PIEUSE ÉLÉVATION
Oh! Il est beau mon Jésus!
Il est trop beau pour que je n’en sois pas ravi. Il est trop aimant, mon Jésus, pour que je n’en sois pas épris.
Il est trop attrayant, mon Jésus,
pour que je n’en fasse point l’objet Me mes incessantes contemplations, le centre de toutes mes affections et la passion de ma vie.
Nulle beauté n’est comparable à la sienne, nul amour ne ressemble au sien, nul bonheur n’approchera jamais celui de Lui appartenir et d’en être aimé.
lia Coftfiatiee eti la IVIisémeorde de Jésus
Nous avons tous besoin de miséricorde , parce que nous sommes tous pécheurs. D’instinct nous cherchons à être pardonnés après nos fautes, et nous ne retrouvons la paix réelle que lorsque nous avons pu reconquérir la pureté de notre conscience.
Le péché laisse en nous comme un besoin impérieux de purification et de réparation ; et c’est naturellement vers l’offensé que se tournent nos regards, pour satisfaire ce besoin.
Malheureusement ce qui s’impose à nous comme une nécessité, nous devient en même temps un sujet de doute et parfois de désespérance. Comment, se dit-on, être pardonné, après avoir tant péché? Comment être pardonné de nouveau, après avoir renouvelé les offenses et les outrages? Comment être pardonné toujours, après n’avoir cessé de renouveler les ingratitudes et de commettre si fréquemment les mêmes fautes ?
N’oublions pas qu’il est dans la nature de la miséricorde divine de pardonner. Or, la miséricorde ne pardonne pas des vertus, elle ne peut pardonner que des péchés.
Pour s’exercer fréquemment, la miséricorde réclame une matière sur laquelle elle puisse agir : et c’est le péché. Elle entre donc en action suivant la multitude et la gravité des péchés ; et comme la perfection d’un attribut est son opération, la miséricorde n’est jamais plus parfaite et, pour ainsi parler, plus dans son rôle, que quand elle pardonne.
Dès lors, pourquoi douter et pourquoi craindre ? Douter de la miséricorde , c’est ne pas la connaître ; craindre de ne pas être pardonné par la miséricorde , c’est ne pas la comprendre.
D’ailleurs, nous l’avons vue la miséricorde ; elle est apparue dans le monde avec Jésus, elle s’est exercée avec une activité inlassable pendant toute sa vie, et elle s’est proclamée solennellement^ devant l’uni-
REVUE DE LA SAINTE-FACE
vers entier, sur la Croix du Calvaire où mourait le Sauveur de l’humanité coupable.
Jésus est venu pour racheter le monde, pour sauver les pécheurs, pour courir après les brebis perdues, pour bénir et pour pardonner. Il ne cesse de parler de pardon et de miséricorde ; Il se plaît dans la compagnie des pécheurs, afin de les gagner au repentir et à son amour ; Il emploie toute sa vie à accomplir son œuvre de purification et de salut ; et II meurt dans une suprême et sublime manifestation de sa miséricorde, en priant pour ses bourreaux et en prononçant une dernière parole de pardon sur le bon larron repentant.
Après cela, nous ne croirions pas à la miséricorde divine ! Nous n’irions pas nous jeter aux pieds de Jésus, qui pourtant nous a longtemps poursuivis ! Nous n’oserions pas aller jusqu’à son Cœur, lorsqu’il nous en ouvre Lui-même l’entrée ! Nous ne verrions en Lui que sa majesté et sa justice, lorsqu’il s’est tant rapproché de nous, qu’il s’est baissé sur nos misères, qu’il persiste dans ses avances, qu’il nous prodigue ses tendresses, et qu’il tient le bras toujours levé pour nous bénir et nous pardonner !
Ah ! quelle inintelligence nous aurions de Jésus, si nous ne Le considérions pas, avant tout, comme le Dieu de la miséricorde, Lui qui n’a quitté le sein de son Père que pour pouvoir souffrir et mourir pour nous !
Quelle ignorance serait la nôtre si, après tout ce que Jésus a fait pour nous pendant sa vie mortelle, et qu’il continue de faire au Sacrement de son amour, nous ne savions pas que c’est en tant que pécheurs que Jésus nous a aimés, qu’il vient à nous parce que nous sommes pécheurs, qu’il a pitié de nous parce que nous ne cessons de pécher, et que son bonheur, tant que sa miséricorde retient sa justice, c’est de nous pardonner.
Sans doute, nous devons chercher à ne plus pécher, nous devons employer tous les moyens de fuir le péché ; mais si nous faiblissons encore, souvenons-nous que Jésus ne nous refusera jamais le pardon, tant que nous recourrons à Lui avec confiance.
Disons-nous que Jésus nous aime avec une tendresse particulière quand II nous voit à ses pieds, chargés de nos fautes et implorant son pardon. Nous faisons, en quelque sorte, le bonheur de sa miséricorde, Lui qui ne pourrait nous pardonner si nous n’avions des péchés.
Oh ! que cette pensée est consolante et qu’elle met un baume précieux sur les blessures de l’àme qui pleure ses fautes !
Et comme il est important de ne pas confondre la tristesse, la lassitude, le dégoût et un certain abattement — qui sont la conséquence de nos péchés et qu’il nous faut accepter avec humilité et résignation —
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avec un découragement coupable qui pourrait nous envahir, comme si Jésus avait refusé de nous pardonner.
Non, non, acceptons de souffrir, puisque nous avons péché ; mais jamais de nous décourager, puisque Jésus nous a pardonné.
Nous sommes les trophées de Yamour miséricordieux de Jésus. Mettons en Lui notre confiance. Aimons Celui qui nous a tant aimés et chantons ses éternelles miséricordes. « Misericordias Domini in œternum cantabo. » (Ps. 88.)