‹ La Voix du Bon-PasteurChapitre 5 sur 88 · UMANA · texte numérisé non relu

UMANA

Comment n’ètre pas frappé de cette déclaration officielle de la plus haute autorité qu’il y ait sur terre, de P authenticité de la Figure adorable de Jésus miraculeusement imprimée sur le Saint-Suaire de Turin! Et comment ne pas regarder comme un réel trésor d’en posséder une fidèle reproduction !

ZÉLATEURS DE LA SAINTE-FACE

Pour répondre aux désirs du Vicaire de Jésus-Christ, nous faisons un appel confiant à toutes les âmes de bonne volonté, pour nous aider dans notre belle et pieuse propagande de la Sainte-Face.

Pour être Zélateur, il suffit de se faire inscrire, c’est-à-dire envoyer ses nom, prénom et adresse à M. le Directeur de la Maison du Bon- Pasteur et de s’engager à répandre le plus possible cette sainte Image, selon sa situation et ses moyens. Une cotisation annuelle de 10 fr. pour la France et de 15 fr. pour l’étranger, permet à tout Zélateur de concourir efficacement à la diffusion de la Sainte-Face et aux besoins généraux de l’Œuvre dans toutes les parties du monde.

Le jour de sa nomination, le Zélateur reçoit une Image-Diplôme, et son nom est inscrit dans un Livre d’Or. (Prière d’envoyer 5 fr. pour le port).

Le titre de Zélateur donne droit à une bénédiction spéciale du Souverain Pontife, en même temps qu’à la participation à un certain nombre de messes chaque mois.

Il est dans l'Evangile un titre suave que se donna Jésus,

appellation tendre et sympathique entre toutes :

«Je suis le bon pasteur et je donne ma vie pour mes brebis. »

Et les foules accouraient nombreuses sous la houlette de ce divin Berger qui, réalisant sa parole, donna sa vie sur l’arbre de la croix pour racheter l’humanité pécheresse et ouvrir à son troupeau choisi les portes du céleste bercail.

Mais le pasteur immolé, qu-adviendra-t-il du troupeau craintif, dispersé, en proie à la dent des loups ravisseurs et aux persécutions?

Qui rassemblera les brebis éperdues, les défendra contre les gardiens mercenaires, les conduira aux gras pâturages, si ce n’est la Mère elle-même du Bon-Pasteur-; Marie la douce et puissante bergère, que dans ses desseins éternels, Jésus associa à sa mission rédemptrice et fit la dispensatrice de ses grâces.

En effet, Dieu pouvait-il contier en de meilleures mains l’Eglise naissante, qu’à Marie, la femme prédite qui devait écraser la tête du serpent infernal, l’Eve nouvelle qui par son action maternelle, continue invisiblement l’œuvre du Christ dans le monde?

Cette mission salvatrice auprès des âmes, Marie n’en avait-elle pas fait le précieux apprentissage dès l’étable de Bethléem ; elle, la gardienne fidèle, qui veilla avec tant d’amour et de sollicitude, sur l’Agneau divin que le Ciel, en sa miséricorde infinie, donnait à la terre?

Après lui avoir donné la vie, l’avoir nourri de son lait, protégé ses pas en exil, élevé dans l’intimité de Nazareth, suivi dans ses courses apostoliques, nous la retrouvons au pied de la Croix, consolant du regard la sainte Victime et recueillant de ses lèvres le précieux héritage :

« Femme, voilà votre fils. »

Et ces divines paroles ne concernent pas seulement Jean, le disciple bien-aimé. Elles ont une portée plus étendue, universelle. Celui que Jésus aima, est à ses veux l’assemblée de ses fidèles, de ses amis, de tous ceux qui le suivront et croiront en lui, les brebis qui reconnaîtront sa voix ; aussi, du haut de la croix, les lègue-t-il à sa Mère

pour qu’elle en soit la gardienne fidèle, la conductrice vigilante et la tour de David, où le troupeau sera en sûreté.

Ainsi se confirmait la sublime et maternelle mission de Marie, prophétisée dès les premiers âges au Cantique des cantiques (i, 7) :

e O pulcherrima inter muîieres egredere et abi posi vestigia gregem et pasce hædes tuos. » — « 0 la plus belle d’entre les femmes, sors et va à la suite des troupeaux et fais paître tes chevreaux. »

Mais ces mêmes sentiments d’amour pour les hommes qui passaient du Cœur adorable de Jésus au Cœur de sa Mère, n’avaient pas attendu cette confirmation du haut de la croix pour se manifester publiquement envers ces brebis chéries qu’elle reçut en héritage au Calvaire.

Quelle plus délicieuse page d’Evangile, que celle qui décrit l’attitude de Marie aux noces de Cana ?

Nous la voyons là dans son rôle de gardienne vigilante, attentive aux besoins des siens. Voyant les hôtes de la maison dans un cruel embarras, et sans être même sollicitée, elle demande à son divin Fils un miracle :

« Ils n’ont point de vin », lui dit-elle.

Et telle est la puissance de Marie sur le cœur de Jésus, que celui-ci, quoique « son heure ne soit pas venue », répond à l’amoureuse supplication de sa Mère, en accomplissant le premier miracle de sa vie publique, en changeant l’eau en vin.

Nous comprenons bien maintenant pourquoi les Pères et les Docteurs de l’Eglise ont appelé Marie « la toute-puissance suppliante » 1 Omnipoientia supplex.

Et depuis deux mille ans, Marie se plaît à demander au Bon-Pasteur de nouveaux miracles pour le troupeau confié à ses soins.

Entendons-la nous dire par la voix d’un pieux serviteur :

Je sais la Bergère fidèle,

La Mère du Divin Pasteur,

Agneaux chéris, sous ma tutelle Vous trouverez le vrai bonheur.

Et ce vrai bonheur, elle a le pouvoir de le répandre à profusion sur les âmes, car son divin Fils, en la rendant participante de ses grandeurs et de ses divins trésors et en l’associant si intimement à son œuvre rédemptrice, l’a établie la dispensatrice de tous ses dons.

Voilà pourquoi nous la voyons veiller sur l’Eglise primitive, inspirer les Apôtres au Cénacle et leur communiquer son amour et sa flamme.

Voilà pourquoi nous la voyons briser les hérésies, mettre en fuite les hordes de l’enfer déchaînées contre l’Eglise à travers les âges,

REVUE DE LA SAINTE-FACE

« Ipsa conierei caput iuum. » — (( Elle t’écrasera la tête. » (Gen., iii, 15.)

Jamais personne ne l’a invoquée en vain. Embrasée du même amour dont brûle Jésus pour les âmes, Marie va par les vallons, glanant les épis abandonnés, et moissonnant les gerbes mûries. Qui plus que Marie connaît le prix d’une âme ? Que de souffrances, d’humiliations, d’opprobres, cette âme a coûtés à son divin Fils !

Aussi la voit-on, cette Mère de miséricorde, se pencher sur toutes les misères, consoler toutes les infortunes, ouvrir ses bras maternels à tous les pécheurs et sauver les âmes de la perdition.

Enfants de Marie, portion du troupeau choisi, marchons sans crainte sous sa houlette ; de même qu’autrefois elle donna de ses mains bénies Jésus aux bergers et aux rois pour être leur pasteur et leur chef ; de même nous gardera-t-elle sûrement, dans notre voyage vers l’éternité, à Celui qui s’est déclaré le Bon-Pasteur, et qui sera à jamais l’éternelle récompense des brebis fidèles.

Un Congrès d’études sur le Saint-Suaire

On annonce qu’un Congrès national italien d’études sur le Saint Suaire se tiendra à Turin, dans les premiers jours du mois de mai, 1939. La vénérable relique conservée dans le trésor des princes de la Maison de Savoie, a été l’objet de très nombreux travaux approfondis, dans plusieurs pays — le nom de M. Paul Vignon, pour la France, y demeurera attaché. En Italie, naturellement, des savants illustres, historieps, archéologues, médecins, se sont efforcés d’arracher son secret au mystérieux linceul. Seize d’entre eux viendront apporter le résultat de leurs récentes études ; on peut citer les noms de l’académicien d’Italie, Paribeni ; du professeur Maiuri, surintendant aux Antiquités de la Campanie; du chanoine Ermanno Dervieux, de Turin, des Drs Dezani et Canuto, de Turin, etc.

L’intérêt de ces travaux a attiré l’adhésion de savants étrangers et l'on compte déjà sur la participation de nombreux membres de la Commission française du Saint-Suaire, et de celle toute récente de l’Amériqno du Nord.

La date choisie pour le Congrès coïncide avec la solennité du Saint- Suaire, qui est célébrée au propre de Turin ; et il est probable qu’à cette occasion S. M. le Roi d’Italie autorisera une exposition au public de la grande relique. Nul doute qu’en ce cas le Saint-Suaire n’attire d'innombrables pèlerins, comme lors des dernières ostensions, en 1931, pour le mariage du prince de Piémont avec la princesse Marie-José de Belgique, et en 1933, pour le Jubilé de la Rédemption.

Jsce premier bercail

du JE>on-I?asfeur

C’est à Bethléem que nous apparaît le Bon-Pasteur pour la première fois. Il est petit, mais qu’il est beau ! Il ne parle pas encore, mais qu’il est captivant !

Bergers et brebis accourent pour le voir et recevoir ses premiers sourires.

Il s’en fait un petit troupeau, et il devient le pasteur des pasteurs.

Les pasteurs à la Crèche

Au temps de Noël, il renouvelle des scènes semblables, en attirant à sa crèche tous les petits enfants.

Puis leur montrant le Tabernacle, il leur lait comprendre que s’il est immobile sur la paille de la crèche, il vit vraiment dans le ciboire où il réside, et où il s’est fait le Bon-Pasteur de toutes les âmes qui veulent le suivre.

O Jésus, mon bien-aimé Bon-Pasteur, je veux être votre petite brebis. Gardez-moi dans votre bercail, tout près de votre doux Tabernacle.

J’ai vu bien des beautés sur la terre, mais j’en ai vues de plus belles en regardant le ciel.

J’ai vu tout renaitre dans la nature, au printemps, et tout disparaître à l’automne. Le brin d’herbe qui croît m’a parlé de la vie, la feuille qui tombe m’a été une image de la mort. J’ai foulé les fleurs sous mes pas et me suis parfois blessé aux épines.

J’ai contemplé la splendeur des deux et j’ai vu plus d’une étoile se détacher de la voûte céleste et disparaître dans l’immensité, image de l’instabilité des choses humaines et de la fragilité de la vertu.

J’ai considéré les oiseaux sillonnant les airs et je n’ai jamais pu m’élever de la terre. Et pourtant je me sentais attiré vers les hauteurs. C’est alors que mon âme s’est envolée vers d’autres deux, où elle a trouvé Jésus, et avec Lui la paix et le bonheur.

Ce que j’ai compris

Les jours et les années écoulées m’ont instruit. Mes regards, en se portant de la terre au ciel, m’ont fait comprendre qu’ici-bas tout passe et que là-haut tout demeure.

J'ai voulu saisir des joies qui se sont évanouies dans mes mains. J’ai cru aux amitiés qui demeurent et j’ai poursuivi le bonheur sous toutes ses formes. Il m’est resté dans le cœur plus d’une blessure et dans l’âme bien des tristesses et des regrets.

A l’école des vicissitudes humaines, j’ai compris qu’il n’y a ici-bas rien de stable et qu’il faut aller à Jésus pour y trouver les joies pures et durables du paradis.

J’ai compris que la terre n’est qu’un point d’appui pour prendre son envolée vers le ciel, et que la vie qui aboutit à la mort n’est qu’une préparation à celle qui ne finira jamais.

Ce qui m’a réjoui

Au milieu de mes désillusions et de mes peines, j’ai cependant éprouvé de vraies joies, et je les ai trouvées dans la vertu.

Je me suis réjoui de savoir qu’il y avait du baume pour toutes les plaies, des consolations pour toutes les douleurs, des secours pour toutes les infortunes, des pardons pour les pécheurs, des promesses de vie pour les mourants, des espérances pour les cœurs en deuil et des assurances de félicité éternelle pour les âmes assoiffées de bonheur.

Et ma joie n’a plus eu de bornes, quand j’ai compris que Jésus et Jésus seul est tout ce dont j’ai besoin, tout ce que je puis désirer, tout ce qui peut me rendre heureux.

Je bénis les années écoulées qui m’ont conduit à cette science incomparable de voir Jésus en tout et de trouver tout en Lui.

Ce qui m’a attristé

J’aurais voulu n’éprouver que des joies, mais il m’a fallu verser des larmes.

J’ai pleuré sur des êtres aimés, mais j’ai surtout pleuré sur moimême. J’ai hélas ! connu les infidélités du cœur et les souillures de l’âme.

J’aurais pu être toujours heureux, mais je me suis créé à moi-même des sujets de douleur que seuls les pardons miséricordieux de Jésus ont été capables de calmer.

Chaque fois que j’ai péché, j’ai vicié en moi la source du bonheur. En perdant l’amitié de Jésus, je me suis voué au remords, au repentir et à l’expiation.

Mais il y a quand même du bonheur à rendre à quelqu’un ce qu’on lui a enlevé et à rendre à son âme la pureté qu’on lui a ravie. Aussi je sécherai mes larmes en réparant mes fautes, je redeviendrai heureux en aimant Jésus et en lui demeurant fidèle.

Ce qui m’a sauvé

Sans la foi, je serais tombé dans les ténèbres. Sans l’espérance, je me serais laissé abattre et décourager. Sans la charité, je ne me serais pas relevé de mes chutes et je n’aurais pas eu le courage qui donne les victoires. Jésus m’a sauvé, parce qu’il m’aimait. J’ai aidé Jésus à me sauver, parce que je L’aimais.

C’est Jésus-amour qui m’a préservé, secouru, pardonné et sauvé. C’est mon amour pour Jésus qui réparera efficacement mon passé, qui me donnera la générosité du présent et me maintiendra fidèle dans l’avenir.

Je fais volontiers le sacrifice de tout, mais je n’ai pas le droit de sacrifier mon âme et de l’exposer au malheur éternel. Donc, fidélité en tout et toujours, amour et reconnaissance à Jésus.

Jésus, le Bon-Pasleur,

espérance et consolation

de tous ceux qui souffrent

Savoir souffrir

Science nécessaire

Une science utile et indispensable entre toutes est celle de la douleur. Il est sûr qu’on peut ici-bas se passer de bien des connaissances, et quel est l’homme qui s’est jamais vanté de les posséder toutes? Mais il en est une qu’il faut posséder de toute nécessité, parce que sans elle toutes les autres ne servent de rien : encore une fois, c’est la science de la douleur.

Ecoutez l’Esprit-Saint : (( Celui qui na pas été éprouvé , que sait-il? » (Eccli., xxiv, 9).

A la parole divine fait écho la voix du poète :

O douleur !

Qui ne t’a pas connu ne sait rien d’ici-bas,

II foule mollement la terre, il n’y vit pas ;

II ne sait pas combattre avec son pauvre coeur Ce combat douloureux qui le rendrait vainqueur.

Lamartine

Un grand religieux et un fervent apôtre, le P. de Ravignan, s’écriait devant l’auditoire de Notre-Dame : « Souffrir, voilà la tâche de la vie ; bien souffrir, voilà 1a. condition du salut. Hélas! qui de vous veut souffrir? Qui de vous sait souffrir? »

Cependant tout le monde souffre. Ce n’est pas une vérité à démontrer. Vous avez déjà souffert, cruellement peut-être... Vous souffrirez encore, non pas une seule fois, mais souvent, et dans un certain sens,

toujours.

Or, si la souffrance est le lot de toute vie et de toute la vie, qui ne saisit la nécessité qui s’impose à tous de connaître l’usage qu’il en faut faire et le bien qu’on en peut tirer. Bien supportée, elle mène ici-bas à la résignation, à la paix, à l’héroïsme des vertus, à la perfection de

l6 LA VOIX DU BON-PASTEUR

l’amour, à la sainteté, et nous introduit victorieusement au ciel. Mal supportée, elle conduit à l’irritation, au murmure, au blasphème, au désespoir, et n’abandonne sa victime qu’à la porte de l’enfer sur laquelle Dante a lu cette eflrayante devise :

Vous qui entrez ici laissez toute espérance !

Ne vous étonnez pas, après cela, d’entendre un maître de la vie ascétique, saint Jean Glimaque, énoncer ce principe : « Qui sait souffrir, sait tout ».

Le Maître de la « bonne souffrance »

Où donc trouver le maître de cette science austère? Pour l’enseigner efficacement, ce maître n’en devra pas- avoir seulement une connaissance théorique, mais surtout expérimentale ; et pour faire accepter ses leçons, il faudra bien qu’il en fasse pressentir les heureux fruits.

Si la souffrance ne doit pas être consolée, si l’espérance ne rayonne pas dans ses difficiles et obscurs sentiers, qui donc voudra s’y engager de bon gré ?

Chères âmes, il est tout près de vous, ce maître. Regardez le Crucifix, approchez-vous du Tabernacle, accourez auprès du Bon-Pasteur. Voilà le Docteur et en même temps le Consolateur. C’est Jésus, c’est l’Homme-Dieu ; c’est la Victime du Calvaire et c’est l’Hostie de l’autel.

La douleur, Jésus la connaît d’une science divine, Lui qui, d’un regard, embrasse toutes les causes et en pénètre tous les effets, qui lit à découvert au fond du cœur de tous les hommes et entend tous les sanglots de l’humanité déchue... Mais, dit saint Paul, pour l’apprendre à un titre nouveau, qui L’attacherait plus fidèlement à notre misère et qui gagnerait aussi plus sûrement notre confiance, « Il a voulu Lui-même souffrir tous nos maux ». <( Vous n avez pas, continue l’Apôtre, un Pontife qui ne sait point compatir à vos infirmités, car II a voulu être éprouvé en tout , afin de pouvoir vous consoler dans toutes vos peines » (HÉbr., xi, 17, 18).

Prêtre et Victime, Jésus s’est voué à la souffrance et à la mort, parce qull Va voulu (Is., LXIII, 7).

Bon-Pasteur, Il a donné sa vie pour ses brebis. Innocent et pur, Il était fait pour la joie sans mélange, mais « au bonheur qui lui fut proposé , Il préféra la croix et embrassa la confusion et le mépris » (HÉbr., Xii, 2).

Couronné d’une souffrance à nulle autre comparable (Thre., i, 12), Il apparut dans le monde comme V Homme des douleurs, «virum dolorum», et le prophète ajoute qu’il en posséda la science parfaite, « scienciam infîrmitatem » (Is., lxiii. 3).

Personne autant que Lui n’est en droit de nous dire : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive » (Matth., xvi, 24).

REVUE DE LA SAINTE-FACE

Par la croix à la lumière

0 Maitre adoré, où donc allez-Vous? et jusqu’où faut-il vous suivre?... Au ciel, au bonheur sans fin? — Oui, mon fils, mais en passant par la même route que j’ai rougie de mon sang, la route du Calvaire.

Sur les pas de Jésus, qui hésitera à marcher courageusement?...

A une dame du monde qu’accablaient de longues et dures épreuves, le Bienh. P. Eymard écrivait : Votre croix n’a pas encore fleuri, mais ayez confiance, elle fleurira ». Vos croix, plantez-les près de la croix de Jésus, elles donneront des fleurs et des fruits exquis de sanctification et de bonheur.

ltestez à l’école du Maître. Il vous enseignera à souffrir. Très doucement, parlant bas à l’oreille de votre âme, Il vous fera comprendre que la souffrance chrétienne : c’est la science de l’amour, c’est la science des saints, c’est la science du salut.

Un grand moyen d’abréger son Purgatoire,

c’est de faire dire des Messes de son vivant

« Un grand nombre d’hommes ignorent que le saint Sacrifice de la Messe leur serait d’un bien plus grand profit, s’ils le faisaient offrir pour eux de leur vivant, au lieu de laisser à leurs héritiers, à leurs proches ou à leurs amis le soin de le faire célébrer pour le soulagement de leurs âmes après leur mort... Les fruits du Sacrifice de la Messe sont en effet d’une bien plus grande efficacité pendant la vie qu’après la mort, car l’application qui en est faite aux vivants bien disposés est plus directe,

PLUS CERTAINE et PLUS ABONDANTE. »

Benoit XV, 3l Mai 1921

La Maison du Bon-Pasteur se charge de faire célébrer promptement toutes les Messes, basses ou chantées, qui lui sont envoyées. — S’adresser à M. le Directeur de la Maison du Bon-Pasteur , 228, Boulevard Péreire, Paris.

Appel aux âmes dévouées

Nous nous adressons avec confiance à nos nombreux clients de la Maison du Bon-Pasteur, ainsi qu’à tous nos dévoués Zélateurs et Associés de la Sainte-Face, pour leur demander de nous prêter leur pieux concours en faveur de notre Revue.

Ce premier numéro est à faire connaître partout. Qu’ils s’en servent comme introduction auprès de leurs connaissances et de toute personne susceptible de s’abonner ; qu’ils sollicitent des abonnements (toujours payables d’avance), et s’empressent de nous envoyer les noms et adresses exactes ; qu’ils nous envoient les adresses de ceux à qui nous pourrions expédier directement un exemplaire specimen.

Nous leur exprimons à l’avance notre reconnaissance.

IS

One brebis égarée, ramenée au bercail par les influences eucharistiques du Bon-Pasteur

Ce jour-là, j’étais d’assez méchante humeur. Je ne sais quelle lassitude morale m’accablait.

Comme je passais devant une église, j’y entrai ; je m’avançai jusqu’à la balustrade du chœur et me plaçai sur un prie-Dieu.

Je regardais assez machinalement le Tabernacle, lorsque la pensée d’un tout petit volume, dont j’avais lu le titre dans la main du fils d’un de mes amis, me traversa l’esprit :

Il est là ! (4)

Tel était ce titre.

J’étais catholique, voire même catholique manifestant, sinon très convaincu. J’allais à la messe basse le dimanche. Je prenais part, à l’occasion, aux processions qui se déroulaient dans l’église. J’avais reçu une éducation assez chrétienne, je savais !...

Il est là !... Je reportais les yeux sur le Tabernacle...

Puis devant mon imagination se déroula une série de souvenirs des choses apprises dans mon enfance. Je revis par la pensée, une sorte de grotte, étable à peu près abandonnée.

Dans la crèche était couché un tout petit enfant, le plus beau certes que jamais la terre ait porté. Une jeune femme, agenouillée près de l’enfant qui souriait et tendait ses petites mains.

Un homme, d’un certain âge, debout derrière la jeune femme, et regardant complaisamment l’enfant.

P) Ce petit livre a été édité par la Maison du Bon-Pasteur et a déjà été répandu à plus de deux cent mille exemplaires. — Prix ; 0.90

REVUE DE LA SAINTE-FACE

Et mon regard se reporta vers le Tabernacle, et je murmurais :

Il est là !...

Puis ma pensée me transporta dans un atelier, bien pauvre, de charpentier. Un bel adolescent, au front pur, au regard limpide, allait et venait dans cet atelier, maniant tantôt la scie et tantôt le rabot.

Et de nouveau je regardais le Tabernacle et je répétais en moi-même :

Il est là !...

Puis dans mou esprit je voyais sous le beau ciel de la Judée, au pied d’une colline ombragée, où l’herbe croissait haute et luxuriante :

un homme, jeune encore, à l’aspect majestueux en même temps que bon ; au regard pénétrant jusqu’au plus profond de l’âme, se tenait debout sur le premier contrefort de la colline ; quelques hommes, rudes travailleurs sans doute, l’entouraient. Une foule immense se tenait au pied de la colline.

Et Lui... 11 parlait à cette foule, et tous écoutaient ses paroles, ne pouvant détacher de Lui leurs regards. Dans la foule, en un murmure étouffé, on entendait ces paroles :

(t Jamais homme ria parlé comme Celui-là...

« Il parle avec autorité et non comme nos Docteurs. »

Mon regard de nouveau, instinctivement, se porta vers le Tabernacle, et sur mes lèvres revenait cette parole :

Il est là !...

Et maintenant II s’était tu, Il s’était rapproché de la foule, et on Lui présentait des malades : des sourds, des aveugles, des paralytiques.

D’un regard, d’un mot, Il commandait à la maladie, et tous s’en allaient guéris.

« Glorifiant Dieu à haute voix !... »

Et comme un souffle en moi passaient les mêmes paroles :

Il est là !...

Et quelque chose m’attirait vers le Tabernacle. Une force inconnue dont je ne me rendais pas bien compte.

Puis dans ma pensée, je revis une route longue, tortueuse, s’allongeant vers une colline dénudée.

Un long cortège s’avançait !...

Des soldats Romains à la mine farouche.

Des pharisiens Juifs aux regards haineux.

Des curieux, gens de tous pays.

Puis un homme pâle, sanglant, défiguré, fléchissant sous le poids d’une lourde croix... En passant, il me sembla qu’il me regardait..,

REVUE DE LA SAINTE-FACE 21

Je le reconnus : C’était l’enfant de Bethléem... L’adolescent de Nazareth... Le prophète de la Judée.

C’était Lui !... Celui que je reconnaissais pour mon Dieu, mon Sauveur ! Celui qui «Etait là, dans ce Tabernacle)). Et je songeais que c’était le poids de mes péchés qui alourdissait sa croix !...

Le son de l’horloge me rappela à la réalité du moment.

Toute impression pénible s’était évanouie de mon âme. Mais je ne sais quoi m’empoignait au cœur!...

Je me levai... Je pliai les genoux devant Lui, et je sortis en me disant : Demain je reviendrai. (R suivre.)

Ppièpe à Jésus le Bon-Pasteur

Jésus, divin Pasteur des âmes, dont les sollicitudes s’étendent à toutes les brebis que Vous êtes venu sauver et qui n’avez cessé de me combler de vos attentions délicates et de vos miséricordieuses tendresses, je viens me jeter à vos pieds et me mettre sous votre tutelle paternelle.

Je ne veux plus jamais déserter le bercail ou Vous réunissez les brebis qui Vous connaissent et que Vous aimez' J’écouterai toujours votre voix, ô doux Pasteur, et je marcherai sans faiblir, sous votre houlette, dans la voie qui conduit au salut.

Je Vous en supplie, mettez-moi au nombre de vos brebis les plus chères ; tournez vers moi vos regards les plus tendres et ne me perdez pas de vue de peur que je ne m’égare ; dans les dangers, prenez-moi dans vos bras, et Iaissez-moi me reposer sur votre Cœur.

C’est Vous, ô divin et tendre Pasteur, que je veux suivre tous les jours de ma vie. Je ne désire point d’autre bonheur que celui de faire partie de votre troupeau, de vivre sous votre regard et dans votre compagnie.

Oh ! donnez-moi la force de Vous rester fidèle et de Vous aimer avec la même tendresse dont Vous m’aimez Vous-même, afin de mériter de Vous aimer sans fin dans la Patrie. Ainsi soit-il.

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Dans mes tristesses, soyez ma joie,

Dans mes maladies, soyez mon réconfort.

Dans mes deuils, soyez ma consolation.

Dans mes tentations, soyez mon secours.

Dans mes épreuves, soyez ma force.

Dans mes abandons, soyez mon refuge.

Partout et toujours, soyez mon amour, mon trésor et mon tout !

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Ésus, le Bon-Pasteur, est venu dans le monde avec le dessein arrêté d’y rester toujours. A l’heure de son Sacrifice suprême, il fallait qu’il changeât le mode de sa présence parmi les hommes ; mais le même amour qui L’avait fait s’incarner, devait Le pousser jusqu’aux extrêmes abaissements de l’Eucharistie.

Jésus s’est fait Hostie, sans doute afin de satisfaire son immense amour pour nous, mais aussi afin d’être payé de retour. Il s’est condamné au silence et à l’immobilité, Il a voilé ses perfections divines et humaines, mais II n’a point enchaîné son àme, et dans l’Eucharistie son esprit comme son cœur sont sans cesse en activité.

Gomme un bon Pasteur, Il pense à nous, afin de nous secourir et de nous manifester de toute manière son amour ; Il nous aime, et son amour Le fait sans cesse se souvenir de nous. C’est ainsi que nous devons agir à son égard; nous devons L’aimer assez pour penser fréquemment à Lui, et nous devons nous servir de son souvenir pour accroître et vivifier notre amour.

Jésus-Eucharistie tient-il dans votre vie une place prépondérante ? Vous qui pensez à tout, pensez-vous à Lui ? Vous qui faites renaître si souvent les souvenirs du passé, savez-vous vous rappeler ce qu’il en a coûté à Jésus pour se faire Sacrement, tout ce qu’il y a fait pour vous, les pures joies et les douces consolations que vous avez goûtées au pied des autels, les secours de toutes sortes que vous en avez reçus dans vos communions, vos visites et vos adorations?

Vous qui vous complaisez en tant de joies passagères et qui mettez si facilement votre bonheur à jouir des satisfactions successives qui s’enchaînent dans votre vie, arrêtez-vous votre pensée sur la plus douce réalité qu’il y ait sur terre, et qui, à elle seule, suffirait à faire le bonheur des bienheureux, s’ils n’étaient destinés à voir face à face dans le ciel Celui que nous adorons sous les voiles du Sacrement?

Le souvenir de Jésus toujours présent tout près de vous, pensant constamment à vous, préoccupé de vos intérêts et disposé, jour et nuit, à vous bénir, à vous secourir et à vous combler de ses dons, n’exerce-t-il pas sur vous une influence au moins égale aux joies qui vous viennent des créatures et des choses de ce monde ?

N’y a-t-il pas de quoi vous laisser impressionner, lorsque vous considérez que Jésus, qui n’a pas besoin de vous, veut quand même rester à vos côtés ; qu'il ne vous perd jamais de vue, lorsque vous, vous L’oubliez si souvent ; qu’il

REVUE DE LA SAINTE-FACE

passe des jours entiers à attendre votre visite ; qu’il épie les moments où votre pensée se portera sur Lui ; qu’il vit dans l’attente d’un mouvement de votre cœur qui réponde à l’amour du sien ?

Ah ! que le mystère de notre indifférence et de notre ingratitude est grand, en face de celui de l’amour de Jésus pour nous ! Quel contraste que celui qu’offre nos âmes oublieuses et froides, en regard de ce perpétuel et amoureux souvenir que Jésus, notre Bon-Pasteur, conserve de nous dans tous les Tabernacles où son amour L’a divinement enchaîné !

Vous dont l’imagination n’est jamais en repos et qui vivez souvent autant dans l’avenir que dans le présent, cherchant des joies nouvelles qui répondent à des désirs sans cesse renaissants, pensez-vous à ce que la présence de Jésus dans l’Eucharistie vous réserve de bénédictions et de grâces ?

Que sont toutes les satisfactions du monde à côté d’une seule communion ! Quelle joie terrestre peut être mise en parallèle avec le bonheur tout divin de pouvoir passer un moment dans la compagnie de Jésus, sous la tutelle de notre ineffable Bon-Pasteur !

Voilà ce à quoi vous devez penser avant tout ; voilà le souvenir qui doit ensoleiller votre vie, surnaturaliser vos joies, consoler vos peines, fortifier votre faiblesse, assurer votre fidélité, raviver votre amour, remplir votre âme de reconnaissance et de suavité.

Jésus est là, et 11 y est pour vous !

Il pense à vous, pensez à Lui !

Gonnepsion du Gaudinal G}anning

Voici comment l’illustre cardinal-archevêque de Westminster racontait l’histoire de sa conversion dans une lettre à un ami :

. «J’étais à Rome ; je visitais les musées, les ruines, les églises. Comme mes compatriotes, j’assistais aux cérémonies, étudiant la cité à tous les points de vue. Je n’avais pas le moindre doute sur la vérité du protestentisme dont j’étais l’un des ministres. Je n’avais aucune pensée de changer ma croyance religieuse ; je n’y avais jamais songé. Sur ce sujet rien de ce que j’avais vu n’avait fait la moindre impression sur moi ; de fait, j’étais aussi éloigné du catholicisme que quand je quittai l’Angleterre.

«Un jour, un matin, j'entrai dans l’église de Saint-Louis des Français. Là, sur l’autel, le Très Saint Sacrement était exposé pour la bénédiction, un service religieux que je n’avais jamais vu auparavant.

« Rien ne pouvait être plus simple : de l'encens, des cierges allumés, les prêtres dans leur simple habit de chœur ; au pied de l’autel quelques fidèles à genoux et priant. Quel contraste entre ceci et les solennelles fonctions pontificales à Saint- Pierre ! mais ce fut le moment où Dieu m’appela à Lui.

«Je sentis mon âme remuée d’une manière mystérieuse. J’aperçus un faible rayon de lumière. Pour la première fois, dans toute ma vie, il me vint à l'esprit qu’il pouvait y avoir du vrai dans le catholicisme; ma conversion ne me parut plus dès lors une impossibilité. Toutefois je me trouvais encore loin d’être converti ; mais Dieu m’avait appelé et je ne restai pas sourd à sa voix. Je priai, je cherchai, j’étudiai en toute sincérité. Chaque jour la lumière brilla de plus en plus claire, et la grâce de Pieu fit le reste, »

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