Le bonheur que donne le monde est factice
Il y a soi-disant bien des heureux dans le monde. On le croit souvent, et plus d’un éprouve des sentiments d’envie lorsqu’il voit les riches et les grands de la terre entourés d’honneurs et de jouissances.
Vanité et futilité 1 Ce ne sont pas là les véritables joies qui peuvent satisfaire le cœur humain.
Combien hélas ! y ont été trompés ! Ils ont couru après le bonheur factice, comme les enfants courent après les papillons, et le bonheur a fui devant eux comme des feux follets.
Si encore l’expérience les avait instruits ! Mais ils ont préféré aspirer sans cesse après un bonheur toujours insaisissable, plutôt que de renoncer à leurs illusions.
Sans doute, il peut s’y rencontrer parfois des joies véritables, mais ce n’est que quand les joies de la vertu accompagnent ou viennent corriger les apparences de bonheur que semblent posséder les joies purement terrestres.
Il est souverainement sage de ne pas oublier que tout ce qui vient de la terre est terrestre et que tout ce qui vient du ciel est céleste. Si nous n’étions faits que pour la terre, nous pourrions trouver notre bonheur complet dans les biens et les plaisirs d’ici-bas ; mais ayant une destinée éternelle, le bonheur issu des joies de ce monde ne mérite point ce nom et n’est qu’un simulacre de bonheur. C’est une science de le savoir. C’est une grâce d’y conformer sa vie.
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