‹ La Voix du Bon-PasteurChapitre 6 sur 88 · A LA SAINTE-FACE · texte numérisé non relu

A LA SAINTE-FACE

Découvre à mes regards ta Face endolorie Enchaîne à ton amour et mon cœur et ma vie,

Que toujours, à tes pieds, ô mon divin Sauveur,

J’accepte croix pour croix, et douleur pour douleur !

Oh ! laisse-moi baiser ce front percé d’épines,

Laisse-moi m’enivrer de tes larmes divines,

Laisse-moi mendier un regard de tes yeux Plus cher à mon amour que la terre et les cieux !

Laisse-moi mendier de ta bouche adorable Ce mot qui rend la paix à l’àme misérable,

Ce mot gage d’espoir, de force et de bonheur,

Ce divin mot d’amour... car j’ai soif de ton Cœur.

Incline à mes accents ton oreille bénie,

Verse en mon faible cœur la sublime énergie De me plier sans cesse, avec fidélité,

Au joug de la souffrance et de la pauvreté.

Face de mon Jésus, ô Face auguste et sainte,

Je t’adore à genoux, exhalant une plainte :

Que ne puis-je à mon tour essuyer de mes mains Les outrages sanglants des mortels inhumains !

Douce amante du Christ, ô tendre Véronique,

Abandonne un instant le séjour angélique,

Reviens près du Sauveur au chemin de la croix,

Le calvaire est debout, hélas ! comme autrefois !

Mais que vois-je, Seigneur? Ta tête méprisée Porte encore les parfums de cette urne brisée Qu’épancha Madeleine, en un brûlant transport,

Alors qu’un ennemi te vouait à la mort.

Car Madeleine aussi fut la fidèle amante,

Entre la Véronique et l’humble Pénitente,

Ton cœur, Christ adoré, pût-il jamais choisir?

Il s’ouvre à l’innocence, il s’ouvre au repentir.

Et je viens soupirer comme la Pécheresse,

Oh ! oui, je viens briser l’urne de ma tendresse,

Reçois de mes regrets les parfums les plus doux,

O Face de mon Dieu, je t’adore à genoux !

Passiflora.

(D Nous devons cette délicieuse poésie à une de nos zélatrices,

qui l’a composée tout exprès pour notre Revue.

REVUE de là sàinte-facè

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