‹ La Voix du Bon-PasteurChapitre 47 sur 88 · LE SAINT -SUAIRE · texte numérisé non relu

LE SAINT -SUAIRE

et la Résurrection de Jésus-Christ

e temps pascal est achevé, nous laissant dans les grands souvenirs de la Résurrection du Christ Rédempteur, désormais assis, après sa glorieuse ascension dans les cieux, à la droite a- . de Dieu son Père. Ce grand fait de la Résurrection domine tout le cycle liturgique des fêtes chrétiennes, comme il domine tout le christianisme lui-même. « Si le Christ n’est pas ressuscité, dit deux fois saint Paul, dans sa première Epitre aux Corinthiens, vaine est notre prédication, vaine est notre foi. » La Résunection de Jésus est, en effet, le point capital du dogme chrétien, comme il est le fait principal du

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LÀ VOlk DU BON-PÀStEUk

récit évangélique. Sans elle, le christianisme ne se comprend plus ; avec elle, tout s’explique dans l’Evangile.

Si tous les efforts du rationalisme et de l’incrédulité ont porté principalement, à toutes les époques et de nos jours surtout, contre la vérité et l’authenticité de la Résurrection de Jésus-Christ, c’est à la démontrer que l’apologétique chrétienne s’est attachée le plus aussi dans tous les temps. Dès le lendemain de la disparition du Sauveur, elle a été le grand argument de la foi. Incrédules d’abord, puis convaincus par l’évidence même du fait, qu’ils ont pu constater de leurs yeux, de leurs oreilles, de leurs mains, en voyant le Christ, leur maître, revenu à la vie, se montrant à eux, conversant et mangeant avec eux, les Apôtres s’en firent les premiers témoins devant le monde. Tout de suite, Pierre et les autres prêchèrent Jésus-Christ ressuscité aux Juifs. Des milliers de leurs compatriotes, qui avaient connu ce Jésus de Nazareth, en crurent leur témoignage. Le christianisme commença ainsi par la croyance en la Résurrection. Et depuis, c’est par elle aussi qu’il s’est affirmé dans l’opinion des hommes et développé sur la terre.

Les dévots de la Sainte-Face aimeront, en particulier, à se dire qu’ils ont dans le vénéré Suaire de Turin, qui leur a laissé l’image adorable, un témoin matériel de la Résurrection du Sauveur. Le linceul du Christ est intimement lié au fait de la Résurrection.

Aux premières lueurs du jour qui suivit le Sabbat, Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé s’étaient hâtées de revenir au tombeau du divin Maître, pour procéder à l’embaumement du corps, que Joseph d’Arimathie et Nicodème n’avaient pas eu le temps d’accomplir. Plus jeune, plus empressée, Madeleine les avait un peu devancées. De loin, elle vit que la grosse pierre qui fermait l’entrée de la grotte sépulcrale avait été écartée. On avait donc, pensait-elle, violé le tombeau du Maître et son corps était à l’abandon. Madeleine, affolée, retourne en courant, à la ville, prévenir les disciples, Pierre, le chef des <îôMë, Jean le bien-aimé, chez qui s’était retirée la Mère de Jésus. « On a enlevé le Seigneur du sépulcre, leur dit-elle, et nous ne savons ce qu’on en a fait. »

Pendant ce temps-là, les autres femmes, restées seules après le départ précipité de Madeleine, étaient entrées dans l’intérieur de la grotte. Et là, à leur épouvante, ellqs avaient trouvé un ange, sous la forme d’un jeune homme, vêtu de blanc, qui leur dit : « Ne craignez pas ; vous cherchez, je le sais, Jésus de Nazareth, qu’on a crucifié : il est ressuscité ; il n’est plus ici : venez et voyez l’endroit où il avait été déposé. Hâtez-vous d’annoncer à Pierre et aux disciples qu’il est ressuscité des morts ; il vous précédera en Galilée ; c’est là que vous le verrez, selon qu’il vous a prédit : je vous en préviens d’avance. ))

REVUE DE LA SAINTE-FACE

De leur côté, Pierre et Jean, déjà prévenus par Madeleine, étaient accourus au tombeau, Jean le premier. Mais le jeune disciple n’avait osé entrer ; il s’était contenté de se pencher à l’intérieur pour voir, et il n’avait vu que des linges à terre. Pierre, arrivé après lui, entre sans hésiter ; il voit non seulement les mêmes linges épars sur le sol, mais le grand Suaire, dans lequel on avait enveloppé Jésus, en le faisant passer par-dessus sa tête, enroulé dans un coin.

Le tombeau n’avait donc pas été violé, ni le corps brutalement enlevé, comme l’avait cru Madeleine, puisque le linceul avait été replié avec soin et mis à part. S’il était vide, c’est que Jésus en était sorti. Pierre et Jean le comprirent ainsi. Leurs yeux s’ouvrirent à la vue de ce linceul bien plié. Ils crurent alors, selon ce que leur Maître leur avait dit, « qu’il fallait que le Christ ressuscitât d’entre les morts pour entrer ensuite dans sa gloire». Et tout remplis de joie et d’admiration, ils retournèrent chez eux.

Le Saint-Suaire, conservé à Turin, fut donc, pour les Apôtres, le signe de la Résurrection du Sauveur. « Ils comprirent, dit saint Cyrille d’Alexandrie, à la manière dont le linceul avait été relevé et plié, que le Christ était ressuscité. » Ils crurent, sur ce témoignage, avant d’avoir vu. Ce n’est qu’ensuite que Jésus ressuscité se montra à eux dans son corps.

Le Saint-Suaire porte en lui un autre témoignage de la Résurrection. Les savants qui l’ont étudié, au point de vue des empreintes merveilleuses du Christ incrustées dans son tissu, disent : « Quelle que soit la nature exacte du phénomène chimique qui s’est produit, il s’agit ici d’une action d’origine organique, exercée entre un corps nu et un drap préparé. Toute action de ce genre est astreinte à une condition rigoureuse : il est essentiel que le corps ne soit resté en contact avec le drap que pendant un temps assez court pour que la putréfaction ne se soit pas produite. Si le corps se corrompt, les empreintes, quand bien même elles se fussent réalisées auparavant, se détruiront Q). »

Et, en effet, si la décomposition avait le temps de faire son œuvre, il y aurait production de liquide, et ce liquide tacherait et détruirait bientôt les images qui se seraient formées.

Si donc, entre tant de cas de sépultures semblables à celui de Jésus, parmi tant de tombeaux explorés en Orient et en Égypte par les archéologues, et où l’on a trouvé des momies ou des squelettes enveloppés de linceuls à la manière juive, le linceul du Christ est seul, par un privilège particulier, à offrir des empreintes bien formées et reconnaissables du cadavre qui, soumises à l’appareil photographique, ont (*)

(*) Paul Vignon ; le linceul du Christ , 2e édit., p. 121.

donné un corps admirable, c’est que le Christ seul n’a pas subi la corruption du tombeau, c’est que seul il est ressuscité d’entre les morts, et dès le troisième jour, comme il l’avait annoncé, avant que la décomposition cadavérique ait pu détruire les merveilleuses empreintes qui s’étaient formées sur son linceul et qui s’y sont conservées jusqu’à nous.

La Sainte-Face du Saint-Suaire

Il y a là un précieux et irrécusable témoignage de la Résurrection, à moins qu’011 ne veuille prétendre, avec les rationalistes, contre toute raison et contre l’histoire, que Jésus-Christ n’est pas ressuscité, mais que ses disciples l’ont clandestinement fait disparaître après sa mort.

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