la paix de l’ouvrier qui a fini son œuvre ; l’abandon de l’enfant qui se jette entre les bras de son père ; l’humanité et ses souffrances ; la divinité et sa splendeur : physionomie une et multiple, sentiments divers, parfois opposés, voilà tout ce qu’il faut mettre dans cet ivoire. Ecrasé par la grandeur de sa tâche, l’artiste prie de nouveau : « Mon Dieu, sur cette surface polie où ma main passe et repasse, vous-même, creusez les plaies de votre Passion, soulevez les veines, faites palpiter un cœur ; vousmême, dans cette masse inerte, imprimez les douleurs de l’homme et faites resplendir la grandeur infinie d’un Dieu. »

Déjà l’ivoire est dans l’étau ; le long des lignes tracées, la scie fait le premier travail, elle évide et dégrossit. C’est « au fort des chaleurs des mois de juillet et d’août que Jehan travaille au dit ouvrage. » La sueur coule de son front : c Que ces gouttes de sueur, prie l’artiste, unies à vos gouttes de sang, me méritent, ô mon Dieu, de faire votre Image aussi belle que se peut. » L’ivoire, on le sait, résiste à l’effort du ciseau ; le travail de la scie achevé, c’est à la râpe que l’artiste recourt pour effiler, amincir ces membres dont l’œil peut deviner déjà les premiers contours.

Au bout de quelques semaines, cet ivoire est devenu un corps humain, aux grandes lignes admirablement proportionnées ; mais rien ne laisse encore soupçonner quel est cet homme... s’il est vivant, ou mort ou mourant... ce qu’il sent, ce qu’il éprouve. L’artiste dut prier avec plus d’insistance. « O Dieu qui, jadis, au dire de l’Ecriture, avez rempli de votre esprit les sculpteurs Beseleel et Ooliab, pour qu’ils pussent, avec l’or et l’argent, fabriquer un tabernacle digne de votre temple, emplissez-moi de sagesse et d’intelligence, pour que je sculpte dignement, dans l’ivoire, votre Corps adorable, vrai tabernacle de la divinité » (Exode). Guillermin prend son foret ; dans les pieds, dans les mains du Sauveur, il creuse les trous qu’y ont pratiqués les clous. Il prend son burin et il dessine ces doigts qui se raidissent, ces muscles qui se contractent sous l’effort de la douleur. Des mains, le burin descend le long des bras où il dessine l’horrible froissement des nerfs tendus par la souffrance ; il arrive à la poitrine de l’Homme-Dieu, où avec une connaissance anatomique qui émerveille tous les savants, il fait ressortir, à travers les tissus déchirés, tous ces os, qu’au dire de David, on aurait pu compter. (Psaume xxi, 18.)

Jehan a sculpté le Corps du Sauveur ; dans les traits du Visage il va mettre une âme, l’âme de l’Homme-Dieu. A ce moment suprême il dit sans doute avec David : « Seigneur, faites luire votre face aux yeux de votre serviteur » ( Psaume cxvm, 135). La gouge délicate va et vient sur l’ivoire ; sur cette Figure elle représente deux aspects, sans que l’ensemble de la physionomie soit détruit. Du côté droit les traits souffrent, la pupille de l’œil est fortement contractée ; une ride profonde, empreinte au-dessus du sourcil, trahit la nature de l’homme. Faites un pas, regardez la partie gauche de la face : plus de douleur, rien de terrestre ; le Dieu se révèle ; il s’élance vers le Ciel et vous reconnaissez Celui dont le dernier soupir deviendra le salut du monde.

L’artiste a lieu d’être heureux ; dans cet ivoire, il vient de reproduire la Face auguste que les anges adorent ; mais son ambition n’est point satisfaite ; il veut faire parler cet ivoire, il veut lui faire murmurer les paroles de Jésus mourant. Il prie encore et dit à Dieu : « Vous m’avez montré votre Face, que votre

voix maintenant retentisse à mon oreille » ( Cantiques , n, 14). La voix retentit : « Mon Père, pardonnez-leur ! » et dans le regard du Christ, levé vers le Ciel, le burin met une requête de pardon. Il entend ces mots : « J'ai soif ! » Le burin de Jehan creuse la bouche et en détache une langue pendante et desséchée qui semble demander une goutte d’eau. (Cette langue n’apparaît plus sur les lèvres de ce Christ admirable. Elle fut brisée, un jour, dans une procession, et tomba sur le sol sans qu’on s’en aperçut.) L’artiste entend enfin ces mots : « Tout est consommé. » « Je remets mon âme entre vos mains. » L’outil docile met une paix profonde sur ces traits ravagés par la douleur.

Il manquait un diadème à la tête de l’Homme-Dieu ; Cuillermin le lui a donné. A elle seule, cette couronne d’épines est une merveille de l’art. Elle est faite de trois branches entrelacées et ciselées dans l’ivoire avec une perfection inouïe. Elle entre si profondément dans le chef adorable de Jésus ; elle plisse, meurtrit et déchire si cruellement la peau de

son front, qu’on songe, en la voyant, à la vérité de la parole d’Isaïe : « Tout est plaie en lui jusqu’au sommet de la tête. »

L’imagier a reproduit l’Homme de douleurs, selon le modèle que lui offraient Isaïe et saint Jean, et si bien que, dans la suite des siècles, les hommes les plus experts regarderont ce Christ comme une merveille, et, un jour,

Canova, l’immortel sculpteur du tombeau de Clément XIII, après être resté en extase plusieurs heures devant ce Crucifix, dira aux possesseurs de ce trésor : « Conservez-le avec soin *, on ne vous en ferait plus un pareil. »

COJVIJVIE JÉSUS

Jésus est allé jusqu’aux dernières limites de l’amour, et n’a pas trouvé de moyen plus éloquent pour cela que de souffrir pour nous. Jésus veut que nous L'aimions du même amour dont II nous aime. Il serait illogique que Lui nous aimât en souffrant et que nous, nous L’aimions en jouissant.

Oh ! ne craignons pas, et disons avec amour comme saint Thomas : « Allons, et mourons avec Lui ! » Jésus sera notre force et notre consolation dans les épreuves et les peines de cette vie, jusqu’au jour béni où II sera notre lumière -et notre joie dans la Patrie.

1 6Ccole du 3on-]?asfeur

Mes Réflexions du présent

Ce que je sais

L’année présente n’est qu’un anneau dans la chaîne des années qui composent ma vie. Je vais revivre ce que j’ai déjà vécu.

Mes jours vont être un mélange de sourires et de larmes, de douceur et d’amertume, de lumière et de ténèbres, de paix et de lutte, d’espérance et de déception. Mais sûrement, si je le veux, ils seront des jours de sanctification et de salut,

Je connais trop la rapidité du temps et la brièveté du bonheur, pour m’y attacher et m’y reposer. Tout passe comme le vent qui nous effleure ; tout s’éteint comme l’éclair qui sillonne la nue.

Les roses qui couvrent les berceaux sont vite fanées. Les rêves de ia jeunesse n’arrivent pas tous à maturité. Les jours ensoleillés n’ont pas toujours un lendemain.

Mais dominant la terre et les cieux, il y a Jésus, le Jésus qui demeure, le Jésus qui m’aime. J’en sais assez pour être heureux.

Ce qtie je regrette

Les années écoulées m’ont apporté plus d’une joie et m’ont aussi laissé bien des regrets. Je n’ai pas su chercher toujours le bonheur là où il est, et je regrette de n’avoir pas été vraiment heureux par ma faute.

J’ai reçu bien des leçons que le temps, les créatures, les évènements m’ont données comme à l’envi, et je regrette de n’en avoir pas suffisamment profité.

J’ai cueilli bien des fleurs empoisonnées, et je regrette d’en avoir savouré imprudemment le parfum.

J’ai couru après des papillons insaisissables, j’ai laissé mon cœur folâtrer en tous sens, et je regrette d’avoir ainsi gaspillé une partie de ma vie.

Mais ce que je regrette par-dessus tout et ce que je veux réparer cette année, c’est d’avoir abusé des grâces de mon Jésus, d’avoir été sourd à ses appels, d’avoir fermé les yeux à ses lumières et de n’avoir pas su L’aimer, lorsque mon cœur n’est fait que pour Lui.

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