‹ La Voix du Bon-PasteurChapitre 37 sur 88 · Les mirages du bonheur · texte numérisé non relu

Les mirages du bonheur

Le bonheur est un mot magique qui s’exprime sans être prononcé. Il est, en quelque sorte, dans l’air, en même temps qu’il est inscrit dans tous les cœurs. Tous veulent le saisir, et bien peu en jouissent vraiment. N’importe, on court sans relâche à sa poursuite, dans l’espérance de le posséder. C’est un cinéma flamboyant qui éblouit et empêche de juger sainement des choses.

Le bonheur voltige dans toutes les directions, pour attirer l’attention des humains et les tromper. Si encore il se faisait voir tel qu’il est ; mais il se laisse entrevoir dans un lointain quasi mystérieux qui aiguise la curiosité et où les plus flatteuses apparences ne tardent pas à s’évanouir dans de tristes réalités.

Il s’affirme comme la vérité, lorsqu’il n’est souvent que mensonge. Il se pare d’attraits propres à séduire les inexpérimentés. Il se revêt même parfois des charmes d’une vertu apparente, d’autant plus dangereuses qu’elle n’élève l’àme que pour aggraver ensuite sa chûte.

Folâtrer autour du bonheur. S’amuser à se brûler les ailes, pourvu que l’on goûte un moment de jouissance. Voilà ce dont hélas ! se contentent tant de mortels.

Et pourtant le bonheur est quelque chose de trop essentiel dans l’existence, pour prendre ainsi les teintes du mirage et de la vanité,

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Ah ! combien d’àmes ont pleuré après avoir joui, ont été déflorées après avoir été trompées ! Ne soyons pas de celles-là.

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