A SA SAINTETÉ PÏË XII
JM ou veau et ^Auguste Pontife glorieusement régnant
Les hommages de respectueuse vénération et de tendre piété jîliale
de la part des deux Congrégations de la Maison du Bon-Pasteur; la Fraternité Sacerdotale et les Oblates de Béthanie ; ainsi qu’au nom de la grande famille des Abonnés de « La Voix du Bon-Pasteur », des Zélateurs de la Sainte-Face et de tous leurs pieux Associés.
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La VOIX DÛ BON-PASTEÙfe
Le plus cher portrait de famille
: grand mal social, c’est l’absence de Dieu. D’où la conclusion logique et nécessaire ; il faut replacer la Société en présence de Dieu. Et quel moyen plus direct, nous dirions volontiers plus palpable, de restituer cette présence divine aux regards distraits de nos contemporains que de propager la Sainte-Face de Jésus ! Cette figure adorable ne devrait-elle pas resplendir, au sein des foyers chrétiens, comme le plus illustre et le plus cher des portraits de famille ?
Or, il en existe une reproduction, particulièrement propre à cette propagande et promise à cette efficacité : c’est le tableau de la Sainte- Face exécuté par une humble Carmélite, d’après le Saint-Suaire de Turin. L’apparition de cette image impressionnante en nos temps attiédis, les saintes initiatives que, spontanément, elle a provoquées de toutes parts, semblent une indication providentielle en sa faveur, en même temps qu’un témoignage nouveau de la condescendance divine envers nous.
Aujourd’hui, comme aux premiers temps, Jésus aime à se montrer à nous sous les traits du Bon-Pasteur. Il poursuit les brebis perdues jusqu’à travers les buissons épineux de la frivolité, jusqu’au fond des solitudes de l’indifférence. Aucune difficulté ne le rebute, aucune révolte, aucun mépris. A mesure que la froideur ou la dissipation des âmes éteint leur amour ou disperse leur attention, Jésus, daignant presque adapter sa Providence aux mesures humaines, s’ingénie pour ressaisir les regards et toucher les cœurs. Il matérialise, en quelque sorte, les expressions de sa divinité, pour les rendre plus accessibles à nos mentalités matérielles. Ainsi, naguère, à la Sainte Marguerite- Marie, révéla-t-Il les puissances et les attraits de son Cœur adorable. Ainsi encore, aujourd’hui, désireux d’ouvrir aux hommes une voie plus visible et plus aisée vers ce Sacré-Cœur, a-t-Il voulu faire éclater les splendeurs et les séductions de sa Face.
Et, par une de ces ironies vengeresses, dont parfois II aime à renverser les orgueils impies, c’est la critique historique et la science expérimentale, instruments trop souvent faussés par l’incroyance menteuse, qu’il a employées à l’accomplissement de ses desseins. Leur collaboration loyale et féconde a définitivement établi l’authenticité de l’image imprimée sur le Saint-Suaire ; elle a réveillé, dans la pénombre où elle dormait depuis dix-neuf cents ans, la physionomie auguste et douloureuse que le Christ enseveli, prévoyant les besoins de notre époque, avait miséricordieusement résolu d’y laisser.
kÉVUE DE LA SAINTE-FÂCE
De cette authenticité, nous n’avons pas besoin de reprendre ici la justification. Des écrivains d’une franchise et d’une compétence incontestée, ont magistralement établi que le linceul exposé à Turin était bien réellement le Saint-Suaire. Ils ont également démontré que l’image empreinte en ce tissu vénérable, ne pouvant y avoir été fixée par la peinture, avait dû, au contact de la dépouille mortelle embaumée, le pénétrer spontanément par on ne sait quel phénomène chimique ou par un miracle. Ils ont prouvé, enfin, que cette image surnaturelle, ou pour le moins extraordinaire, correspondait, avec une précision mathématique, au corps supplicié du Sauveur. Un savant incrédule a dû reconnaître que cette conclusion s’imposait.
Il n’est pas nécessaire ici d’exposer de nouveau pareille évidence. Il suffit de rappeler que, dans la copie dont nous avons parlé plus haut, ce portrait authentique de Notre Seigneur Jésus-Christ nous est exactement rendu. La pieuse artiste exécuta cette peinture avec un scrupule et un respect si profonds, elle parvint à restituer la physionomie divine avec une si frappante exactitude et une si émouvante intensité, que l’on croit sentir en son œuvre une aide et une inspiration du ciel. Sa main nous a donné la figure du Christ.
Et c’est ce caractère particulier qui communique â la Sainte-Face une opportunité plus pressante. A la première indication que la Providence a daigné fournir en exaltant le linceul de Turin, ce cachet de vérité dans la reproduction du Saint-Suaire ajoute un second témoignage. Un portrait n’a-t-il pas d’autant plus de prix pu’il offre une ressemblance plus fidèle ? Et l’ami, plus vivant sur la toile, ne pénètre-t-il pas avec plus de vie dans nos intelligences et dans nos cœurs ?
C’est presque un plébiscite épiscopal, que les attestations émues et formelles, signées par un si grand nombre d’évêques en faveur de cette pieuse gravure. Rien n’est plus significatif, dans leurs lettres écrites isolément, que la répétition des formules analogues et des mots identiques. On dirait que l’image parlante a voulu se révéler en même temps par leurs plumes diverses. Au hasard, voici quelques citations qui synthétisent l’impression commune. « Comment contempler cette Figure adorable... sans se sentir profondément ému, sans se repentir en même temps des crimes qui ont armé les bras des bourreaux ?» — « Impossible de la regarder, de la contempler, sans se sentir remué jusqu’au fond de l’âme. » — « L’âme profondément émue se sent plus fortement portée à aimer davantage la divine Victime. » — « Beaucoup d’âmes lui devront un accroissement de dévotion pour la Passion. » — « De toutes les reproductions de la Sainte-Face, aucune n’avait produit sur moi unç
impression aussi profonde et aussi mystérieuse. » — On relève à peu près la même pensée chez un autre : <( L’expression d’amour en même temps que de souffrance de cette Image, m’a vivement frappé.» — « L’Image de cette Face adorable est tellement saisissante, elle porte l’empreinte d’une si profonde douleur, et en même temps elle respire une telle sérénité dânfe la douleur et dans la mort, qu’il est impossible qu’elle ne fasse pas une très vive et très salutaire impression sur ceux qui la contemplent avec amour. »
Après ces témoignages multipliés, dont il serait facile de prolonger la liste, on n’est pas surpris de voir un même vœu se formuler sous plusieurs plumes épiscopales, à savoir que « cette image devrait avoir sa place dans toutes les familles chrétiennes » ; que « dans chaque maison, on voudrait voir cette gravure encadrée et suspendue à la muraille ».
Déjà, ce même désir avait été formellement exprimé par le Souverain Pontife en personne. Car, au-dessus des approbations d’évêques, une bénédiction pontificale a consacré cette reproduction de la Sainte- Face.
Quand, au commencement de ce siècle, une attention filiale exposa, sous les yeux de Pie X, le tableau de la Sainte-Face, une profonde émotion saisit le cœur du Pape. Il baisa dévotement la figure divine et voulut l’enrichir aussitôt des plus précieuses indulgences. Il fit plus : ayant reconnu la puissance de prédication renfermée dans cette image, il résolut d’en promouvoir et d’en stimuler la diffusion. Et c’est alors que le cardinal Gennari, dans une lettre écrite au nom du Saint-Père, au Supérieur Général de la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale, attesta que le souhait de Pie X était que « la dite image soit propagée PARTOUT ET SOIT PLACÉE EN VÉNÉRATION DANS TOUTES LES FAMILLES
chrétiennes ». Et l’éminent cardinal ajoutait : Sa Sainteté « la recommande d’une façon particulière aux évêques et à tous les ecclésiastiques, en bénissant paternellement ceux qui s’en feront les zélateurs ».
Gette insistance inaccoutumée, qui reflète et traduit l’émotion du Pape, affirme, avec une autorité suprême, et quels sentiments de douleur, de compassion, d’amour, on éprouve à la vue de ce portrait divin, et aussi quels fruits de repentir, de persévérance et de sanctification il peut faire germer dans les âmes. [Et cette fécondité providentielle, à l’heure où tant de crimes appellent la pénitence, où tant de vertus ébranlées recherchent un soutien, où tant de volontés honnêtes auraient besoin d’être poussées à la vertu, atteste souverainement les desseins de Jésus qui a résolu de se révéler au monde sous les traits tvéridiques de sa Face adorable.
REVUE DE LA SAINTE-FACE
Voici donc un peuple immense et misérable, un peuple orphelin de Dieu, que nous voulons ramener au bonheur, à la santé morale, à la fierté humaine et chrétienne, en lui présentant, comme un ami, comme un frère aîné, ce Jésus qu’il repousse ou qu’il ignore. Et voici, d’autre part, un authentique et saisissant portrait de Jésus, copié dans la souffrance et dans la mort, qui, sans pouvoir altérer sa majesté sereine, ont fait resplendir son amour infini !
Ce portrait divin, le Pape et l’épiscopat nous pressent de le répandre, en nous affirmant qu’il donnera la vie. Mettons-nous donc à l’œuvre ! Que dans tous les milieux accessibles à nos efforts, cette gravure, à la fois souveraine et miséricordieuse, pénètre dans l’habitalion des riches comme au sein des foyers populaires et jusqu’au fond des ateliers ! Que sa prédication muette et persuasive accompagne les joies et les douleurs de la famille, les amertumes et les réconforts du travail! Eh ! sans doute, nous ne prétendons pas que la question sociale en sera résolue ! Mais que d’aigreurs seraient adoucies, que de passions éteintes et que de rancunes apaisées, qui rendaient les difficultés plus complexes et les progrès moins efficaces ! Jésus, plus présent, mieux connu, plus aimé, communiquera des patiences et des énergies, qui permettront de supporter les maux inévitables : Il répandra des lumières qui montreront le remède applicable aux douleurs qu’on peut guérir.